Compléments alimentaires : vers une réglementation ?

Les autorités européennes s'apprêterait à modifier la réglementation des compléments alimentaires, dont le statut flou, entre aliments et médicaments, pose problème.

Compléments alimentaires : vers une réglementation ?
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Contre la fatigue, les problèmes digestifs, le vieillissement ou encore le surpoids, les compléments alimentaires sont devenus incontournables. Leur marché est fleurissant et chiffré à des milliards d'euros. Et pour cause : les compléments alimentaires bénéficient d'un flou de réglementation qui n'a pas échappé aux fabricants. Pourtant vendus en pharmacie, ils n'appartiennent pas à la catégorie "médicaments" mais à celle des "aliments". En conséquence, ils n'ont pas besoin d'autorisation de mise sur le marché et ne sont pas soumis aux mêmes études d'efficacité et de toxicité que les médicaments. En revanche, les allégations nutritionnelles et de santé, qui peuvent figurer sur les produits, sont strictement encadrées par la réglementation européenne. Aussi, un complément alimentaire ne peut avoir, ni revendiquer d'effet thérapeutique. Dans la réalité, on trouve pourtant pléthores de produits qui se vantent d'une action sur le cholestérol ou encore sur le surpoids. Selon Le Parisien, l'Agence européenne du médicament (EFSA) qui a expertisé ces produits afin d'évaluer leur efficacité, "une majeure partie ne présente aucune garantie de résultat". C'est le cas de la phaséolamine qui entre dans la composition d'une gamme d'amincissants mais qui n'a en réalité aucun effet. De son côté l'Agence du médicament tire la sonnette d'alarme. Depuis deux ans en effet elle constate une arrivée massive des compléments alimentaires censés dépendre de la réglementation des aliments, sous le statut de "dispositif médical". Une façon de contourner la réglementation en profitant d'une faille au niveau européen. "Nous avons saisi la commission européenne il y a un mois environ", nous a confirmé l'Agence du médicament. "Le fait que certains fabricants cherchent à obtenir le statut de "dispositif médical" est contestable au regard de sa finalité médicale. Par exemple, les produits minceur sont avant tout commercialisés dans un but esthétique. On est loin de la santé. Nous souhaitons donc une harmonisation de la réglementation au niveau européen".
Par ailleurs, il faut savoir que les compléments alimentaires ne sont pas sans risque. "On peut prendre des compléments pour être en forme, sur conseil d'un médecin ou d'un pharmacien, mais il ne faut pas non plus prendre tout et n'importe quoi. Prendre trop de vitamine A ou D peut provoquer une hypervitaminose et de graves toxicités. D'une façon générale, les surdosages peuvent être soit dangereux, soit inutiles car la substance en excès est alors éliminée naturellement", nous expliquait Andrée Ivaldi, pharmacien, dans un précédent dossier sur les compléments alimentaires.
Rappelons qu'une alimentation équilibrée apporte tous les nutriments nécessaires à l'organisme. En cas de prise de compléments alimentaires, il faut toujours informer a minima son pharmacien et au mieux son médecin afin d'éviter des interactions médicamenteuses et ne jamais remplacer un traitement prescrit par un complément alimentaire sans avis médical. 

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