Les médicaments sous surveillance décryptés Actos (pioglitazone) contre le diabète de type 2

ce médicament ne convient pas à tous les diabétiques, sa prescription est très
Ce médicament ne convient pas à tous les diabétiques, sa prescription est très encadrée. © percent grey / Fotolia.com

 Retrait du marché : 9 juin 2011

Commercialisation : mai 2002

 Ordonnance : oui

 

Indications

C'est un hypoglycémiant, utilisé dans le traitement du diabète de type 2.

La pioglitazone existe sous la forme de deux médicaments, Actos (pioglitazone) et Competact (pioglitazone et metformine).

Motif de la surveillance renforcée 

Risques potentiels d'événements cardiovasculaires et de cancer de la vessie signalés.

Les effets secondaires de l'Actos sont bien connus. "Le premier c'est la rétention d'eau, qui est susceptible de provoquer une insuffisance cardiaque. C'est pour cette raison qu'il est contre-indiqué chez les patients à risque. De plus, des études ont évoqué un effet négatif sur le cœur, avec des risques d'insuffisance coronarienne. Comme c'est la cause de mortalité numéro 1 des diabétiques, on est face à un paradoxe. De même on sait que ce médicament favorise la prise de poids, ce qui n'est pas souhaitable non plus chez un patient diabétique" note le Pr Vexiau, chef de service de diabétologie à l'hôpital Saint-Louis.

Par ailleurs, il y a des patients chez qui le traitement est efficace et d'autres chez qui il ne l'est pas. "Lorsque les personnes ne répondent pas au traitement, il n'y a donc pas d'indication à leur donner ce traitement. Au contraire de la petite tranche de patients qui n'a pas de problèmes de poids et qui répond bien au traitement", explique le Pr Vexiau. 

Enfin, dans une lettre adressée aux professionnels de santé, le 19 avril dernier, l'Afssaps met en garde sur l'utilisation de la pioglitazone (Actos et Competact) en raison de "la possibilité d'un risque accru de cancer de la vessie". Des signalements récents conduisent en effet à envisager un lien entre une exposition prolongée à ce médicament et l'augmentation du risque de cancer de la vessie, ce qui pourrait remettre en question son rapport bénéfice / risque. Dans l'attente de cette prochaine réévaluation, dont les résultats seront disponibles fin mai, l'Afssaps recommande de prendre en compte, avant toute prescription de pioglitazone chez un patient diabétique, les facteurs de risque additionnels potentiels de cancer de la vessie (exposition au tabac, âge, sexe masculin, infections urinaires chroniques, etc.).

En novembre dernier, une autre molécule appartenant à la même classe thérapeutique que la pioglitazone, la rosiglitazone (Avandia, Avandam et Avaglim) a été retirée du marché, suite aux recommandations de l'Agence européenne du médicament (EMA) qui a conclu que son rapport bénéfice/risque était défavorable en raison de l'augmentation du risque cardiovasculaire. Pour l'Actos, ça n'a pas été montré de façon aussi formelle mais comme il reste un petit doute, les études sont toujours en cours. "On ne peut pas prêter la même responsabilité à tous les médicaments sous prétexte qu'ils appartiennent à la même classe thérapeutique. Ils n'ont pas tous la même structure et ne se comportent pas de la même manière", précise le Pr Vexiau.

Sommaire