Demain j'arrête... De culpabiliser Culpabiliser au quotidien, c'est épuisant !

Parfois le soir en vous endormant, vous repensez aux événements de la journée et la culpabilité vous empêche de dormir. C'est de votre faute. Vous auriez pu faire mieux, ou plus. Ou moins, d'ailleurs. En tout cas c'est clair : si ça n'a pas fonctionné, c'est à cause de vous, même si personne ne semble s'en rendre compte à part vous-même. Et des raisons de culpabiliser, vous en trouvez à tous les coins de rue. 

 Ce matin, votre boss vous a fait une remarque désobligeante sur ce dossier que vous venez de rendre et dont vous étiez pourtant fière. Objectivement, ses remarques sont infondées. Le dossier vous le connaissez par cœur, beaucoup mieux que lui, et les suggestions qu'il vous a faites ne vont pas du tout dans le bon sens. D'ailleurs vos collègues vous soutiennent à fond. Et pourtant, une petite voix en vous s'amuse à vous faire douter de votre bon droit. "Mais es-tu bien sûre d'avoir fait le maximum ?" "Après tout, ton idée est-elle si bonne que ça ?" "C'est le boss, il doit savoir ce qu'il dit quand même..." Et voilà, ça y est, vous vous sentez fautive, pas vrai ?!

 Aujourd'hui Arthur est de mauvais poil. Il boude et vous ne savez même pas pourquoi. Alors vous vous torturez à essayer de comprendre ce que vous avez pu faire pour le mettre de mauvaise humeur : avez-vous oublié son anniversaire ? Non. Omis de dire bonsoir en rentrant ? Non. Egaré la télécommande de la télévision ? Non. Oublié d'acheter du pain ? Non. Fait un truc indicible du genre oublier de tirer la chasse, ne pas répondre au téléphone, aller boire un verre avec votre ex sans lui en parler ? Non. L'idée que la cause puisse être extérieure ne vous vient même pas à l'idée. Et puis même si c'était le cas, vous êtes sa compagne, vous DEVRIEZ savoir comment lui rendre le sourire, quoi dire, quoi faire pour que cet orage passe. Et voilà, c'est encore la faute à votre incompétence en termes de relations humaines !

 Comme tous les mercredis, maman vous téléphone pour se plaindre que papa n'arrête pas de râler, que ses articulations lui font mal et qu'en plus ça fait quand même deux semaines qu'elle ne vous a pas vue. Certes, vous habitez à 1254 kilomètres, mais ce truc-là marche à tous les coups : maman vous a quand même élevée, et bien en plus. Et vous, en fille indigne, vous ne l'appelez que trois fois par semaine et vous n'allez la voir qu'une fois par mois ! A peine raccroché, vous vous précipitez sur Voyages SNCF pour réserver un billet. Tant pis pour ce hammam pour lequel vous aviez pourtant réservé depuis longtemps.

 Le sentiment de culpabilité vous étreint aussi quand vous avez l'impression de ne pas en faire assez pour vous-même. C'est mercredi soir, 20 h. Normalement ce soir vous avez piscine. Mais avec cette grosse crève, le courage vous a abandonné dès le début de matinée. Petit à petit, l'heure approchant, vous culpabilisez tant de ne pas aller faire vos 30 longueurs habituelles que vous préférez y aller, qui à attraper une pneumonie et au risque de manquer le premier épisode de Grey's Anatomy. Bin Vous savez que, sinon, vous serez incapable de profiter de votre soirée. Sans compter qu'en prime, vous n'oserez pas manger ces fameuses pâtes fraîches que vous gardez pour "le jour du sport".

Sommaire