Algues marines : attention à l'excès d'iode

L'Anses revient sur les limites d'apport en iode à ne pas dépasser et appelle les consommateurs à la vigilance, notamment pour certaines populations. Quels sont les risques pour la santé ? On fait le point.

Algues marines : attention à l'excès d'iode
© David Kadlec-123rf

L'algue marine est l'un des aliments qui contient la plus grande quantité d'iode. Fraîches ou séchées, les algues s'invitent de plus en plus dans nos assiettes et certains en consomment même sous forme de compléments alimentaires. Mais leur teneur en iode est parfois élevée, principalement pour certaines espèces, comme les algues brunes laminaires Laminaria spp et Saccharina spp, ainsi que l'algue rouge Gracilaria verruqueuse. Dans un communiqué du 7 août 2018, l'Agence nationale de sécurité sanitaire "déconseille la consommation d'algues et de compléments alimentaires à base d'algues à certaines populations à risque et recommande aux consommateurs réguliers de rester vigilants".

Quelles limites ne pas dépasser ?

L'Anses s'est appuyée sur l'évaluation de l'autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui estime la valeur limite supérieure de sécurité pour l'iode à 600 µg par jour pour l'adulte. Cette teneur en iode doit alors être adaptée selon la tranche d'âge du consommateur. En ce qui concerne les compléments alimentaires, "la réglementation française a fixé la dose journalière maximale d'iode à 150 µg", précise l'Anses. Elle alerte par ailleurs les personnes qui consomment des algues, en association à des compléments alimentaires à base d'algues, car la teneur en iode risque fortement de dépasser les limites supérieures de sécurité.

Quel sont les risques d'une consommation en iode trop élevée ? 

"Un apport excessif et régulier en iode peut entraîner des dysfonctionnements de la thyroïde, mais également certains effets indésirables, notamment au niveau cardiaque ou rénal", précise l'Anses dans son communiqué. Par conséquent, certaines personnes à risque doivent éviter de consommer des produits à base d'algues, notamment celles qui présentent un dysfonctionnement thyroïdien, une maladie cardiaque ou une insuffisance rénale, les personnes qui suivent déjà un traitement médicamenteux contenant de l'iode ou du lithium, et enfin, les futures mamans ou les femmes qui allaitent leur bébé, hors avis médical. En outre, les parents doivent rester vigilants quant à la consommation d'algues de leurs enfants, "les données étant insuffisantes pour mesurer le risque encouru", précise l'Agence. Elle rappelle enfin que les personnes qui présentent une carence en iode ne doivent pas pour autant consommer ces produits dans le seul but de corriger cette déficience.

Lire aussi