Tests de QI : faut-il vraiment s'y fier? QI élevé n'égale pas réussite scolaire ou professionnelle

Etre plus malin que la moyenne, ça doit quand même être un bel atout, au quotidien, non ? C'est sûr : mieux vaut naître riche, intelligent et en bonne santé que pauvre, bête et malade ! Mais un quotient intellectuel élevé ne fait pas tout, très loin de là et, surtout, ne rend pas nécessairement heureux, au contraire.

avoir un qi anormalement élevé n'aide pas systématiquement à réussir sa vie
Avoir un QI anormalement élevé n'aide pas systématiquement à réussir sa vie scolaire ou professionnelle. © Thinkstock / Hemera

Il faut d'abord tenir compte du fameux "contexte socio-affectif", qui peut impacter grandement les performances d'un individu. Ainsi, Sabine Chavarot se souvient d'un patient en échec scolaire, dont les tests avaient révélé qu'il disposait pourtant de capacités intellectuelles hors-normes. Mais maturité intellectuelle ne signifie pas maturité affective. Ces enfants sont même d'ailleurs souvent "en retard" sur ce plan par rapport à leurs camarades. Dans le cas particulier de ce patient, des conflits dans sa vie personnelle, avec ses parents, l'avaient poussé "à se désinvestir complètement de tout ce qui était scolaire. Il était donc en échec, alors qu'il avait toutes les capacités nécessaires pour briller". Ceci dit, profitons-en pour tordre le cou à une idée reçue : non, ce n'est pas parce que votre enfant est hyperactif, dissipé en classe, qu'il est nécessairement surdoué, comme voudrait le faire croire une certaine mode. "Ce cas est le seul que j'aie rencontré dans ma carrière. Généralement, les difficultés suspectées se trouvent révélées par le test."

Trop doué = décalé ?

Ce qui ne signifie pas qu'à l'inverse, un QI élevé assure la réussite scolaire. Des enfants trop doués se sentiront souvent en décalage avec leurs pairs, pourront s'ennuyer, peut-être même se désintéresser des études. Par ailleurs, être doté de bonnes facultés intellectuelles ne signifie pas non plus que le mode de fonctionnement de la personne est adapté au système scolaire. Ou que d'autres problèmes, la dyslexie par exemple, ne viendront pas perturber sa scolarité. Avoir un quotient intellectuel élevé ou très élevé peut donc être un atour, mais il n'est en aucun cas un gage de réussite.

Même chose dans la vie professionnelle : évidemment, tout comprendre très vite peut se révéler un atout de taille. Mais il n'y a, là encore, pas vraiment de corrélation entre la réussite, qui dépend de nombreux facteurs, y compris externes à la personne, et le quotient intellectuel. Il peut, comme à l'école, éventuellement se révéler "encombrant", par exemple s'il nous incite à contester les décisions hiérarchiques... Attention, ne retournez pas non plus cette hypothèse : ça n'est pas parce qu'on conteste la hiérarchie qu'on est nécessairement plus intelligent que la moyenne...

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