Les nouvelles armes pour lutter contre le cancer La chimiothérapie, pour bloquer la multiplication des cellules

C'est souvent un traitement redouté car il est connu pour ses effets secondaires particulièrement sévères et désagréables. Pourtant, la chimiothérapie constitue toujours un traitement de référence, elle est un pilier du trio chirurgie-chimiothérapie-radiothérapie. Elle est utilisée soit en première intention, c'est-à-dire avant toute autre intervention, afin de diminuer la taille de la tumeur à retirer, soit, plus souvent, après la chirurgie, pour compléter le traitement ou essayer d'éliminer les éventuelles métastases.
Comme son nom l'indique, la chimio consiste à essayer de tuer le cancer grâce à des produits chimiques. Pour appréhender son fonctionnement, il faut d'abord comprendre comment le cancer se multiplie dans l'organisme. Un cancer, au départ, c'est une cellule défaillante dans notre corps. Comme toutes les cellules, pour se reproduire, elle se réplique, c'est-à-dire qu'elle copie tout son ADN, puis se divise en deux cellules identiques à celle d'origine, ces cellules donnent à leur tour deux autres cellules identiques, et ainsi de suite : c'est la division cellulaire.

Les cellules cancéreuses ont la particularité de se reproduire particulièrement vite, c'est d'ailleurs ce qui contribue à les rendre si dangereuses, car elles colonisent l'espace a priori destiné à des cellules saines. En outre, elles sont "autonomes" et ne répondent pas à l'appel de l'organisme qui leur demande d'arrêter leur multiplication. Ajoutez à cela que les cellules cancéreuses ne sont pas non plus capables de s'auto-détruire, comme les autres cellules de l'organisme, et vous comprenez qu'il est particulièrement difficile de lutter contre elles.

Les produits administrés lors de la chimiothérapie agissent le plus souvent au moment de cette division cellulaire, pour la bloquer. Lorsque cela fonctionne, le cancer peut donc être circonscrit puisqu'il n'y a plus de création de nouvelles cellules. Malheureusement, si certaines cellules cancéreuses ont survécu au traitement, il se peut qu'elles recommencent à se multiplier quelque temps après l'arrêt de la chimiothérapie. C'est la rechute.

Effets secondaires sérieux

Cette technique est souvent efficace. L'ennui, c'est que le produit agit sur l'ensemble des cellules à division rapide et non pas uniquement sur les cellules cancéreuses. C'est ce qui explique certains effets secondaires : les cellules responsables de la pousse des cheveux, du renouvellement de l'épithélium intestinal ou encore les cellules sanguines sont elles aussi stoppées dans leur multiplication après quelques semaines de traitement. On assiste alors souvent à la chute des cheveux, à des troubles digestifs et vomissements et aussi à une anémie (par diminution des globules rouges), à un risque d'infection (par diminution des globules blancs) et un risque de saignement (par diminution des plaquettes sanguines).

Etant donné la toxicité de la chimiothérapie pour l'organisme, elle doit être dosée et administrée avec précaution. Le dosage est généralement ajusté en fonction de la maladie mais aussi du poids et de la taille du patient.

Le plus souvent, le traitement est administré par intraveineuse, même s'il existe aujourd'hui certaines formes orales de chimiothérapies. Les séances ont souvent lieu à l'hôpital et durent de quelques minutes à quelques heures. Parfois, elles se font aussi à domicile, avec la présence d'une infirmière. Elles sont espacées de plusieurs semaines et se déroulent généralement sur 4 à 6 mois. On parle de cycles de chimiothérapie. Ils peuvent être ajustés en fonction de la réaction du patient et de la sévérité des effets secondaires.

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