Cancer et travail : réduire les inégalités sociales Reprendre le travail : un parcours semé d'embûches

assurer un travail à temps plein dans le cadre d'un mi-temps... voilà ce qui
Assurer un travail à temps plein dans le cadre d'un mi-temps... Voilà ce qui attend beaucoup d'employés lorsqu'ils reprennent leur travail à temps partiel. © Jaimie Duplass / Fotolia.com

Ca y est, vous avez damé le pion au cancer qui menaçait de vous ronger. Et vous n'en êtes pas peu fier. Vous vous sentez renforcé, vous avez envie de croquer la vie à pleines dents et d'en profiter autant que possible. Vous avez envie de vous réintégrer dans la société, aussi. Ce qui passe souvent par le fait de reprendre une activité professionnelle. En effet, la moitié des personnes frappées par un cancer sont encore en âge de travailler.

Après un arrêt maladie relativement long, la plupart des gens reprennent le travail via un mi-temps thérapeutique, que l'entreprise n'a pas d'autre choix que d'accorder. C'est là que commencent les ennuis. En effet, mi-temps thérapeutique rime rarement avec charge de travail divisée par deux, aussi étrange que cela puisse paraître. Le poste n'ayant pas été repensé en amont, il faut donc abattre la même quantité de travail en deux fois moins de temps. Ce qui est d'autant moins évident que reprendre une activité après autant d'absence est souvent très fatiguant.

Fin de l'avancement

S'ensuit alors une sorte de cercle vicieux : le surplus de travail, que le nouveau re-venu n'a pas eu le temps de faire, retombe sur les collègues. Si, dans un premier temps, la compassion qu'ils éprouvent pour l'ancien malade compense le surplus de travail, elle s'étiole au fil des semaines jusqu'à faire place, souvent, au ressentiment. Si l'on a plus de travail, c'est la faute de celui qui ne travaille qu'à temps partiel. La personne anciennement malade se sent alors mal à l'aise, évidemment, et n'a plus la complicité de naguère avec ses collègues.

 

Autre écueil : l'avancement, c'est généralement terminé pour ces travailleurs qui se trouvent même, parfois, rétrogradés. Même si l'employé continue à fournir un excellent travail, il est souvent victime d'une mauvaise image. Il a déserté l'entreprise pendant plusieurs mois. Et s'il replongeait ?

Au final, les personnes ayant souffert d'un cancer se trouvent défavorisées également quand il s'agit de conserver leur emploi : alors que la probabilité d'être toujours en poste après deux ans est de 90 % pour une personne qui n'a pas été malade, elle n'est plus que de 77 % lorsqu'on a souffert d'un cancer.

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