Implants mammaires et lymphome : quelles recommandations ?

La pose d'implants mammaires, pour motif esthétique ou médical, peut dans de rares cas, provoquer l'apparition d'un lymphome, confirme l'Agence du médicament, qui a notifié 29 cas à ce jour en France.

Implants mammaires et lymphome : quelles recommandations ?
© Aleksey Tugolukov - 123 RF

Après l'affaire des prothèses mammaires PIP, les autorités sanitaires françaises s'étaient engagées à mettre en place des contrôles et une surveillance renforcée des effets indésirables consécutifs à la pose de ces dispositifs médicaux. Quant aux femmes qui se font poser des implants mammaires, soit pour motif esthétique, soit lors d'une chirurgie reconstructrice liée à un cancer du sein, elles doivent bénéficier d'informations complètes et claires.

Début 2015, le ministère de la Santé avait signalé une augmentation "préoccupante" de cas d'un lymphome rare, le lymphome anaplasique à grandes cellules. Et de fait : l'année précédente, en 2014, 11 cas dont un décès avaient en effet été signalés, contre 7 cas seulement entre 2011 et 2013. Le groupe d'experts réunis d'urgence avait alors confirmé un lien "clairement établi" entre la survenue de ce cancer et le port d'un implant mammaire. 

Que sait-on de ces lymphomes ? A ce jour, 29 cas ont été diagnostiqués, ce qui confirme une "augmentation régulière", détaille l'Agence du médicament (ANSM) dans un point d'information, publié le 6 juillet. Mais, rassure-t-elle, "cette pathologie reste rare comparée au nombre d'implants mammaires posés chaque année". En France, on estime que 400 000 femmes portent des prothèses mammaires.

Il existe encore de nombreuses interrogations, notamment concernant les causes possibles d'apparition de cette pathologie. L'ANSM chargée d'investiguer sur le sujet, observe à ce jour, une surreprésentation numérique des implants mammaires texturés (majoritaires sur le marché français). Par ailleurs, la marque Allergan est identifiée dans la majorité des cas reportés de lymphomes.

Quelles recommandations pour les femmes ? Même si le risque est rare, il existe. Il est donc susceptible d'inquiéter les femmes qui ont déjà une prothèse ou qui envisagent de s'en faire poser une. Depuis 2015, le ministère de la Santé maintient la même position : le retrait des prothèses n'est pas préconisé. Les femmes doivent donc se faire surveiller régulièrement, même en l'absence de symptôme, afin de vérifier l'état de la prothèse. Quant à celles qui envisagent de le faire, l'ANSM rappelle qu'elles doivent être informées.

Ainsi, les professionnels de santé ont "obligation d'apporter une information complète aux femmes concernées". De plus, "le choix de la pose d'un implant mammaire, que ce soit dans un contexte esthétique ou dans le cadre d'une reconstruction mammaire, doit pouvoir être évalué et décidé en connaissant les risques associés".

Les signes qui doivent alerter. En outre, les femmes doivent connaître les signes cliniques évocateurs d'une anomalie au niveau du sein : épanchement, masse au niveau de la prothèse, douleur, inflammation, ulcération, voire altération de l'état général avec de la fièvre. Dans tous les cas, il faut consulter un médecin, rappelle l'ANSM. "Il est recommandé de pratiquer une échographie. Si cet examen n'est pas suffisant, une IRM est préconisée en deuxième intention, précise l'agence. Quoi qu'il en soit, à titre préventif, il est important que la personne implantée soit suivie régulièrement par un médecin."

Lire aussi