Du bisphénol A, encore présent dans des canettes et boîtes de conserve

Interdit depuis janvier 2015, le bisphénol A a pourtant été retrouvé dans deux marques de canettes et deux boîtes de conserve, à faible dose. C'est ce qu'a révélé l'Association santé environnement (Asef) dans l'émission "On n'est plus des pigeons" sur France 4.

Du bisphénol A, encore présent dans des canettes et boîtes de conserve
© Oleg Dudko

[Mise à jour du 27/04/2016]. Les parents peuvent être rassurés : aucune présence de bisphénol A (BPA) n'a été retrouvée dans les six biberons testés par l'Association Santé Environnement France (Asef). Mais deux marques de canettes (dont Pepsi) ainsi que deux marques de conserve (une boîte de haricots blancs Carrefour et une autre d'une marque portugaise) ont été analysées en laboratoire. L'association révèle dans l'émission "On n'est plus des pigeons", diffusée ce lundi 25 avril sur France 4, que ces produits contiennent du bisphénol A à faible dose, pourtant interdit depuis janvier 2015 dans les contenants alimentaires, en raison des nombreux risques pour la santé. Rappelons que ce perturbateur endocrinien avait aussi été banni en 2011 de tous les biberons en Europe. "Certes, il s'agit de très faibles doses (inférieures à 1 microgramme par litre) et les essais ayant été faits sur un échantillon faible, nous ne pouvons extrapoler. Néanmoins, nous sommes surpris d'avoir trouvé du BPA dans des boîtes vendues dans le commerce plus d'un an après son interdiction", précise le Dr Pierre Souvet, Président de l'Asef.

Le bisphénol A, remplacé par des substituts. L'étude montre que les industriels ont encore des progrès à faire. Au lieu de supprimer totalement le bisphénol A, ces derniers l'ont tout simplement remplacé par des substituts : les bisphénols S et F. Ils ne sont pas interdits mais auraient aussi des effets négatifs sur la fertilité masculine. "Une récente étude de l'Inserm avait montré une toxicité équivalente voire supérieure de ces produits de remplacement par rapport au bisphénol A, notamment sur la diminution des spermatozoïdes", rappelle le Dr Pierre Souvet au Journal des Femmes. Selon l'Association Santé Environnement France, c'est la période à laquelle ces perturbateurs endocriniens sont ingérés qui constitue un risque. "Les doses présentes dans les produits sont faibles, mais elles n'auront pas le même effet sur les personnes, suivant l'âge, le sexe, le profil génétique, le type de produits, la fréquence ou la durée de l'exposition. On sait qu'un fœtus porté par une femme enceinte sera beaucoup plus sensible à ces produits qu'un homme de 50 ans…" explique le Dr Patrice Halimi, Chirurgien-Pédiatre à Aix-en-Provence et Secrétaire Général de l'Asef dans un communiqué.

Pour le Président de l'association, "il faut aller plus loin dans ces analyses et faire des études à plus grande échelle. Nous avons pris quelques produits au hasard, et l'on se rend compte que nous sommes encore exposés au BPA".  Le Dr Pierre Souvet s'étonne également de ne pas voir plus de contrôles depuis l'interdiction du BPA dans les produits alimentaires. "Les industriels doivent savoir qu'il y aura des sanctions s'ils utilisent encore du bisphénol dans la fabrication de leurs produits". Il conseille également aux consommateurs de réchauffer leur repas dans une assiette plutôt que dans des contenants en plastique et aux femmes enceintes de limiter tous produits chimiques durant leur grossesse.

L'EFSA souhaite réexaminer les effets du bisphénol A sur le système immunitaire. Suite à un rapport de l'Institut néerlandais pour la santé publique et l'environnement (RIVM) qui analyse deux études sur les effets prénataux et périnataux du BPA sur le système immunitaire, l'agence européenne de sécurité alimentaire (EFSA) a annoncé ce mardi qu'un groupe de travail composé d'experts internationaux serait mis en place pour évaluer de nouveau la toxicité du BPA. Rappelons qu'au début de l'année 2015, l'EFSA avait considéré que l'exposition au bisphénol A ne présentait "pas de risque pour la santé des consommateurs", alors même que ce perturbateur endocrinien venait d'être interdit à tous les contenants alimentaires. Enfin, "le rapport recommande de promouvoir la recherche sur des alternatives au BPA". Les auteurs de l'étude conseillent également aux consommateurs "de réduire leur exposition au BPA via leur alimentation et les autres sources d'exposition".

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