Les e-cigarettes (encore) pointées du doigt

D’après des chercheurs américains, des arômes dangereux pour les poumons seraient présents dans 75% des liquides contenus dans les recharges des cigarettes électroniques. On fait le point.

Les e-cigarettes (encore) pointées du doigt
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Depuis 2011, le nombre de publications sur l'e-cigarette s'est envolé de manière exponentielle. La dernière en date, une étude américaine publiée dans la revue Environmental Health Perspectives, s'est intéressée à la composition des liquides de recharge des e-cigarettes.

Après avoir analysé les e-liquides d'une cinquantaine de marques de cigarettes électroniques américaines, les chercheurs ont observé la présence de diacétyle. Ce composé chimique a été retrouvé à des niveaux élevés dans 75 % des 51 liquides testés. Deux autres composés chimiques (l'acétoïne et le 2,3-pentanédione) ont également été détectés. Au final, au moins un des trois produits chimiques était présent dans 47 des 51 liquides aromatisés.

Le diacétyle, c'est quoi ?

Il s'agit d'un additif alimentaire, habituellement utilisé comme arôme, dans des aliments courants, tels que le vin ou le beurre. Il est alors totalement inoffensif. C'est en revanche lorsque qu'il est inhalé qu'il devient dangereux pour les poumons, provoquant des toux et des bronchiolites.

Les e-cigarettes françaises contiennent-elles du diacétyle ?

En l'absence de réglementation, lorsque les cigarettes électroniques sont arrivées sur le marché, elles n'étaient pas toutes de qualité identique. Mais depuis avril dernier, l'organisme officiel de normalisation (AFNOR) a publié des normes afin d'encadrer le vapotage. Ainsi, les fabricants et distributeurs français soucieux de la qualité de leurs produits peuvent s'y référer. Les normes précisent ainsi une liste d'ingrédients interdits dans les liquides, parmi lesquels figure le diacétyle. Ces normes devraient aboutir à la mise en place d'un label NF dans les prochains mois.

La e-cigarette, une aide pour arrêter de fumer ?

Pour l'heure, les autorités de santé restent prudentes vis-à-vis de la cigarette électronique : la Haute autorité de santé ne la déconseille pas du fait que sa toxicité reste beaucoup moins forte que celle de la cigarette. Mais elle ne la recommande pas non plus, au regard du manque de recul quant à son efficacité et son innocuité. 
Ce qu'il faut retenir, c'est que la e-cigarette reste toxique de par sa composition (elle contient de la nicotine et des additifs). Mais, elle reste bien moins dangereuse que le tabac, qui rappelons-le tue un fumeur sur deux. La e-cigarette peut donc présenter une solution de sevrage, en particulier pour les fumeurs très dépendants qui ne parviennent pas arrêter de fumer.

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