Cancer de l'enfant : des traitements moins agressifs, de meilleures chances de guérison

Le taux de guérison des enfants atteints de cancer est en progression. C’est ce que révèlent des résultats présentés lors du congrès annuel de la société américaine d’oncologie clinique.

Cancer de l'enfant : des traitements moins agressifs, de meilleures chances de guérison
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A l’occasion du congrès annuel de la société américaine d’oncologie clinique (Asco) à Chicago, des données américaines ont mis en évidence que le taux de guérison c'est-à-dire la survie à cinq ans, chez les enfants atteints de cancer est en augmentation. Ce sont en effet 80 % des enfants de moins de 15 ans atteints de cancer qui finissent aujourd’hui par guérir aux Etats-Unis. Des résultats qui s’avèrent très encourageants puisqu’il "y a 50 ans, seul un enfant sur cinq réchappait de son cancer" comme l’a rappelé le Dr Grégory Armstrong, auteur de l’étude menée sur 34 000 patients âgés de moins de 21 ans lors du diagnostic. Quinze ans après le diagnostic, la mortalité a quant à elle été divisée par deux, passant ainsi de 12,4 % à 6 %. En plus de la survie à cinq ans, le Dr Armstrong a évoqué une autre donnée qu’il est important de prendre en compte : l’espérance de vie en bonne santé. Des progrès ont été faits sur ce point mais avec un nombre de rescapés qui ne cesse d’augmenter (400 000 aux Etats-Unis), il est essentiel de maintenir la vigilance.

Des traitements plus ciblés et moins toxiques. Prescrits aux enfants pour détruire la tumeur et les guérir, les traitements sont toxiques pour leurs organismes. Ils sont d’ailleurs à l’origine de maladies qui pourront entraîner leurs décès plus tard. Ces dernières années, de réels progrès ont toutefois été faits en matière de soins. La mortalité provoquée indirectement par les traitements anticancéreux les quinze années suivant le diagnostic est ainsi en légère baisse. Elle est passée de 3,1 % à 1,9 % entre le début des années 70 et le début des années 90. Causes les plus fréquentes de décès précoces, les développements de troubles cardiaques et d’une autre tumeur sont également en recul. Cela peut être expliqué par le fait que les traitements sont devenus plus ciblés. Ainsi, dans le cas de leucémies lymphoblastiques aigües, les enfants ne subissent plus d’irradiation crânienne. Les doses de certains médicaments (anthracyclines et alkylants) ont par ailleurs été diminuées et des médicaments cardioprotecteurs ont été administrés en plus des premiers.

"Le prix de la guérison reste élevé" Un rescapé sur quatre aura une autre pathologie grave voire mortelle après sa maladie. Ils seront par ailleurs deux sur trois à avoir une maladie chronique. Le professeur d’oncologie pédiatrique à l’université de Stanford (Californie), Michael Link, estime que "le prix de la guérison reste élevé". Pour que la qualité de vie des malades soit améliorée après leur cancer, deux choses sont selon lui nécessaires. Il faut une meilleure identification des enfants vulnérables à la toxicité des traitements par des moyens génétiques ou biologiques et/ou l’adaptation des doses en fonction de leurs plus ou moins bonnes réponses à ces traitements.

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