Infection à Chlamydia : seul le préservatif protège !

En seulement 4 ans, le nombre d'infections à Chlamydia a été multiplié par 3. Les principales victimes ? Les 15/24 ans, d'après une étude de Santé Publique France. Pourquoi ? Comment savoir si on est porteur et comment se protéger ?

Infection à Chlamydia : seul le préservatif protège !
© Wang Tom - 123RF

316 725. C'est le nombre de personnes concernées par une infection à Chlamydia (trachomatis) et à gonocoque en France en 2016, soit 3,5 fois plus qu'en 2012, constate une enquête publiée ce mercredi 18 juillet 2018 par Santé Publique France. Et pour la première fois, cette étude apporte des précisions sur le sexe, l'âge et la région des personnes touchées. Résultats : les jeunes de 15 à 24 ans sont les principales victimes, et particulièrement les jeunes femmes qui représentent 38 % de l'ensemble des diagnostics des infections à Chlamydia. "Chez les moins de 25 ans, cette prévalence élevée serait la conséquence d'un nombre de partenaires plus important couplé à une utilisation non systématique du préservatif", précise l'enquête. L'Île-de-France et la Guadeloupe sont les régions les plus touchées.

Quels sont les symptômes ?

La Chlamydia est l'infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente en Europe. La majorité des personnes infectées ne présentent aucun symptômes et ignorent souvent qu'elles sont touchées par cette IST : c'est pour cela que la Chlamydia est considérée comme une "maladie silencieuse". Toute personne sexuellement active peut donc sans le savoir être porteuse d'une IST et contaminer son partenaire. Toutefois, certains symptômes peuvent se manifester quelques semaines après l'infection. La femme peut avoir des sensations de brûlures en urinant, des pertes vaginales inhabituelles, des saignements entre ses menstruations ou après les rapports, des douleurs pendant les relations sexuelles ou encore un écoulement anormal par l'anus. L'homme peut ressentir un picotement et des démangeaisons au niveau de l'urètre, des brûlures lorsqu'il urine, des douleurs et des gonflements au niveau des testicules, une inflammation de la paroi du rectum… 

L'importance du dépistage

Il est primordial de se faire dépister après un rapport à risque, pour être soigné le plus vite possible, éviter de contaminer son ou sa partenaire et encore, d'avoir de graves complications (douleurs pelviennes chroniques, stérilité, fragilisation des muqueuses, augmentation du risque de contamination par le VIH…). Aujourd'hui, "le dépistage est l'unique moyen d'établir un diagnostic". Alors, comment se faire dépister ? 

  • Rapide et indolore, le dépistage s'effectue par prélèvement local chez les femmes (à l'aide d'un coton-tige de Dacron et d'un examen du col de l'utérus), et par prélèvement local ou analyse d'urine chez les hommes.
  • Le dépistage se fait en laboratoire en échange d'une prescription médicale, dans un Centre Gratuit d'information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) ou dans un centre de planification ou d'éducation familiale.

Un traitement antibiotique

Si le résultat du dépistage est positif : un traitement antibiotique adapté (le plus souvent à base d'azithromycine pour une prise unique, ou de doxycycline pour un traitement de sept jours) est prescrit à la personne porteuse de l'IST ainsi qu'à ses partenaires. Ce traitement va supprimer la bactérie responsable de l'infection. Dans quelques cas, une infection - même bien soignée - persiste. Ne pas hésiter à faire un test supplémentaire environ 5 semaines après la fin du traitement et un troisième, 3 à 6 mois après. Enfin, pour avoir plus de chances d'éradiquer complètement la bactérie, il est conseillé : 

  • De terminer toute la prescription même si vous constatez la disparition des symptômes en cours de traitement ;
  • De s'assurer que son partenaire se fasse soigner de la même façon ;
  • D'éviter d'avoir des rapports sexuels ou au moins, d'utiliser un préservatif jusqu'à ce que vous effectuiez un dépistage négatif.

Prévention : le préservatif, seul moyen de se protéger !

Les IST telles les Chlamydia se transmettent principalement lors de rapports sexuels non protégés avec pénétration, qu'elles soient vaginales, anales ou orales. Ainsi, seul l'usage d'un préservatif, qu'il soit masculin ou féminin (dans ce cas, le préservatif féminin ne protège pas lors d'une fellation), protège d'une infection. Pour sensibiliser le jeune public qui délaisse encore trop souvent le préservatif, Santé publique France lance, le mercredi 18 juillet 2018, la campagne digitale "Un préservatif, ça peut te sauver la vie. Gardes-en toujours sur toi". L'objectif ? Mieux ancrer l'usage des préservatifs dans les habitudes de vie des jeunes. Jusqu'au 17 août, la campagne se décline en vidéos ludiques et décalées mettant en scène les qualités du préservatif (sa résistance, son imperméabilité…), en messages informatifs et en conseils sur la sexualité des jeunes. Ces vidéos et ces conseils sont postés sur Instagram, Facebook et sur le site de onSexprime.fr, une plateforme qui aborde la prévention des IST, les méthodes de contraception, mais également la vie affective, les relations amoureuses, la perception du corps, ou encore, les violences sexuelles... 

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