L’épuisement professionnel ou "burn-out"

En cette période estivale, vous attendez avec impatience vos vacances ou êtes déjà bien calée sur votre transat, un roman à succès entre les mains ! Pourtant certaines d’entre vous n’arriveront pas à déconnecter (et oui, vous avez votre smartphone greffé à l’oreille), ou angoissent déjà à l’idée de "s’absenter du bureau"...

Vous vous donnez à 100 % dans votre travail mais sentez que vous tirez un peu trop sur la corde, qui finira tôt ou tard par lâcher si vous n’y prenez pas garde. Ce sentiment d’être dépassée, éreintée, de ne plus "réussir à faire face" dans votre travail, c’est l’épuisement professionnel, communément appelé "burn-out".

Qu’est-ce que le burn-out ?

Le stress est vital car il vous permet d’être vigilante, et entre autres d’éviter les accidents du quotidien et de pouvoir mobiliser vos ressources internes pour faire face à des événements particuliers. Vous avez chacune une "zone de confort" qui vous permet de gérer au mieux, au jour le jour, sans vous sentir débordée. Mais, lorsque vous atteignez votre seuil de tolérance, lorsque vous vous retrouvez dans un état de "stress dépassé" (qui est dû à une multitude de facteurs : surcharge de travail, climat professionnel instable, objectifs trop élevés…) vous pouvez être sujette aux réactions suivantes :

- Signes physiques : insomnie, sommeil non récupérateur, troubles alimentaires, fatigue et baisse de la performance physique, tensions musculaires (cou, trapèze, diaphragme, dos), douleurs, sensation d’étouffement et d’oppression…

- Signes psychiques : perte de mémoire, difficultés de concentration, distraction, difficultés à prendre des décisions, sensibilité et irritabilité accrues, tristesse, crises d’angoisse, sensation de mal-être général, repli sur soi, agressivité, sentiment de ne pas être à la hauteur…

Ce mal-être au travail, parfois couplé à des difficultés plus personnelles, engendre une réelle souffrance, une fragilité, une perte d’estime et de confiance en soi qui peuvent mener, dans les cas les plus extrêmes, aux suicides tant médiatisés ces dernières années.

Comment faire face ?

La souffrance au travail n’est pas une fatalité, et, quelle que soit votre fonction, ce n’est pas acceptable.

Si vous vous trouvez dans une situation de burn-out :

1) Préservez-vous : cela veut dire entre autre, prendre du temps pour soi, revoir ses priorités, voire même pour certaines, passer par l’arrêt maladie, qui peut être salvateur. Oui j’entends la culpabilité que vous pourriez ressentir, la crainte de l’isolement, du jugement des collègues et de la hiérarchie, mais c’est votre santé qui prime.

2) Etre en arrêt maladie oui, mais surtout réfléchissez à ce qui vous a amené à vous retrouver dans cette situation. Et quelles sont les solutions à mettre en place pour ne plus revivre ça. Pour cela, faites-vous accompagner :

- Les ressources dans l’entreprise : infirmier ou médecin du travail, service RH, délégués du personnel…

- Les ressources externes à l’entreprise : médecin généraliste, psychologue…

- La famille, les amis, ne restez pas isolée avec un mal-être grandissant.

3) Posez des limites, sans attendre d’être en état d’épuisement professionnel ! Vous allez me dire plus facile à dire qu’à faire, mais si, vous le pouvez je vous assure. Commencez par procéder à des petits changements dans votre quotidien, vous ne pourrez pas tout changer d’un coup :

- Faire quelques heures supplémentaires par semaine ne signifie pas travailler 12h/jour ! N’y a-t-il pas des tâches que vous pouvez déléguer ?

- Une pause repas, ce n’est pas manger un sandwich en 10 mn devant son ordinateur. Prenez au moins 20 mn (temps pour que la satiété se fasse ressentir), en dehors de votre bureau, voire de votre entreprise. Vous en tirerez plusieurs bénéfices : impression d’avoir eu une vraie pause, fini le mal au ventre tout l’après-midi, vous mangerez moins (pour celles qui souhaiteraient perdre leurs quelques kilos superflus).

- Prenez des pauses de 5 mn régulièrement au cours de la journée, votre corps tout entier en a besoin et vous n’en serez que plus performante.

- Organisez-vous, planifiez, listez ce qui vous permettrait de gagner du temps.

- Fixez-vous des objectifs, mais pas n’importe comment ! Ceux–ci doivent être 1) Spécifiques, bien identifiés, cadrés 2) Mesurables, 3) Ambitieux, qui marquent un réel progrès, mais atteignables ! 4) Réalistes en fonction des moyens dont vous disposez et du contexte, 5) Inscrits dans le temps.

- Réaliser ses objectifs est valorisant. Ne vous mettez donc pas en échec vous-même !

- Préservez l’équilibre vie professionnelle/vie privée : par exemple, on limite l’utilisation des portables professionnels à la maison. Fixez-vous une heure à partir de laquelle vous ne répondez plus aux appels ou mails.

- Prenez garde à votre hygiène de vie : alimentation, sommeil, activités de loisirs (sport, sorties culturelles etc… Faites autre chose que travailler !) Faites également attention aux médicaments que vous prenez. Tout traitement médical doit être encadré…

Ces quelques exemples font appel au bon sens de chacune. Certes, il vous sera peut-être difficile de mener ces changements, mais ils sont salvateurs car vous permettront de vous sentir à long terme plus performante et donc plus sûre de vous et plus épanouie au travail, comme à la maison !

Crédit photo : AgenceDER_Fotolia