Hémophilie : une vie normale aujourd'hui Traitement prophylactique : éviter les saignements abondants

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Les injections préventives permettent de limiter les conséquences des saignements sur l'organisme. ©  Ilike - Fotolia.com

L'ennui c'est que ce traitement symptomatique n'empêche pas l'organisme de se trouver abîmé par ces hémorragies à répétition. Aujourd'hui, on peut donc suivre un traitement au long cours, dit prophylactique. C'est le même procédé, sauf qu'on injecte la protéine manquante régulièrement, avant même qu'il y ait hémorragie. Ainsi, celle-ci soit ne se déclenche pas, soit est enrayée beaucoup plus rapidement. Grâce à ce procédé, la plupart des hémophilies sévères sont réduites à des hémophilies moyennes.

Un souci demeure : la durée de vie du produit est très courte et il doit être conservé entre 2°C et 8°C. Il faut donc procéder à des injections plusieurs fois par semaine. La procédure n'est pas compliquée et ne prend que quelques minutes. Mais c'est fastidieux et parfois difficile, lorsque les veines ne sont pas très bonnes. Il est alors possible de placer un petit cathéter sous la peau afin de ne pas avoir à chercher une veine à chaque injection.

Cette technique a permis d'améliorer considérablement la qualité et l'espérance de vie des hémophiles. Grâce à ce traitement préventif, articulations et muscles sont mieux préservés.

Attention aux inhibiteurs

Si la plupart des hémophiles trouvent un bénéfice avec ce traitement, il existe toutefois des cas, hélas, où il risque de ne pas fonctionner. En effet, certains patients développent des anticorps en réaction au produit injecté, que l'on nomme inhibiteurs. C'est un peu l'équivalent du rejet dans le cadre de la greffe d'organe : le corps ne reconnait pas ces protéines comme lui appartenant, il va donc s'y attaquer. Ce type de réaction concerne essentiellement les personnes atteintes d'hémophilie A grave : environ un tiers d'entre elles sont concernées à un moment de leur vie. Des traitements dits "d'immunotolérance" ont été développés pour aider le corps du patient à accepter le produit injecté. Ils sont longs mais donnent généralement de très bons résultats. Par ailleurs, il n'est pas rare que les inhibiteurs finissent par disparaître et que l'on puisse de nouveau recourir au traitement traditionnel.

Pour les patients atteints d'hémophilie B le problème est plus compliqué et, bien souvent, les traitements d'immunotolérance ne fonctionnent pas. Pas de panique : des solutions existent. Les patients peuvent recevoir des traitements différents.

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