3 choses à savoir sur les huiles essentielles, pas si naturelles

Le magazine 60 Millions de consommateurs épingle les sprays désodorisants et diffuseurs aux huiles essentielles. Loin d'être "assainissants" ou "naturels", ils contiendraient de nombreuses substances indésirables et allergisantes.

3 choses à savoir sur les huiles essentielles, pas si naturelles
© Dmitry Kalinovsky-123rf

Les sprays désodorisants, les diffuseurs de parfum ou encore les bouquets parfumés à base d'huiles essentielles jouissent d'une image souvent positive pour parfumer l'air intérieur de sa maison. "Assainissants", "purifiants", "naturels", ou encore "rafraîchissants", ces qualificatifs donnent aux consommateurs le sentiment qu'ils peuvent les utiliser sans danger pour "neutraliser" les odeurs. Résultat : les idées reçues sont nombreuses. En effet, contrairement aux encens qui produisent de la fumée, les sprays semblent moins nocifs. Pourtant, les huiles essentielles ont beau provenir d'ingrédients d'origine naturelle, elles ne sont pas si saines. C'est ce que pointe le magazine 60 millions de consommateurs dans son numéro du mois de juin 2018, après avoir effectué des analyses sur 12 sprays et aérosols, ainsi que 5 diffuseurs. Résultat : la plupart des produits polluent et exposent les voies respiratoires et la peau à des molécules allergisantes et irritantes comme des composés organiques volatils (COV). En outre, 23 ingrédients indésirables (irritants et allergisants, essentiellement) ont été détectés dans les sprays Puressentiel et Baccide pourtant présentés comme "assainissants", détaille le mensuel de juin de l'Institut national de la consommation. A noter que le limonène, le géraniol et le linalol sont les trois substances parfumantes allergisantes les plus fréquemment retrouvées dans l'échantillon. Mais en réalité, leur présence n'est pas systématiquement affichée sur le packaging. C'est la raison pour laquelle l'Institut national de la consommation réclame "une réglementation et une normalisation" de ces produits. L'INC préconise également un double étiquetage obligatoire pour signaler la présence de substances potentiellement allergisantes (comme c'est le cas pour les produits cosmétiques), ainsi que pour repérer les produits qui émettent le moins de COV, (comme pour les peintures et matériaux de décoration). Mais aussi pour en finir avec ces allégations mensongères - "purifie l'air", "anti-allergique", "assainit votre intérieur", etc.- qui non seulement sont fausses, mais qui en plus ont un effet inverse, et qui sont donc contre-indiqués chez les allergiques.

Les huiles essentielles polluent l'air intérieur

On a tendance à croire que l'air extérieur est plus pollué que l'air intérieur. Mais en réalité, c'est l'inverse. Lorsque l'air ne circule pas suffisamment dans les appartements, cela favorise la présence de poussière, d'odeurs, d'acariens. Pour les éliminer, les marques dégainent alors leurs produits d'entretien, leur purificateurs d'air et leurs désodorisants aux huiles essentielles. En réalité, ils ne sont pas sans risque pour la santé, ils contribuent même à cette pollution de l'air intérieur. Pour chasser les germes et les mauvaises odeurs de votre intérieur, inutile donc de vous ruer sur ces produits "qui ne dépolluent pas, mais "masquent" les odeurs", est-il précisé dans Le Livre noir des allergies, aux éditions L'Archipel.

Les huiles essentielles présentent un risque allergique

Les huiles essentielles exposent les voies respiratoires et la peau à des molécules allergisantes et irritantes. En cause notamment : la présence de formaldéhyde ou de benzène, des composés organiques volatils (COV) particulièrement irritants pour les personnes allergiques. On en retrouve surtout lorsqu'ils sont diffusés sous forme d'aérosols, précisait Martine Ott, conseillère médicale en environnement, dans une précédente interview. La spécialiste mettait aussi en garde les personnes allergiques et asthmatiques contre les mélanges d'huiles essentielles contenues dans les lingettes et certains produits d'entretien. Par conséquent, ces substances nocives présentes dans les produits à base d'huiles essentielles favorisent les crises d'asthme ainsi que les rhinites. Jessica, 36 ans, est particulièrement sensible aux odeurs depuis plusieurs années. "Je suis allergique à certains parfums et il n'y a pas de désensibilisation possible. En ce qui concerne les huiles essentielles et les parfums d'intérieur, je les évite. Car si l'un des composants ne me convient pas ou que l'odeur est un peu forte, je fais une rhinite allergique. J'ai les yeux qui piquent et des démangeaisons à la gorge", déclare-t-elle au Journal des Femmes.

Pas d'huiles essentielles chez les enfants et femmes enceintes

Compte tenu du potentiel risque, il est recommandé de ne pas utiliser de produits à base d'huiles essentielles chez les enfants, les femmes enceintes ainsi que les personnes allergiques et asthmatiques, les personnes âgées et celles atteintes de maladies chroniques. A savoir : les huiles essentielles à la lavande ou celles à l'arbre à thé pourraient en effet agir comme des perturbateurs endocriniens. Rappelons aussi que les produits anti-poux à base d'huiles essentielles ont récemment été pointés du doigt. 

Pour améliorer la qualité de l'air, il est recommandé d'aérer votre intérieur régulièrement, au minimum dix minutes par jour. Idéalement, ouvrez les fenêtres avant 9h le matin, ou après 20h  le soir, durant 20 minutes. Veillez également à réduire les sources de pollution (tabac, peintures, produits d'entretien...), à ne pas surchauffer votre logement, à diminuer l'humidité et à lutter contre l'apparition de moisissures. Par ailleurs, privilégiez des produits labellisés recommandés par des médecins allergologues, comme les produits d'entretien de l'Arbre vert ou le purificateur d'air à base de photocatalyse (approuvé "haute qualité environnementale pour allergiques" et labellisé "Air intérieur contrôlé", rappellent les experts du Livre noir des allergies. Enfin, en cas de troubles, n'hésitez pas à consulter votre médecin traitant.

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