DMLA : un traitement aussi efficace et moins coûteux

C'est à l'occasion du 119ème Congrès de la Société Française d'Ophtalmologie que les résultats de l'étude GEFAL, comparant les effets de l'Avastin® et du Lucentis® dans le traitement de la DMLA, ont été exposés pour la première fois.

DMLA : un traitement aussi efficace et moins coûteux
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La Dégénérescence Maculaire Liée à l'Age (DMLA) touche plus d'un million de personnes en France : un véritable problème de santé publique. Le Lucentis® est utilisé dans le traitement de  la forme néo-vasculaire (humide) de cette maladie de la rétine, première cause de malvoyance chez les patients âgés dans les pays industrialisés. Commercialisé par les laboratoires Novartis, il est actuellement le seul produit ayant l'autorisation de mise sur le marché (AMM) pour la DMLA néo-vasculaire, donc remboursé à 100%. Un coût non négligeable pour l'Assurance Maladie qui s'élèverait à plusieurs centaines de millions d'euros par an. A la demande de l'agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), l'étude GEFAL (Groupe d'Etude Français comparant Avastin® versus Lucentis®) a été réalisée en France. Ceci dans le but d'évaluer les différences d'efficacité, de tolérance et de coût entre les deux molécules, l'Avastin® ayant été interdit en 2012 pour le traitement de la DMLA en France par une circulaire de la Direction générale de la santé. Conduite indépendamment vis-à-vis des deux laboratoires concernés grâce à un financement public (Ministère de la santé et Assurance Maladie), l'étude s'est concentrée sur 2 groupes de 250 patients de moyenne d'âge 79 ans, suivis de juin 2009 à novembre 2012, pour un budget qui s'élève à 4 millions d'euros. Conclusions de l'étude : l'Avastin® serait aussi performant que le Lucentis® et bien moins coûteux. Aucune différence notoire n'a été constatée concernant la tolérance chez les patients ayant reçu de l'Avastin® ou du Lucentis®, même si quelques doutes persistent concernant les effets secondaires non oculaires, un peu plus nombreux chez les patients ayant reçu de l'Avastin®. Aucun élément ne permet pour autant d'affirmer que le médicament en est vraiment la cause. Laurent Kodjikian, chef de service d'Ophtalmologie au CHU de Lyon et coordinateur de l'étude, l'affirme : "les deux médicaments sont équivalents, tant sur le plan de l'efficacité que sur celui des effets secondaires". Aux autorités sanitaires de trancher désormais sur le sort de l'Avastin® dans le traitement de la DMLA. Toujours est-il que, pour freiner l'évolution de la DMLA, il est nécessaire de consulter régulièrement un ophtalmologiste, même lorsque la maladie semble stabilisée. La DMLA est une pathologie chronique qui demande un suivi sur le long cours.

Source : 119ème Congrès de la Société Française d'Ophtalmologie, 13 mai 2013.

Lire aussiréponses aux questions des internautes sur la DMLA, par le Dr Gérard Mimoun, ophtalmologiste à Créteil.