DMLA : bientôt un traitement 30 fois moins cher

Marisol Touraine vient de transmettre au Conseil d'Etat un projet de décret qui permettra aux ophtalmologistes de prescrire l'Avastin dans le traitement de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA).

DMLA : bientôt un traitement 30 fois moins cher
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Imbroglio pharmaceutique. Marisol Touraine a confirmé samedi au quotidien La Croix qu'elle avait récemment transmis au Conseil d'Etat un projet de décret, qui pourrait permettre d'utiliser l'Avastin pour traiter la DMLA, une maladie des yeux qui touche plus d'un million de Français. Objectif : légaliser l'utilisation de l'Avastin des laboratoires Roche, dont le coût est de 30 euros par injection. Soit beaucoup moins coûteux que le Lucentis (900 euros par injection et remboursé à 100%) des laboratoires Novartis, le seul actuellement disponible sur le marché. L'autorisation d'utilisation de l'Avastin, dont l'efficacité est équivalente à celle du Lucentis, permettrait de réaliser des économies conséquentes. En 2013, le Lucentis aurait coûté 438 millions d'euros à l'Assurance maladie. Si le ministère est obligé d'utiliser la contrainte, c'est parce que curieusement Roche refuse d'autoriser l'Avastin dans le traitement de la DMLA. Et pour cause : "les services de la répression des fraudes - la DGCCRF - ont transmis, en 2012, des éléments à l'Autorité de la concurrence en vue d'une enquête sur une éventuelle entente entre Novartis et Roche", peut-on lire dans le Parisien. Car si Roche, qui produit le Lucentis, a confié en Europe sa distribution à un concurrent Novartis, c'est qu'il est également actionnaire de Roche, est-il précisé. Le Parisien relève encore que les deux laboratoires "ont été condamnés, mercredi dernier, à 182,5 millions d'euros d'amende par l'autorité antitrust italienne pour entente illicite. [...] Le ministère italien de la Justice [...] vient tout juste d'ouvrir une enquête pour escroquerie. Une procédure qui vient s'ajouter à d'autres, ouvertes en janvier et visant Novartis, au Japon et aux Etats-Unis, concernant des soupçons de dissimulation d'informations aux autorités et d'effets secondaires aux patients".
L'Avastin aussi efficace que le Lucentis. A la demande de l'Agence du médicament (ANSM), une étude (GEFAL) a déjà été réalisée entre 2009 et 2012 dans le but d'évaluer les différences d'efficacité, de tolérance et de coût des deux molécules. Cette étude indépendante vis-à-vis des deux laboratoires concernés et financée par le Ministère de la santé et l'Assurance Maladie, avait conclu à une performance équivalente de l'Avastin et du Lucentis, mais avec un coût moindre pour l'Avastin. Lors du 119e Congrès de la Société Française d'Ophtalmologie en mai dernier, Laurent Kodjikian, chef de service d'Ophtalmologie au CHU de Lyon et coordinateur de l'étude affirmait que "les deux médicaments sont équivalents, tant sur le plan de l'efficacité que sur celui des effets secondaires". 

En attendant l'avis des autorités sanitaires, rappelons que, pour freiner l'évolution de la DMLA, il est nécessaire de consulter régulièrement un ophtalmologiste, même lorsque la maladie semble stabilisée. 

Lire aussi : réponses aux questions des internautes sur la DMLA, par le Dr Gérard Mimoun, ophtalmologiste à Créteil.