Pendant plusieurs mois ou années, vous avez broyé du noir au point de vous demander ce que vous faisiez sur terre. Aujourd'hui, vous allez mieux vous avez retrouvé l'envie de vivre. Racontez-nous comment vous êtes sorti de la dépression.
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On peut s'en sortir...
Anne
le 02 octobre 2008
Combien de temps a duré votre dépression ? Avait-elle une raison particulière et, si oui, laquelle ?
Ma dépression a duré 5 ans. Aussi sans l'aide de mon médecin traitant et de ma psychologue, je ne serais pas là pour témoigner. La clinique privée dans laquelle je travaillais depuis 27 ans, a été rachetée par un groupe financier, aussi j'ai fait dès le premier jour "l'objet à détruire" je m'en suis aperçue immédiatement, ainsi que ma collègue et amie (harcèlement, humiliations etc.. ), nous occupions des postes clés. 3 mois après, tout de suite après les évènements des tours jumelles de New York, mon amie s'est étranglée, n'en pouvant plus.. Le jour de ses obsèques, l'usine AZF à Toulouse a explosé.. J'étais tellement atteinte psychiquement, moralement, physiquement, que je m'attribuais tous ces malheurs. Dans les 4 mois suivants j'ai perdu deux vrais ami-ie: le 17 Décembre, et le 1er Janvier, âgée de 48ans et 50ans.. Morts subitement.. Seule dans ma dépression grandissante, je refusais tout contact de peur de voir les personnes qui m'approchaient, décéder...Quelles solutions avez-vous trouvé pour aller mieux ? Racontez le cheminement.
Celà a été la descente aux enfers... Crises de panique, angoisses, phobies... Entre temps est arrivée dans ma vie ma petite chienne York, âgée de 3 ans, que j'ai récupérée. Je me devais de m'occuper d'elle, la nourrir, la sortir, la soigner, elle me tenait en Vie... (je fais une parenthèse, j'ai un fils mais je ne l'ai pas tenu au courant à l'époque des agissements dans cette clinique, de ma détresse, je ne voulais pas lui en faire part afin de le protéger.. ), je croyais pouvoir porter ma croix toute seule et m'en sortir. Hélas non, les mois passent, je descends de plus en plus. Puis, j'ai eu la chance de tomber sur un médecin conseil de la ss lors d'un contrôle, suite à mes arrêts de travail. Cette femme que je remercie de tout mon coeur, était très humaine, je n'ai pas pu parler je n'ai fait que pleurer. Elle a appelé le centre CMP pour un rv avec une psychologue.. (je n'ai pas refusé.. ) A chaque rendez vous, je pesais une tonne, mes jambes me lâchaient, j'étais un robot.. Cette psychologue, cette Dame.. M'a de suite plu de part son physique rassurant, sa voix chaleureuse et douce, son calme, son écoute. Entre temps, je courais chez mon médecin dès que je ressentais moi aussi le besoin de Partir, d'en finir.. Il a toujours été là, présent pour moi, pris du temps.. Ainsi était ma survie.. Je "montais 2 marches et redescendais d'une.. Mais je remontais petit à petit, cela a été long, très long.. Presque 5ans. Il y a 2 ans, je perdais ma maman et mon frère.. J'ai continué ma thérapie..Aujourd'hui, comment vous sentez-vous ? Diriez-vous qu'avoir traversé une dépression vous a rendu plus fort ?
Aujourd'hui, je vais très bien.. Je ne serai jamais plus la même qu'avant.. Mais effectivement je suis plus forte dans la vie, dans mes décisions, dans mes choix, etc... (Mais je n'admets toujours pas la mort de mon amie, à cause des autres ! ). Les petits soucis quotidiens? Passent au dixième plan ! Je n'accorde de l'importance qu'à ce qui en vaut la peine...
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Halima
Parfois, la solitude peut vous tendre la main: s'efforcer à voir le bon de côté des choses qui sont, à priori, négatives, est un travail d'"entretien"... On va chez le coiffeur, on fait du sport, on choisit ses vêtements... Travailler son mental, chose nettement plus difficile, est important aussi. Voici ce que la solitude m'a appris: solitude, j'écris grâce à toi, toutes mes idées, car le temps est là, tu me l'as confié, et c'est un plaisir que de le tuer, peux tu m'en offrir encore une poignée. Oui... J'ai juste écrit un éloge à la solitude pour mieux l'accepter certainement ( ? ). Mais effectivement, lorsqu'on ne s'aime plus, car la dépression, c'est çà surtout: ne plus accepter ce que l'on est, ce que l'on vit, être dans l'ombre, dans l'obscurité... Personnellement, un matin, après avoir pleuré pratiquement toute la nuit, je me suis levée, les yeux encore bouffis par trop de larmes. Sans personne vers qui me tourner, j'ai enfin osé me regarder dans le miroir et les mots sont sortis tous seuls, non pas par la bouche, mais mes mains ont saisi un crayon, un carnet et je me suis mise à interpréter par l'écriture les sentiments que j'éprouvais à ce moment là: je vous les fais partager (issu de mon recueil).
"J'ai en moi de la rage, qui me donne le ton, qui m'empêche d'être sage, pour diverses raisons. Toutes ces choses qui clochent, m'inspirent une toile, sur laquelle j'accroche, ces gens qui font mal. Quand tu t'exposes à la vie, tu prends ses coups, tu les subis, puis lassée de son ironie, blasée, tu surmontes ses défis. Ne laisse rien passer ! Risque ta vie si elle le vaut ! Protège ta dignité ! Combat les bas, hisse les hauts ! Et si tu verses une larme, ne te laisse pas dépérir ! Reprend toi, prends les armes ! Et sans hésiter, descend le pire. A tous ces gens qui puent le diable, regarde les droits dans les yeux, conseille leur un gilet par-balle, et raconte leur, à ces affreux, la mort qui leur sera fatale. Et à tous ces gens qui ricanent, gratte l'allumette, clic le briquet, dédicace leur un jerrican, de ce pur alcool à brûler. J'entends d'ici les "Quelle violence ! " Mesdames, Messieurs, ce ne sont que des images, Pour vous faire de vraies confidences, Il me faudrait bien du courage. C'est là l'écrit de mes souffrances, Qui tient sur bien plus d'une page et non les aveux de mes vengeances, L'écriture aide à rester sage"
Voilà... J'ai écrit ce texte... Mon tout premier... L'introduction de mon recueil... C'était l'été 2008. Et je me trouvais déjà apaisée... Sincèrement. Et de plus, je me sentais déjà à nouveau fière de moi, pour ce petit peu, ces quelques lignes car, malgré tout, j'ai su exprimer mon désarroi sincèrement par des rimes... Une première pour moi. Et déjà je voyais au-delà des mots, l'aspect thérapeutique de l'écriture.
Tout en écrivant, je m'analyse... :
"Certains changent de peau et jouent des rôles, d'autres enfilent les gants pour frapper dans des sacs... Moi, je prends en main un crayon et, sur ma vie, j'écris à tâton".
Et beaucoup plus tard, après d'autres textes écrits pour en faire un recueil, j'ai compris... Et j'ai écrit... :
"J'ai appuyé sur "retour" pour m'écouter dire combien la vie m'avait rouée de coups comme blessée par les balles d'un 6 coups qui me faisaient si mal, car trop enfouies dans ma chaire, mais que j'ai enfin et à jamais pu extraire. Oui, aujourd'hui, de nouveau, je suis fière. Ces lignes de rancoeurs ont gratté la poussière, qui couvrait mon honneur et brouillait mes repères.. "
(... )(je n'écris pas tout car le texte est long)
"La tristesse, Mesdames, Messieurs ! La tristesse est vilaine ! Alors je la bannis, et la joie j'en fais mienne. "
J'ai écris au départ pour panser mes blessures, puis,... Je me suis prise à mon jeu d'écriture et j'ai écris, comme çà, jusqu'à rassembler tous mes textes et publier un recueil.
"L'écriture aide à rester sage, l'écriture m'aide et me soulage"
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Anne
Josiane, je viens de lire votre contribution à mon témoignage.. Croyez moi, j'étais seule, archi-seule, le peu d'amis-ies, connaissances, voisins etc.. Vous lâchent et même vous ignorent ! J'ai appris durant cette dépression que j'avais un cancer de la thyroïde, l'unique collègue qui osait encore me "fréquenter", m'a dit à cette annonce "je ne peux pas porter toute la misère du monde ! ".. Bien sûr j'ai été sous antidépresseurs, mais mon médecin et le psy (qui se concertaient à mon sujet régulièrement), n'ont jamais hésité à les changer, pour me trouver celui qui me convenait le mieux. Comme je l'ai dit, j'ai eu une équipe formidable.. Un maillon de moins et ça ne l'aurait sans doute pas fait.. Si vous le désirez je peux essayer de vous aider.. Bon courage
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Josiane
Je vis le cauchemar de la dépression depuis l'an 2000, suite à des problèmes au travail. J'ai vécu ça bien seule car on fuit les gens en dépression. C'est tellement dur et désarmant pour la personne en face qu'elle prend la fuite et je le comprends. Les solutions ? Quand on peut sortir et faire face aux gens, c'est une victoire, mais ça prend tellement d'énergie que je rentre souvent chez moi en pleurant,et je me retrouve face à ma solitude. Ne plus ressentir la joie, l'envie de réaliser quelque chose, c'est le désespoir qui reprend le dessus. J'ai essayé toutes formes de soins, les psy avec médicaments, les traitements plus doux... Et c'est toujours la rechute. Vais-je en sortir ?
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