Arthrose : le déremboursement des traitements injectables fâche les rhumatologues

A partir de juin 2017, les patients arthrosiques ne pourront plus bénéficier d'injections d'acide hyaluronique pour soulager leurs douleurs.

Arthrose : le déremboursement des traitements injectables fâche les rhumatologues
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Les solutions d'acide hyaluronique injectable contre l'arthrose se seront plus remboursées par l'Assurance maladie. Malgré une forte mobilisation des patients et rhumatologues, un arrêté a été publié mardi 28 mars au Journal officiel. Déjà en 2015, le déremboursement des traitements de fond anti-arthrosique avait suscité leur colère. Le non remboursement des injections intra-articulaires va donc un peu plus réduire l'arsenal thérapeutique à la disposition des patients.

Le ministère de la Santé s'est appuyé sur l'avis de la Haute autorité de santé (HAS), qui estime que le "service médical rendu" (SMR) de ces traitements est "insuffisant" et ne justifie donc pas un remboursement. Mais cette mesure qui pèse 68 millions d'euros annuels d'économies à l'Assurance maladie est contestée par les médecins rhumatologues. Selon l'association française de lutte anti-rhumatismale (AFLAR), "les conséquences des déremboursements n'ont jamais fait l'objet d'une véritable évaluation par les pouvoirs publics ou les caisses d'assurance-maladie" alors que l'arthrose est source de douleurs, de handicap et de perte d'autonomie. Qui plus est, ce déremboursement aura pour conséquence de reporter les prescriptions vers des traitements "plus dangereux, plus coûteux pour l'assurance maladie et pas plus efficaces", précise l'AFLAR. Le ministère de la Santé avance qu'une version médicament de l'acide hyaluronique peut être utilisée comme alternative. Mais le problème, c'est qu'il est remboursé à hauteur de 15 % seulement par l'Assurance maladie, ce qui autorise les complémentaires santé à ne pas le prendre en charge. En outre, l'association rappelle qu'en France, on pose deux fois moins de prothèses de genoux que chez nos voisins européens en partie grâce aux injections intra-articulaires. Or, selon les rhumatologues, priver les patients de cette solution thérapeutique pourrait provoquer une hausse des poses de prothèses, dont le coût varie de 7000 à 13 000 euros, et avec un reste à charge important pour le patient. Donc non sans impact sur les comptes de l'Assurance maladie.

L'arthrose touche plus de 10 millions de Français. Cette pathologie qui provoque une destruction progressive du cartilage des articulations, impacte le quotidien et altère la qualité de vie en raison des douleurs qu'elle génère. Sa prise en charge est essentiellement fondée sur le soulagement des symptômes douloureux.

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