Cancer de la langue et de la gorge : ne pas négliger les premiers signes

Douleur à la gorge, à l’oreille, enrouement... Ces symptômes ne sont pas à prendre à la légère s’ils persistent au-delà de 3 semaines.

Cancer de la langue et de la gorge : ne pas négliger les premiers signes
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Perte de voix, enrouement, saignement de nez, douleur d'oreille, mal à la gorge, boule dans le cou, bourdonnement ou aphte, si l'un de ces symptômes persiste plus de 3 semaines, il est primordial de consulter un spécialiste : c'est le message clé de la 4e édition de la campagne "Prendre le cancer à la gorge", organisée par la Société Française de Carcinologie Cervico-Faciale. L'objectif est de diagnostiquer et de prendre en charge les patients le plus rapidement possible, optimisant ainsi leurs chances de guérison. 

Il ne s’agit pas de cancers rares. Les voies aérodigestives supérieures comprennent la bouche, les lèvres, le nez, les fosses nasales, les sinus, le pharynx et le larynx. Il existe donc une grande diversité de cancers des Voies Aéro-Digestives Supérieures (VADS), en fonction de leur localisation et des cellules qui sont à l'origine de la maladie. Avec 14 706 nouveaux cas en 2015 en France (dont plus de 72 % chez les hommes), ces cancers se classent au 8e rang des cancers les plus fréquents, tous sexes confondus, et au 5e rang chez les hommes. Soit 4% de l’ensemble des cancers identifiés chaque année en France. Ils surviennent le plus souvent après 50 ans.

Symptômes persistants : consultez ! Le problème, c'est que certains patients présentent des symptômes depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois et ne consultent pas. Et pour cause : les signes annonciateurs peuvent sembler anodins. "Ces symptômes sont une douleur à l'oreille type otite, un problème de déglutition, un écoulement nasal d'un seul côté, la voix enrouée de manière chronique, le nez bouché…", explique le docteur Antoine Moya-Plana, ORL chirurgien de la face et du cou, département de Cancérologie Cervico-Faciale, Gustave Roussy à Villejuif. La durée du ou des symptômes ORL est le facteur qui doit impérativement alerter les Français. Si ce(s) symptôme(s) persiste(nt), s'aggrave(nt) ou ne régresse(nt) pas au-delà de trois semaines, il faut immédiatement consulter son médecin."

Les fumeurs, plus à risque. La consommation de tabac et d’alcool est retrouvée chez plus de 90% des personnes atteintes par ces types de cancer. "Le principal facteur de risque des cancers des VADS est le tabac ; il est responsable de plus de 80 % de ces cancers. L'alcool n'agit pas vraiment comme un facteur de risque mais il est un cofacteur, c'est-à-dire qu'il favorise les effets toxiques et nocifs du tabac. Donc, une double intoxication, à la fois tabagique et éthylique, va décupler les risques", explique le Dr Moya-Plana. 

Ces cancers, diagnostiqués à un stade très précoce, peuvent être guéris dans 80% à 90% des cas. Mais ils peuvent toutefois avoir des conséquences importantes, en particulier, ils peuvent provoquer des troubles de la voix, des difficultés à avaler et à déglutir, donc à s’alimenter, avec parfois l’obligation de recourir à une trachéotomie temporaire, voire définitive. Il est ainsi possible de guérir de ces cancers, mais parfois au prix d’une altération de la qualité de vie.

Informations complémentaires disponible sur le site www.webtv-cancerorl.fr

Source : communiqué de presse, Campagne "Prendre le cancer à la gorge".

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