Rougeole : l'épidémie en Alsace inquiète les autorités de santé

Alors que la rougeole gagne du terrain en France, l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) appelle à vacciner les enfants et les jeunes adultes pour limiter les transmissions.

Rougeole : l'épidémie en Alsace inquiète les autorités de santé
© Photographee.eu

La rougeole, cette maladie virale hautement contagieuse, fait son retour en France depuis le mois d’avril. L’Institut National de Veille Sanitaire (InVS) fait ainsi état de "199 cas de rougeole déclarés depuis le début de l’année sur le territoire, dont plus de 150 cas déclarés en Alsace", dans le dernier point épidémiologique détaillé dans un communiqué rendu public le 2 juin 2015. Parmi les cas alsaciens, "9 cas ont été hospitalisés soulignant la gravité de la maladie", déplore l’InVS.

Une maladie préoccupante pour les jeunes adultes. L’InVS précise que la rougeole "est une maladie infectieuse parmi les plus contagieuses". Elle se transmet "surtout par voie aérienne par exemple lorsqu’on tousse ou que l’on éternue". Le virus de la rougeole pouvant persister pendant près de deux heures dans l’air, la contamination peut aussi se faire de manière indirecte. Outre les désagréments que les symptômes occasionnent pendant plus d’une semaine, la rougeole peut générer des complications telles que des pneumopathies, des atteintes neurologiques voire des décès, notamment chez les nourrissons de moins d'un an et, de manière plus surprenante, chez les jeunes adultes.

Vacciner massivement les enfants et les jeunes adultes. En France, l’InVS déplore l’existence d’ "un réservoir de sujets suffisant pour maintenir la transmission du virus, même à bas bruit, avec en particulier près de 10% de la population des jeunes adultes non vaccinés réceptifs à la rougeole." Pour résorber ce réservoir et ainsi diminuer les contaminations, l’InVS  précise que la vaccination trivalente ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole) constitue "la seule mesure de prévention efficace." En effet, dans le cas de la rougeole, le célèbre adage "mieux vaut prévenir que guérir" s’applique parfaitement puisque "il n’existe pas de traitement spécifique de la rougeole mais uniquement des traitements symptomatiques" qui permettent seulement de faire chuter la fièvre et de calmer les écoulements nasaux. Ainsi, selon l’InVS, "afin d’interrompre les vagues épidémiques périodiques, il est primordial que la couverture vaccinale du nourrisson atteigne le niveau requis de 95 %, et que les enfants plus âgés et les jeunes adultes (nés depuis 1980) aient reçu deux doses de vaccins, au besoin par un rattrapage ". Pour rappel, la première dose de vaccin doit être administrée aux enfants à l’âge de 12 mois puis une seconde dose avant leurs deux ans. Un rattrapage de cette seconde dose semble efficace jusqu’à l’âge de 17 ans. Bon à savoir : si une personne non vaccinée est en contact avec le virus, un vaccin administré dans les 72 heures qui suivent peut permettre d’éviter la survenue de la maladie.

Le vaccin permet aussi de protéger son entourage. En vaccinant les enfants et les jeunes adultes, c’est aussi leurs proches potentiellement à risque qui sont mis à l’abri des contaminations, notamment les nourrissons de moins d’un an, les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. En effet, "au cours de l’épidémie de 2008-2011, parmi les 10 personnes décédées, 7 étaient des personnes vulnérables, âgées de 10 à 30 ans, dont les décès auraient pu être évités si ces personnes avaient été protégées de la maladie par un entourage immunisé", rappelle l’InVS dans son communiqué. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) estime en effet sur son site internet qu’entre 2000 et 2013, "la vaccination antirougéoleuse a évité 15,6 millions de décès". Néanmoins, cette organisation rappelle que la rougeole a causé "145 700 décès dans le monde en 2013" et qu’elle "reste l’une des causes importantes de décès du jeune enfant", faute de vaccination suffisante. 

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