Témoignage
16/10/2006
Isabelle : "Mon analyse a simplifié ma vie"
"J'ai commencé à consulter suite à une dépression, liée à des problèmes dans ma vie conjugale. J'étais soignée pour cette dépression, j'ai pris des médicaments pendant un an. Quand mon couple a explosé, j'ai eu l'impression que plus rien n'existait, que la terre s'était arrêtée de tourner. Je ne pouvais plus travailler, je passais mes journées en larmes. Sur les conseils de mon médecin et de ma famille, j'ai décidé de soigner l'âme autant que le corps. Pour moi, c'était inconcevable de faire une dépression, ça n'arrivait qu'aux faibles. Je voulais comprendre pourquoi j'en étais arrivée là, j'avais la volonté de m'en sortir, d'aller mieux et même d'aller bien." "J'ai donc suivi une thérapie pendant cinq ans. J'allais voir une psychiatre, également psychanalyste et psychothérapeute, à raison d'une consultation de trois quarts d'heure deux fois par semaine. Les premières séances se déroulaient en face à face. Puis au bout d'un an, je me suis allongée sur le divan, sur proposition de ma thérapeute. C'était une façon d'aller plus loin dans ma démarche. Au début, je ne voulais pas. Je ressentais un véritable malaise. Quand on est allongé, on est moins maître de soi, on s'abandonne davantage. Peu à peu, je m'y suis habituée. Pendant les entretiens, ma psy parlait très peu. J'avais vraiment affaire à la caricature du psy qui ne dit que "hum hum" et prend des notes sur son carnet ! Ça me faisait sourire." "Au début de ma thérapie, elle m'a fait parler de choses que je préférais éviter, notamment mon enfance. En effet, je considérais que le problème n'était pas là, c'était mon couple qui allait mal. Mais, comme j'avais décidé de me remettre entre les mains d'une pro, je me suis laissée guider. Et finalement elle avait raison, car je me suis aperçue qu'en se dégageant de certains problèmes de l'enfance, on se libère de ses peurs, de ses manques. Je suis bien sûr passée par des moments de révoltes et de souffrances, pensant qu'elle ne comprenait rien. J'ai pourtant continué, car j'estimais qu'il fallait jouer le jeu. Une analyse, c'est un véritable travail, qui s'effectue pendant les séances mais également entre les consultations, dans la tête. Et, contrairement aux médicaments, le soulagement n'est pas immédiat, il vient beaucoup plus tard." "Je n'avais pas honte d'aller voir un psy. Mais je culpabilisais beaucoup, notamment au travail parce que mes consultations avaient lieu pendant mes heures de bureau. Je ne supportais pas de devoir partir à 17h. Mais mon patron et les collègues de mon service se sont montrés très compréhensifs. Je me suis rendue compte que si soi-même on assume d'être suivi, les autres l'acceptent aussi." "J'ai mis fin à mon analyse il y a un an et demi car j'en avais assez. J'avais envie de faire autre chose de mon argent et de mon temps. Mais si un jour j'en avais à nouveau besoin, j'y retournerais sans hésitation. Car cette thérapie m'a beaucoup appporté. J'ai eu des explications avec ma famille qui m'ont permis de m'asseoir psychologiquement. J'ai pu me séparer de mon mari correctement, et j'ai construit une autre histoire sur de nouvelles bases. Autrefois je n'osais pas dire non par peur de l'abandon. J'avais constamment l'impression d'être coincée, de ne pas être libre. Aujourd'hui, je sais ce que je veux et ce que je ne veux pas. J'ai également compris que le bonheur ne vient pas des autres, ni même de l'autre, mais de soi. En somme, ma vie est beaucoup plus simple." Claire Sassonia, Journal des Femmes
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