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Au travail ou à la maison, vous êtes tombée sous sa coupe sans vous en rendre compte. Il vous a d'abord charmée, avant de réussir à vous faire perdre toute confiance en vous. Racontez-vous.

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Famille violente

 Famille violente  

Lynda le 21 juin 2010

Dans quel cadre avez-vous été victime d’un manipulateur ? A quoi ressemblait votre quotidien ?

J'ai grandi dans un climat de constante violence familiale. J'ai appris la violence et la manipulation et les ai pratiquées... Mon père était très violent, surtout lorsqu'il avait bu. Lui, il était violent physiquement, alors que ma mère l'était de façon psychologique : "t'es folle, t'invente des choses, pauvre Lynda ! ".

Quelles conséquences cette relation a-t-elle eues sur votre vie ?

En ce qui concerne mon père, je suis encore surprise qu'il ne m'ait pas tuée, à force de me frapper. Je dois utiliser une canne, mais je marche toujours ! Bien entendu, les paroles de ma mère étaient tout aussi destructrices ! J'en suis venue à croire que j'étais réellement folle. Quand j'ai atterri à l'hôpital psychiatrique, je n'ai pas été étonnée : après tout, j'étais folle, n'est-ce pas !

Quand et comment avez-vous réalisé que vous étiez victime de sa manipulation ?

J'ai réalisé que j'avais vécu de la manipulation et énormément de violence en thérapie, à 33-34 ans. J'étais cassée, brisée... J'ai dû placer mon fils en famille d'accueil pendant 4 ans. Et là, je me suis lentement reconstruite : j'ai appris à éduquer mon fils de façon non violente, j'ai découvert et appliqué des modèles relationnels basés sur le respect, j'ai pris de la médication.

Vous en êtes-vous sortie ? Comment ?

J'ai pris mes distances avec ma famille il y a 12 ans (j'en ai 48). Mais j'avais encore trop de contacts avec elle pour mon bien !
A chaque anniversaire de ma mère (fête des mères, Noël), une de mes soeurs m'appelait : Lynda, on a choisi tel cadeau pour maman,  il coûte tant. On ne m'a jamais demandé mon avis et on n'a jamais accepté mes propositions. On ne me visitait pas, on ne m'appelait pratiquement pas (eux avaient tous une voiture, moi pas). Mon fils m'a un jour dit : pourquoi j'irais à la fête à grand-maman, grand-maman et les tantes ne viennent jamais me voir, elles ? ! J'ai trouvé que ces paroles étaient remplies de sagesse et n'ai pas insisté pour qu'il m'accompagne à la fête !
Dernièrement, on m'a encore fait le coup de la fête toute organisée, du cadeau déjà choisi et acheté... Que je devais payer comme une conne : je leur ai gentiment fait remarquer comment ils agissaient et leur ai demandé s'ils en étaient conscients. J'ai reçu en retour des lettres accusatrices. Une de mes soeurs m'accusait même de choses passées à l'adolescence, me donnant ainsi le rôle de persécutrice (les manipulateurs agissent ainsi). Dans ma propre lettre, je nommais des faits, je posais des questions destinées à amener mes soeurs à questionner leur propre comportement, je n'accusais pas (j'ai fait vérifier ma lettre par quelqu'un d'impartial et connaissant bien la manipulation et la violence et leurs modes d'expression). Même si je ne fréquente pratiquement plus ma famille, j'étais prête à faire l'effort d'assister à l'anniversaire de ma mère, car elle ne vivra pas encore 100 ans, et, même si je dois m'en protéger, c'est la seule mère que j'ai ! Mais ma famille n'a jamais vu cet immense effort que j'étais prête à faire...
J'ai eu, à un moment donné, à remettre mon beau-frère à sa place. On s'est expliqué avec respect. Il s'est excusé et m'a promis de ne pas recommencer. Loin de lui tenir rancune, je l'aime plus qu'avant parce qu'il ne m'a pas accusé de quelque chose pour se disculper, il m'a écouté avec respect. Nous nous vouons un respect mutuel...
J'aurais eu le même comportement dans ma famille et je serais passée pour folle ! Si un homme se conduit de façon vulgaire ou disgracieuse envers une femme, elle doit se la fermer. Si elle le remet vertement à sa place ou le gifle (dépendant de la gravité du geste), elle est considérée comme névrosée... Surtout s'il s'agit de moi !
Je comprends que je ne pourrai jamais être amie avec les membres de ma famille ; c'est trop risqué pour moi...
Je suis très reconnaissante à la vie, de m'avoir fait connaître une famille (belle-famille) où le respect, l'harmonie, la bonne entente et une saine folie règnent. Ma belle-famille, c'est la famille que je me suis choisie, que je me suis offerte. C'est un fort beau cadeau de la vie et je l'apprécie énormément !
Après avoir cumulé les conjoints violents, je fréquente à présent un amour d'homme. Nous avons une relation harmonieuse et équilibrée. Oui ! On peut s'en sortir !
Ce qui m'a amenée à ne plus rencontrer d'hommes violents physiquement, ça a été de me promettre : "Plus jamais on ne va porter la main sur moi ! Plus jamais !" Et ça a été le cas !
Maintenant, je dis : "Plus jamais on ne va me manipuler, me violenter psychologiquement ou verbalement ! Plus jamais !" Et ce sera le cas !

  • Nathalie

    Merci Lynda pour ta contribution.
    Et bravo pour ta détermination et ton courage
  • Marine

    Lynda, vous pouvez être fière de vous d'avoir survécu à tout cela et d'être devenue la personne que vous êtes, pondérée, sensible, compréhensible, responsable.

    J'ai eu un parcours similaire, sauf qu'on ne m'a pas enfermé dans un hôpital psychiatrique et que c'est ma mère qui était une manipulatrice perverse, alcoolique et nous battant au martinet ou nous frappant de toute la force de ses mains durant des heures jusqu'au retour de notre père (entre le retour d'école 17h et le retour de mon père 19h). Fatiguée, pleurant du mal qu'on lui infligeait, elle demandait à notre père rentrant du travail, de nous corriger car elle n'en pouvait plus (pas étonnant ! ). Alors ce dernier sortait son ceinturon de cuir et nous frappait par trois fois, après quoi, nous devions rejoindre (enfin) nos chambres respectives ! Plus nous pleurions, plus notre mère nous battait avec ce sourire sadique, que j'ai ô combien détesté ! J'ai été battue jusqu'à l'âge de 15 ans, et mon frère jusqu'à l'âge de 18 ans. A l'âge de 4-5 ans, j'ai vu mon père se mettre le révolver de service sur sa tempe dans une de ses dispute violente qu'il avait avec ma mère. A partir de là, ont commencé mes premières crises d'angoisse et de tétanie. Tous les jours, nous subissions les critiques, sarcasmes, pleurs, cris, chantage de ma mère. A 12-13 ans, ma mère s'est ouvert les veines froidement et méticuleusement devant moi, je l'ai sauvé in extrémis en appelant les secours. Mon père m'a ordonné le silence. Étant à la fois froide, dévalorisant, abaissant tous les jours ses enfants d'une façon insidieuse nos comportement, elle pleurait à longueur de journée sur son sort (pas sur ce qu'elle était en train de nous faire ! ) et nous répétait tous les jours que notre père la trompait et qu'il buvait (ce qui était faux). Elle cachait les bouteilles dans ma chambre, me faisant croire que c'étaient celles de mon père. Elle avait même réussi à me faire mépriser mon père, alors qu'elle s'infligeait elle-même son propre malheur. Chaque jours, nous tremblions à notre réveil, ne sachant pas comment allait être le comportement de notre mère ! Notre père se murant de plus en plus dans un silence obstiné, ne sachant pas venir vers nous. Les seules minutes de marques d'amour, c'était saoule, quand elle me serrait fort dans ses bras comme une poupée de chiffon et me répétant dans son haleine d'alcoolique que j'étais la seule à la comprendre. (Enfin tant que je ne disais rien et que je ne renversais rien sur la table). A 21 ans, la veille de mon examen de B. T. S. (études non payées par mes parents), ma mère a fait une crise que je pense de schizophrénie et à tenter de me tuer en me jetant dans les escaliers, tout en m'insultant, criant, me frappant, puis voulant me crever les yeux et m'étrangler car je lui avais simplement et gentiment demandé au bout de deux heures d'écoute, de me laisser poursuivre mes études. Après une lutte de survie, j'ai réussi à me protéger, la maîtriser et la calmer et elle a exigé de que je quitte le domicile familiale sous la belle injure de "sale pute". En pleine nuit, j'ai appelé mon père et le médecin et je me suis enfuie de chez moi pour ne plus y revenir. J'ai 41 ans aujourd'hui et cela fait 20 ans que je n'ai plus adressé la parole à ma mère. Mon père est resté aux côtés de ma mère et a exigé il y a 15 ans, que je demande pardon à ma mère.

    Si une personne devait demander pardon, c'était elle et non moi pour m'avoir battue et lui, mon père, pour n'avoir pas su nous protéger de notre mère. Pour lui, nier ce qui c'est passé, occulter ce passé et pour ma mère, nous traiter d'enfants ingrats est plus simple.

    En 2004, j'ai fait une chute de 30 mètres en voiture dans un ravin lors d'un accident ! Là, je me suis dis qu'il fallait que je prenne enfin soins de moi ! Mon frère leur rend la vie impossible, car ce dernier à des côté lui aussi schizophrène et le même comportement manipulateur pervers que ma mère. Il est entré dans une relation pathologique malsaine avec eux. Je ne lui adresse la parole qu'en de rares occasions.

    J'ai mis du temps à m'en sortir. Mais, j'ai eu la chance de découvrir et de lire les livres d'Alice Miller, qui m'ont délivré de la culpabilité de mon comportement fuyard vis à vis de ma famille. Je suis enfin soulagée ! J'ai mis du temps à me reconstruire. Mais je suis toujours célibataire. D'un point de vue sentimental, je suis tombée sur un alcoolique (6 mois), un amant (15 ans) et un manipulateur (8 mois) et sinon, je n'ai jamais rencontré un homme qui était capable de m'aimer véritablement sans me partager avec quelqu'un d'autre. Cela laisse des marques. Il m'a fallut 20 ans de solitude pour m'affirmer, reprendre confiance en moi, apprendre à m'aimer. 20 ans après avoir vécu 20 ans d'enfer ! J'ai été victime au boulot de manipulateurs et manipulatrice qui ont réussis à me faire perdre mon emploi ! Ces gens là, nous reniflent à des km !

    A quand une loi pour interdire de frapper les enfants comme au Québec ou ailleurs ? Quand la société protègera -t-elle véritablement les enfants de leurs parents malades ? Toute cette misère affective dans des huis-clos familial et des non dits sont intolérables ! Oui, on peut réellement parler non pas de résilience mais de survie lorsqu'on arrive à échapper d'un tel enfer. Mais y arrive t'ont réellement ? 20 ans de souffrances physiques et morales pour ensuite 20 ans de souffrances psychologiques pour essayer de se comprendre, de donner un sens à notre vie et apprendre à s'aimer. Pardonner aux parents ? Mais seule une éducation judéo -chrétienne impose une telle chose à une victime ! Les parents n'ont-ils pas le devoir de protéger, d'accompagner et de guider leurs enfants pour un juste retour par la suite ? J'étais une petite fille, sage, muette, une vraie éponge absorbant la souffrance de sa mère et qui se réfugiait en cachette pour lire des livres pour pouvoir s'évader de son enfer quotidien ! Je sais pertinemment que je n'aurais jamais l'amour de ma mère ou de mon père, leur reconnaissance. J'ai dû apprendre à faire mon deuil ! Les bourreaux sont en général envoyé en prison lorsqu'ils frappent leurs victimes. Une fois leur peine purgée, là, la victime peut pardonner si elle le souhaite. Mais est-ce normal que des parents qui deviennent les bourreaux de leurs enfants ne soient ni soignés ni condamnés ? Combien de fois, j'ai demandé à mon père de faire soigner ma mère et en vain ! Comment voulez-vous pardonner à des parents qui ne font rien pour se soigner et s'améliorer ou du moins demander pardon pour leurs actes à leurs enfants quand la société tolère elle-même que des gifles, coups, martinets soient donnés pour une "bonne éducation" ! Depuis 1994, une femme peut porter plainte contre son mari pour coups et blessures, et il a fallut attendre 2006 pour voir enfin une loi renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs ! Donc, utilisez cette loi. Nous sommes les victimes d'avant 2006 et personne ne sait que faire de nous ! Cela m'attriste ! Je ne dis pas qu'il faut condamner les parents à la prison mais au moins à l'obligation à des soins intensifs pour leur faire prendre conscience de leurs actes. J'ai gardé 40 ans le silence. Mais c'est 40 ans de trop ! Il est grand temps d'arrêter de tolérer que des parents frappent leurs enfants si on ne veut pas "fabriquer" d'autres manipulateurs ou manipulatrices. Ces derniers tout comme leurs victimes n'ont pas reçu d'amour. Et quand on est enfant de manipulateurs ou de manipulatrices, selon nos personnalités, nous nous retrouvons face à deux choix: la soumission, ou la reproduction d'un comportement identique. La soumission entraîne souvent des rencontres de situations identiques en étant à nouveau victime de manipulateurs et les manipulateurs, continuent à perpétuer leurs actes. Il serait grand temps que ce cercle vicieux s'arrête si on veut que la société se porte un peu mieux ! Que de souffrances évitées si on osait enfin donner un bon coup de pied dans tous les préjugés, les non-dits, les silences, l'acceptation de la violence quotidienne. Arrêter d'engager des manipulateurs dans les entreprises, mettre des psychologues dans les écoles, aussi bien pour les enfants que pour les parents avec déclaration aux services sociaux pour une prise en main psychologique des parents. Cette prévention coûterait sûrement moins cher à la société et à la sécurité sociale, car toutes les victimes de manipulateurs deviennent dépressives à un moment donné. Ces derniers le sont aussi ! Alors il est grand temps de faire évoluer les mentalités, en parler. Merci pour ce forum d'exister
  • Charlotte

    Bravo
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