Votre couple fonctionne mais vous semble parfois déséquilibré : l'un de vous deux domine l'autre sur le plan affectif. Comment gérez-vous ce rapport de force au quotidien, pour qu'il ne fasse pas capoter votre histoire ?
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Le syndrôme de Pygmalion
Arianne
, Bourgogne
le 17 février 2010
Qui est le dominant, qui est le dominé dans votre
couple ? Comment cette relation s’est-elle installée ?
Mon mari fut pendant plus de 30 ans à l'aise dans son rôle de pygmalion et moi dans l'acceptation d'être une "personne malléable"... L'impression d'être prise en charge, d'être "paternée ", de continuer à être "l'enfant" m'a forcément convenu...
Comment cela se traduit-il au quotidien ? Quels
problèmes cela pose-t-il ?
Ne pas laisser s'exprimer l'autre, lui couper la parole, terminer les phrases à sa place, décider de faire les choses basiques voire même de faire nos deux enfants... La décision fut souvent celle de mon mari... A force on devient "transparente", on n'existe qu'à travers l'autre, jamais à travers soi. Les limites n'étant pas clairement définies, l'autre empiète sans vergogne sur votre territoire qui se réduit à une peau de chagrin... J'en suis arrivée au point de ne plus savoir ce que je pensais sur telle ou telle chose et d'avoir encore moins l'envie de l'exprimer...
Comment faites-vous pour garder un équilibre dans votre
couple malgré ce rapport de force ?
On ne peut garder l'équilibre... Avec le temps... Ou il y a rébellion , ou l'on accepte de mourir ou le couple se délite... Personnellement, après une dépression de plus de 2 ans, j'ai décidé enfin "d'exister"... Ce fut dur au début, très dur... Il m'a fallu un courage gigantesque pour tenir bon malgré les quolibets, les rires. Petit à petit, je me suis exprimée et dans la foulée... J'ai balayé en grand, y compris ce qui m'était favorable. J'ai créé un tel déséquilibre qu'il nous a fallu à tous les deux "jouer les funambules" dans cette remise en question. Notre chance : un amour profond et sincère qui valait le coup, je pense. Depuis, bien ancrée sur mon socle, je me sens en sécurité, je n'hésite plus à donner mon avis, je sais aussi rompre une discussion houleuse sans me sentir personnellement agressée. J'ai découvert ce que je suis capable de faire seule et je le cultive. Je suis attentive aussi à l'autre mais les limites aujourd'hui sont clairement définies. Et s'il arrive à mon mari de les dépasser... Je ne laisse pas passer. Je dis calmement "cette attitude-là, je ne l'accepte pas". Bilan : notre couple se reconstruit avec nos différences et un profond respect l'un de l'autre. Il m'arrive encore de me sentir étonnée quand les excuses arrivent tout de suite, quand il dérape. La contrepartie de ma part : ne pas tout attendre de lui, y compris le basique des choses : comme commander le fuel, prendre rendez-vous avec le garage, demander des devis de travaux et les commenter, définir notre budget et nos choix de vacances... Cela vaut vraiment le coup mais si l'amour n'avait pas été là... Aucun doute, je serais partie malgré mes peurs de l'abandon. Il en allait de ma sécurité psychique.
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Patricia
Je pleure en lisant ce témoignage. Je suis dans cette situation, je ne sais pas comment m'en sortir. J'ai l'impression de devenir folle par moment. J'ai fait mes valises trois fois je suis revenue.
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