Pendant des semaines ou même des mois, il vous a rabaissée, humiliée, culpabilisée, exigeant toujours plus de vous sans pour autant s'amadouer. On vous a harcelée moralement jusqu'à l'épuisement ? Dites-nous comment vous vous en êtes sortie.
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Folie ordinaire
Helene
le 14 décembre 2009
Dans quel cadre (professionnel, personnel) ce
harcèlement a-t-il eu lieu ? De la part de qui et pendant combien de temps
cela a-t-il duré ?
Harcèlement moral dans le cadre familial de la part mon ex mari, 1ère alerte très tôt, une semaine après le mariage, puis crises intermittentes quand il a su que j'étais enceinte. Ensuite, de plus en plus souvent jusqu'au clash final, pendant presque 30 ans.En quoi ce harcèlement consistait-il ? Quel
était alors l’état de votre moral ?
Ce harcèlement consistait en une perpétuelle insatisfaction. Quoique je fasse, quoique je dise, ce n'était pas bien, il aurait fallu lui décrocher la lune, ce que j'étais prête à faire pour harmoniser les relations familiales, je ne comptais plus, j'ai décidé consciemment de tout supporter pour ne pas devoir mettre en place une garde alternée, pas question de ne pas être là pour essuyer les reproches de monsieur à la place des enfants, rôle de tampon, je rétablissais du mieux que je pouvais les dégats qu'il occasionait. Bien sûr, dénigrement sans que je le sache, isolement total, rupture avec ma famille, et mise en place d'un piège pour que je me supprime, faisant douter de ma santé mentale, déplaçant des objets et m'accusant de l'avoir fait. Ma fille venait me dire, j'ai vu papa le faire, ce n'est pas toi, ce soutien m'a permis de ne pas sombrer dans la folie que j'ai croisée. Evidemment spoliation de mes biens, et violence physique.A quel moment avez-vous décidé de mettre un terme à
ce harcèlement et comment avez-vous procédé ?
Quand le déni de mon existence a été si énorme qu'il n'hésitait pas à disparaitre des semaines entières, dans sa famille avec une maitresse, me laissant sans ressources, revenant comme si de rien n'était, et disant, je ne comprends pas ce qu'elle a, elle raconte n'importe quoi, je ne pars pas ! Le mépris qu'il affichait envers moi par cette attitude m'a été insupportable, j'ai enfin compris qu'à force d'amour et de patience, je ne le guérirai pas de ses démons, j'ai dit stop. J'ai demandé le divorce,.Aujourd’hui, comment vous sentez-vous ?
Diriez-vous que vous en êtes sortie renforcée ou au contraire fragilisée ?
Je suis contente à l'idée de ne plus le revoir, ne plus avoir une peur panique de lui divorce en cours, qu'il fait trainer. Très dur de sortir de la dépression, de remonter la pente après avoir été considérée comme une erreur à gommer pendant des années. Pschycothérapie, car pas à l'abri d envies suicidaires, même 5 ans plus tard, et difficulté a dormir sans se réveiller en hurlant. Même si la journée, on gère, la nuit, l'inconscient vient rappeler ce que j'ai vécu. Je pense que j'ai vécu avec un malade mental, je n'avais pas mesuré la gravité, je ne savais pas que ça existait ce genre de pathologie, je me croyais la seule victime. J'ai 60 ans.
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Nathalie
C'est drôle: quand j'ai lu ton témoignage, je me suis dis que c'est moi et mon ex-mari que tu décrivais. Moi aussi je m'en suis sortie il y a 5 ans. Ça a été une lente remontée des enfers. J'ai 44 ans et j'ai été avec lui pendant 5 ans avant ma tentative de suicide qui a été la cassure pour moi et qui a fait que j'ai pu m'en sortir. Il a aujourd'hui 62 ans, psychologue respecté de profession, et a été marié 3 fois, mais a aussi eu de très nombreuses liaisons plus ou moins longues et plus ou moins concomitantes avec des femmes très jeunes. Bilan 5 ans après: je crois que je vois les choses plus clairement. J'ai aimé en fait un être qui n'existe pas. Un démon qui se donne une apparence humaine de temps à autre pour détruire les personnes bonnes et aimantes, détruire le bien, la joie, la bonté et le bonheur chez les femmes généreuses et confiantes qu'il rencontre. Et ça a presque réussi avec moi.
Je m'en suis sortie, mais je garde à jamais une marque sur mon corps et la mémoire de ces moments les plus noirs de ma vie. Le plus dur a été après quand tout le monde croyait que j'étais folle, car c'est ce qu'il avait dit partout. Et on le croyait, vous pensez bien, un psychologue, et vraiment charmant avec ça ! Le pauvre homme... Maintenant, il s'est retiré dans son nouvel antre en Italie, où en apparence il passe une retraite tranquille, et a mon avis aussi, d'où il répand sa mauvaise influence dans un lieu où personne ne le connaît vraiment (il est né là, mais a vécu en France toute sa vie d'adulte) et où son charme peut agir pleinement sans la menace du passé. Là, dans ce petit village italien du Piémont, il peut continuer son action destructive sur la gent féminine sans être inquiété des rumeurs qui courent maintenant à son sujet dans notre petite communauté, quand j'ai eu la force de parler et que j'ai reçu des témoignages d'autres femmes qu'il avait abusées et détruites. Il a pris sa retraite et a fui au Piemont il y a 3 ans de peur d'être attaqué en justice par certaines de ces femmes étaient clientes dans son cabinet de consultation et avec qui il avait eu une liaison pendant leur traitement. Quand j'ai commencé a parler, elles aussi. Là, c'est lui qui a pris peur.
C'est effrayant de vivre à côté de quelqu'un manipulé à ce point par les forces du mal. Au début on n'y croit pas. On doute même de soi, de son propre jugement. Même à la fin, on espère que ce n'est pas vrai, que c'est nous qui voyons les choses de travers. Même après, le doute est encore là. Le doute, c'est son jeu... Plus on doute, plus il gagne. Mais ça, je ne l'ai perçu qu'après. Ce n'est que maintenant, 5 ans après, que je le vois tel qu'il est. Non pas comme un homme, mais comme un démon déguisé en homme. Mis sur terre pour détruire la joie et le bonheur ou pour rendre fou jusqu'au suicide. C'est ce qui a failli m'arriver. Sa toute première et jeune épouse (il avait 23 ans a l'époque) est décédée dans un hôpital psychiatrique (suicide elle aussi). Sa seconde épouse est une épave alcoolisée. Quand à certaines de ses clientes, les pauvres, certaines déjà fragilisées, elles ne s'en sont jamais remises et continuent à vivre avec le doute et la dose de culpabilité qu'il a su leur injecter pour leur éviter de parler. C'est en fait la peur qui m'a permis d'ouvrir les yeux après ma tentative de suicide, quand j'ai été en soutien psychologique par un psychiatre qui ne connaissait pas mon mari et qui n'a pas voulu le rencontrer (ce malgré les tentatives et les pressions répétitives de mon ex). Je me suis rendu compte que ce n'est pas normal d'avoir peur de son mari, de ce qu'il va dire, faire... D'être toujours sur ses gardes. Pendant mon séjour a l'hôpital, avec l'aide de ce psychiatre merveilleux, j'ai pu voir que j'étais plus une victime qu'une malade mentale. Quand je suis sortie, j'ai acheté un billet d'avion avec l'argent qui restait sur mon compte personnel, pour un séjour de trois mois aux Baléares avec ma mère que je n'avais plus vue à cause de lui depuis 3 ans. Je suis partie en le prévenant par mail et mais sans lui dire où j'allais. Ce séjour loin de lui m'a fait un bien fou et m'a permis de prendre le recul nécessaire pour prendre la décision d'un divorce. Quand je suis rentrée, il m'a évidemment menacée. Pendant mon séjour à Minorque, il avait commencé une procédure pour que je sois mise sous tutelle (et ce donc pour aussi avoir le droit sur mon argent et mes biens), ratifiée par un de ses amis, médecin que je connaissais mais qui ne m'avait jamais eu en consultation. Forte de mon séjour loin de lui, j'ai trouvé la force pour me battre, avec témoignage à l'appui de ma mère, de mon médecin, de mon psychiatre hospitalier et d'un autre psychiatre appointé par le juge. J'ai gagné et plus tard j'ai obtenu mon divorce. C'est là que j'ai commencé a voir le bout du tunnel. Surtout quand il a déménagé à l'étranger immédiatement après le divorce àa cause des rumeurs qui commençaient à se répandre dans notre petite ville. Aujourd'hui 5 ans après, je suis, sinon pratiquante, du moins chrétienne de coeur. J'ai fait un choix de vie après ma séparation d'avec mon ex. : au lieu de me lamenter sur la tornade qu'il a fait passer dans ma vie, j'ai choisi d'agir pour que le mal qu'il a fait peser sur moi se reverse dans un torrent positif et pour que mon expérience ne reste pas infructueuse. Non, ma vie n'est pas brisée par ma rencontre avec lui, elle a juste changé de cours: j'essaie d'oeuvrer consciemment vers le bien, la joie, aider les autres, ouvrir ma porte, dialoguer avec des personnes qui me paraissent isolées et malheureuses, ce pour contre-carrer et contre-balancer les forces du mal qui agissent dans notre monde par l'intermédiaire, entre autres, des pervers narcissiques, comme mon ex-mari. Dans un sens je peux dire merci à mon ex, sans lui je ne serais pas consciente des forces malfaisantes qui envahissent de façon anonyme nos sociétés, qui les nécrosent petit à petit par l'intérieur, qui éteignent la joie et l'espoir chez les personnes qu'ils rencontrent et y sèment la peur. Sans lui, je n'aurais sans doute pas fait le choix conscient de vouer ma vie au bien, au bonheur et a l'espoir. Non, il n'a pas gagné
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