Manipulée pendant 26 ans
Viviane
le 29 octobre 2009
Dans quel cadre avez-vous été victime d’un
manipulateur ? A quoi ressemblait votre quotidien ?
J'ai connu mon ex-mari en Belgique (je suis flamande) et je me suis installée en France avec lui. Depuis le début de notre relation j'ai senti que "quelque chose clochait". Il était habité d'une vengeance peu commune envers les gens : il commettait des vols pour les "punir" (il était artisan plombier, donc avait l'occasion d'aller dans les caves et les greniers... ). Il méprisait tout le monde : les clients, les voisins, moi, et pour finir... Nos enfants. C'étaient des "bras cassés", des "bons à rien". Et tout ça c'était de ma faute, j'étais une moins que rien... C'était l'enfer, les enfants et moi avions peur en entendant arriver son fourgon le soir. Il y avait pourtant des moments où il était charmant envers nous, il soufflait continuellement le chaud et le froid : un jour il me disait que j'étais belle et quelque temps après : "tu n'as pas pris du poids, je trouve que tu as de gros genoux"... Il nous déstabilisait tout le temps. Exemple : quand mon fils aîné a obtenu son diplôme d'ingénieur en informatique en étant sorti major de sa promo, il n'a rien trouvé mieux de dire : encore un gratte-papiers de plus ! Mon fils a longtemps été traumatisé par cette attitude, il n'a jamais eu confiance en lui... (comme son frère et sa soeur d'ailleurs). Aujourd'hui, 8 ans après ma séparation avec son père, il commence à se sentir mieux : il est devenu papa d'une petite fille...
Quelles conséquences cette relation a-t-elle eues sur
votre vie ?
Je me sentais complètement vidée d'affection, malgré l'amour de mes trois enfants. Je me sentais nulle et n'avais plus confiance en moi. A un point qu'un jour je n'arrivais plus à poser ma signature sur un document, elle avait disparu, c'était devenu un gribouillis. Sans doute une perte d'identité. Je ne faisais que pleurer, j'étais sous calmants. Mon seul but était de protéger mes enfants, arrondir les angles pour adoucir sa méchanceté envers eux. Je voulais être forte pour eux, mais je me sentais brisée.
Quand et comment avez-vous réalisé que vous étiez
victime de sa manipulation ?
Quelqu'un m'a donné un livre sur le manipulateur pervers narcissique, c'était une révélation, tout correspondait : culpabiliser les autres, reporter sa responsabilité, mettre en doute les compétences et la personnalité de ses proches ; miser sur sa supériorité, se poser en victime, utiliser de son charme pour mieux attaquer ensuite... C'était hallucinant de lire ce qu'on vivait tous les jours avec lui.
Vous en êtes-vous sortie ? Comment ?
J'ai rencontré un autre homme et j'ai tout plaqué : le mari, la maison, l'entreprise dans laquelle je travaillais avec lui pendant 20 ans comme collaboratrice sans salaire... Mais j'ai pris soin d'attendre que les enfants soient grands : 23, 20 et 19, car c'était mon seul but : qu'ils aient fini leurs études. Et je suis très fière d'eux, ils ont une bonne situation tous les trois. Par contre, ils ne veulent plus voir leur père ; pour eux il n'existe plus...
-
Lydia
J'ai perdue ma mère qui s'est suicidée après de longs mois de dépression. Je fus alors une jeune fille affaiblie, vulnérable et sensible. Elle fut ma meilleure amie, ma confidente, mon bonheur, malgré ma relation avec l'homme avec qui j'étais à ce moment, moi 19 ans et lui 22 ans. J'avais vécue auparavant mon 1er amour pendant 2 ans, la rupture fut causée par les familles. Je sentais ma nouvelle relation pas très claire, il m'avoua après 4 mois ensemble, qu'il avait été avec des garçons... Je fus presque dégoutée, mais il me promit alors que ce n'était qu'une expérience de jeunesse et qu'il voulait enfin une vrai famille. J'étais de toute façon pas bien à ce moment, ma maman étant très mal, elle était ma priorité. Ma relation amoureuse continua et maman se suicida. Je fus anéantie... 2 mois après son décès je tombe enceinte malgré les contraceptifs que je prennais. Un petit garçon. Le père était plus avec son meilleur copain qu'avec nous. Il me manquait d'attention et voyait les relations sexuelles différemment que moi. Il fallait le faire quand il voulait même si je ne voulais pas. Il me manquait de respect, me dénigrait des fois devant ses amis, mais je me taisais. Lorsque notre 2ème garçon est née, il me dit qu'il ce serait passé d'un 2ème... Quelques temps après il alla pleurer dans toute la famille que je faisais passer mon 2ème fils avant le 1er, que je le délaisse, qu'il se rend compte que je suis une mère innattentionnée et négligeante. Il disait que je n'allais pas bien psychologiquement parce qu'il m'arrivait de pleurer puisque je n'avais l'occasion de parler à personne pour faire le deuil de maman que je n'avais alors pas encore fait. Il me dit un jour, énervé "Laisse la pourrir maintenant dans son trou bordel de merde ! " J'arrivais pas à aller mieux avec une personne comme ça . Il me disait souvent en rentrant du travail "Un jour tu te pendras comme ta mère dans l'appartement vu l'état dans lequel tu es ! " Un jour il dit a mon fils ainé -"Tu sais maman t'aime pas beaucoup, tu vois elle s'occupe plus de ton petit frère"... Moi qui allaitais mes enfants. Il allait se plaindre chez ses beau frère que j'étais frigide, qu'il en avait marre de vivre comme ça... Il voulait que j'accepte de faire des choses excentriques et je ne pouvais pas, alors il me faisait culpabiliser... Il a même osé me demander si je pouvais aller demander ma part d'héritage chez mon père (quelques mois après le mariage), parce que "c'est quand on est jeune qu'on en a besoin de l'argent et pas quand on est presque crevé"... Même l'appartement était à lui puisque c'était son appartement de fonction... Il m'avait toujours fait ressentir qu'il était plus chez lui que moi chez moi... Un jour, quand mes sentiments pour lui furent plus qu'altérés , je le lui ai dit honnêtement. Je n'en pouvais plus. Il fallait que je sauve l'amour entre moi et mes enfants. Je voulais attendre qu'ils soient plus grands, mais je ne pouvais plus. Je lui dis alors que nous ne pouvons plus rester ensemble mais que nous continuerons à élever nos enfants du mieux. Il me dit alors vouloir me tuer et se suicider avec les enfants... Pendant qu'il a disparu boire un verre je ne sais trop où, je suis partie chez les gendarmes faire une déposition, leur dire qu'il a perdu la tête, je les ai prévenu que je partais avec les enfants chez ma famille. Il a réussi à me prendre les enfants à la non-conciliation au Tribunal en montant tout le monde contre moi, en disant que j'ai des problèmes psychologiques et que je fais souffrir les enfants. Aujourd'hui, mes fils 12 & 9ans et moi-même, nous nous battons toujours encore juridiquement après 5 ans de calvaire, de manipulations et de larmes. Mon aîné déteste son père, son père qui le frappe. Il ne supportait plus l'aîné qui à fini par lui manquer de respect et la déposé chez moi. Son petit frère attend son tour. Le 4 janvier ils sont passés chez le Juge à la Cour d'appel. On prie matin midi et soir un miracle pour être à nouveau réuni. Aujourd'hui ils ont aussi un beau père (mon 1er amour qui m'a retrouvé après 15 ans) et une petite soeur qui a 1 an maintenant. Moi aussi je souhaite faire un livre de ma vie, lorsque notre combat sera fini et en faire profiter mes enfants qui seront malheureusement marqués à vie par un père narcissique, manipulateur, égoïste qui se fait par dessus tout passer pour une victime...
-
Evelyne
Mon mari a réussi d'une part à me faire interner abusivement et d'autre part à manipuler les médecins sans difficulté, en disant même que j'étais violente. Pourtant, il a commis des fautes lourdes. Sous l'emprise de la colère, il a fait hospitaliser 2 fois notre fils (à 8 ans et 11 ans), il a failli faire interner notre fille lorsqu'elle était étudiante à l'université, en 2003. Comme sa tentative a échoué, un mois plus tard, il réussissait à me faire interner par le médecin qui a voulu faire hospitaliser de force notre fille. J'avais mis cette femme médecin au courant de mes démarches et de mon souhait de demander un divorce pour faute. C'est le jour où j'ai déposé mon dossier de demande d'aide juridictionnelle que j'ai été emmenée par trois pompiers sans avoir été examinée par un médecin ! J'ai gagné une première procédure au TGI de Paris, j'en ai introduit d'autres et je vais déposer plainte contre ces médecins. Mais toutes mes démarches relèvent d'un vrai parcours du combattant. Nous, les mères de famille au foyer, sommes les plus vulnérables face à la violence masculine, mais nous ne devons pas baisser les bras face à de tels agissements. J'ai supporté tant de choses. Mes enfants ont tant souffert ! Heureusement, ma fille a réussi à partir pendant deux ans à l'université de Pékin pour effectuer ses recherches en archéologie et elle a appris le mandarin. Même si elle n'a pas trouvé de débouché dans son domaine, elle est revenue heureuse de son séjour en Chine. Depuis 1 an, elle a intégré le secteur bancaire. Mon fils de 19 ans a abandonné des études de droit pour intégrer un autre cursus d'études. Comment tout cela a-t-il été possible ? Lorsque j'ai voulu porter plainte à la gendarmerie de ma commune, les gendarmes ont refusé de prendre mes plaintes en considération, pourtant ils ont convoqué mon mari. Je suppose que celui-ci a pris peur et qu'il a voulu se venger sur nous. Il a toujours nié sa violence, évidemment comme tout manipulateur. Dernièrement, j'ai eu droit à des menaces de mort. Lorsque je lui ai dit que j'allais porter plainte, il a répondu: "C'est ta parole contre la mienne ! " Mon divorce pour faute est engagé, à 59 ans. Tout cela a été possible parce que j'étais une mère au foyer dépendante financièrement et que je vis dans une commune rurale d'Ile-de-France où il était plus facile de nous isoler. Il y a 10 ans, à la suite de violence physique, il avait accepté de se faire suivre par une psychiatre comportementaliste pendant quelques mois. Hélas, sa violence psychologique a redoublé par la suite. Quand il a commencé à apprendre à piloter un avion privé, son état a même empiré parce qu'il se sentait plus fort. Mes internements ont été reconnus abusifs par un jugement du TGI de Paris en 2007. Je pense que je publierai un livre. Mes enfants ont beaucoup souffert de cette situation. Quel gâchis !
-
Aurélie
Ma mère a été manipulée pendant 30 ans par mon père, grand séducteur devant l'éternel, égoïste, aimant le luxe. Il l'a tellement bien diminuée, qu'elle a fini au fur et à mesure des années par croire qu'elle était nulle et qu'elle ne s'en sortirait pas sans lui. Elle a fait des tas de montages financiers pour pouvoir accéder à toutes les nouvelles envies de mon père, puis il y a le sur -endettement, la dépression... Elle s'est suicidée il y a 3 ans. Tous les emprunts étaient à son nom à elle, et donc effacés par son décès, elle l'a sauvé jusqu'au bout, et lui en sort blanc comme neige. Depuis mon père refait la même chose avec une nouvelle victime. Je ne veux plus le voir, il dit à tout le monde que j'ai un problème et que je devrais me faire soigner ! Il l'a dépendu de sa corde et ça ne l'a même pas changé, ma maman est morte pour rien. Pour moi, il est mon géniteur, rien de plus, on ne peut pardonner à un être aussi vil
| |
Les dernières contributions
|
|
| |
En ce moment sur Journal des Femmes Psycho
|
|
163 contributions : 1 ... 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 ... 163
|