Sans être une solitaire dans l'âme, vous avez du mal à nouer des liens avec votre entourage. Dans la cour de récré, vous jouiez souvent toute seule. Aujourd'hui encore, aller vers les autres est difficile. Dites-nous comment vous vivez cette solitude.
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Une enfant solitaire
Danielle
, Lemps
le 20 mars 2009
Avez-vous toujours eu du mal à vous faire des
amis ? Dites-nous comment c’était, à l’école puis dans votre vie sociale
actuelle.
Quand j'étais enfant, j'étais très timide, ce qui s'est transformé aujourd'hui en réserve, et je pense qu'à l'époque, j'ai souffert de cette timidité et que toute ma façon d'être et de vivre aujourd'hui a été "façonnée" par cette timidité. J'étais donc une enfant solitaire, qui aimait lire, plus à l'aise avec 2 ou 3 personnes qu'avec un groupe. D'autre part, je suis l'aînée de 6 enfants dans une famille de niveau moyen. Je n'ai jamais manqué d'amour mais étant l'aînée, je devais également aider maman et me prendre en charge. J'ai donc développé aussi un caractère indépendant, ce que je ne regrette pas aujourd'hui mais étant enfant, c'est vrai que j'aurais aimé pouvoir discuter de mes émotions, de mon ressenti avec mes parents mais on ne montrait et ne montre pas ses sentiments dans ma famille. J'ai eu la chance - car j'estime que cela en est une - de passer mes vacances chez mes grands-parents qui avaient une ferme et où j'ai développé mon côté sauvageonne, je passais beaucoup de temps à vadrouiller dans les champs, forêts, au milieu d'animaux et n'éprouvais pas le besoin d'avoir beaucoup de contacts humains. Ce qui ne veut pas dire que je ne voyais pas d'autres enfants ou personnes mais je pense que je n'ai pas souffert d'un manque de contact humain. Mon grand-père m'a appris l'amour de la nature et le respect des valeurs telles que la politesse, dire bonjour, ne pas jeter le pain : on ne plaisantait pas avec tout cela et je lui dis un grand merci pour cet apprentissage que l'on a malheureusement oublié aujourd'hui ! Pourtant, j'aurais bien aimé avoir un grand-frère - mais surtout pas de grande sœur - pour échanger mes idées, demander son opinion... Aujourd'hui, je suis toujours une solitaire et indépendante. J'ai quelques amis sur qui je peux compter et suis très heureuse ainsi.
Quels problèmes cela vous pose-t-il au
quotidien ? Comment vivez-vous cette situation ?
Cela ne me pose pas vraiment de problèmes si ce n'est le regard de la société sur les personnes "hors normes" car je me considère comme quelqu'un d'atypique, pas sciemment, ce que je veux dire c'est que je ne fais pas exprès de me comporter de façon différente mais comme Viviane de Paris, je trouve bizarre d'entendre les filles se raconter leurs histoires intimes, cela m'est aussi impossible et je trouve cela superficiel. D'ailleurs, je ne m'entends pas vraiment avec les filles que je trouve mesquines, hypocrites. Les rapports ne sont pas sains. Par expérience dans le milieu professionnel, quand quelque chose ne va pas, elles ne vous le disent pas en face mais derrière votre dos et je trouve cela horrible. Et je suis pourtant une fille ! Il me semble qu'avec les garçons, cela "pète un bon coup" vulgairement parlant, et le problème est réglé ! J'ai toujours préféré la compagnie des garçons parce qu'ils ne font pas de chichis, ne se plaignent pas continuellement. J'ai souvent fait des randonnées avec 2 amis (masculins) et j'ai vraiment de bons souvenirs de bonnes rigolades. C'est vrai que je suis partie avec eux dans des endroits difficiles et c'était dur quelquefois mais je "serrais les fesses", je ne crois pas qu'avec des filles, j'aurais les mêmes souvenirs. Je mélange un peut tout mais pour en revenir au problème que je rencontre par rapport au regard que porte la société sur les gens solitaires donc atypiques : c'est vrai qu'il est de bon ton de nos jours de faire partie d'un réseau, mot que je trouve bien pompeux au risque d'être écarté de la société et on a malheureusement besoin d'adhérer un minimum à cette société - pour le travail par ex- mais tout cela mais extrêmement difficile car je suis quelqu'un de trop sensible, une écorchée vive et je pense que je fais trop attention au regard et paroles des autres sur moi. Je devrais en faire abstraction. Je connais la théorie mais entre la théorie et la mise en pratique, il y a un océan... Que je n'arrive pas à franchir.
A votre avis, quelles sont les raisons de cette
difficulté à créer des liens ?
Ma réserve naturelle que je ne combats pas de toutes façons. Je ne suis pas du genre à taper dans le dos d'une personne à la première rencontre, ni de la tutoyer d'ailleurs. Il est bien connu que si vous n'allez pas à la rencontre des gens, ceux-ci ne viennent pas à vous mais cela ne me manque pas car je pense aussi que les rapports avec les gens sont très et trop superficiels, j'ai souvent l'impression de ne pas être écoutée, entendue oui, mais pas écoutée et aidée profondément. Car il y a aussi un autre paradoxe : on dit souvent qu'il faut parler avec les gens, que cela aide à voir plus clair, qu'il ne faut pas rester seul dans son coin, mais comme je l'ai écrit, souvent les gens n'écoutent pas ce que vous dites et puis de toutes façons, on est toujours seul dans la vie, personne ne peut prendre les décisions à votre place, il y a également chez moi une certaine pudeur à parler de moi, de ce que je fais car je me trouve quelqu'un d'assez banal et j'ai toujours peur d'ennuyer les gens.
Avez-vous tenté de remédier à ce problème ?
Comment ?
Non, je ne cherche pas à y remédier, toujours comme Viviane de Paris, je préfère le contact de la nature et animaux au contact humains qui me semblent moins superficiels.
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Amine
Salut Danielle,
je suis totalement en accord avec tes propos, car je ressens la même chose et cela me rassure que quelques personnes distinguées ont vécu cette solitude "naturelle" qui les place dans des conditions difficiles dans la société actuelle. Si on a réussi à s'en sortir jusqu'à aujourd'hui, c'est grâce a une certaine force de caractère. Les raisons de ma solitudes sont diverses et hors normes.. Comme toi, j'ai été élevé dans une famille où on n'exprime pas ses sentiments, on ne s'est jamais échangé des mots doux et réconfortants entre frères. Mais ceci n'est qu'une petite parcelle d'une vaste région pleine d'obstacles insurmontables pour qui que ce soit. Pour moi, il y a eu des evennements non naturels qui me hantent et me hanteront jusqu'à la fin. Aucune aide ne sera possible, sauf si c'est Dieu... J'ai des amis dans ma vie, même beaucoup, mais cela n'y changeras rien. Je suis devenu ce que la vie a voulu faire de moi, non ce que j'aurais souhaité devenir. Sinon je vous suhaite le bonheur, malgré toutes ces souffrances que l'on vit tous (certains plus que d'autres) au quotidien.
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Christine
Bonjour Danielle je me retrouve dans ce que tu as écrit ! Seulement, j'en souffre, j'aimerai avoir un petit cercle d'amis mais voilà... Je suis assez sympa avec les autres et il est vrai que j'ai beaucoup de mal à faire confiance, mais je me suis aussi rendu compte que les gens ne savent pas écouter. Ils préfèrent être écoutés surtout quand ils ont un soucis, et le lendemain redeviennent très superficiels ! Enfin bon... Bonne journée Christine
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