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Pendant des semaines ou même des mois, il vous a rabaissée, humiliée, culpabilisée, exigeant toujours plus de vous sans pour autant s'amadouer. On vous a harcelée moralement jusqu'à l'épuisement ? Dites-nous comment vous vous en êtes sortie.

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Harcèlement moral au travail,  ne vous laissez plus faire!

 Harcèlement moral au travail, ne vous laissez plus faire!  

Nadine , Pau le 27 octobre 2008

Dans quel cadre (professionnel, personnel) ce harcèlement a-t-il eu lieu ? De la part de qui et pendant combien de temps cela a-t-il duré ?

J'ai subi du harcèlement moral sur mon lieu de travail de la part de mon responsable avec qui j'entretenais de bons rapports jusqu'au jour ou j'ai vraiment ouvert les yeux sur sa vraie personnalité...

En quoi ce harcèlement consistait-il ? Quel était alors l’état de votre moral ?

Il a "essayé" de me changer de poste de travail sans mon accord. Devant mon refus, il m'a menaçée de me mener une vie "d'enfer", il a "obligé" une collègue de travail (qui était mon amie) à ne plus me fréquenter, des insultes sans témoins, des insinuations en public sur ma vie privée... Mon moral était au plus bas jusqu'au jour où j'ai eu un accident de voiture en sortant du travail (je pleurais en conduisant). Ma voiture fichue, assurée au tiers, en tort donc aucun remboursement de l'assurance et toujours un crédit à payer...

A quel moment avez-vous décidé de mettre un terme à ce harcèlement et comment avez-vous procédé ?

Le jour de l'accident a été pour moi un vrai déclic! J'ai décidé de ne plus me laisser rabaisser, humilier, contrarier par un individu qui ne mérite plus mon respect, ni ma considération (d'autant plus que je l'ai vu détruire une autre collègue). J'ai fait un courrier à son responsable en lui relatant les faits et lui demandant de faire cesser ce comportement. J'ai aussi mentionné que j'envoyais une copie à l'inspection du travail (qui a pris contact avec moi) ainsi qu'à la médecine du travail. Son responsable n'a rien fait, mais je pense que le fait de parler de l'inspection du travail et de lui tenir tête a calmé cette personne. Il m'a récemment proposé une rupture conventionnelle de mon contrat de travail que j'ai refusée. Il n'a pas eu d'autre choix que de se diriger vers un licenciement économique puisqu'il supprime mon poste! Cette procédure est en cour...

Aujourd’hui, comment vous sentez-vous ? Diriez-vous que vous en êtes sortie renforcée ou au contraire fragilisée ?

Aujourd'hui je me sens très bien dans ma peau même s'il me reste un peu de temps à travailler dans cette entreprise. J'ai des projets professionnels et je partirai la tête haute, avec la "certitude" que ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort.
  • Jos

    Chère Didine,
    Le management durable n'est pas à l'ordre du jour malheureusement. Il faut être forte et prendre de multiples précautions. Chaque fois que j'envoyais un mail à mon directeur, j'envoyais ce même mail au client pour attester que le travail était bien fait. Chaque fois que je posais une question sur le déroulé d'une opération, je le faisais de chez le client avec le haut parleur. C'est à ce moment là qu'il m'a dit qu'il gérait, de ne pas m'en occuper, résultat perte de chiffre d'affaire. Il est allé ensuite offrir au client des passages gratuits à cause de la faute que j'avais soi-disant commise. Le client savait très bien que le directeur avait mal géré mais bon, quelques cadeaux, c'est toujours bon à prendre.
    Vu les mensonges éhontés que ma direction a produit, je souhaite que le juge départiteur soit vigilant.
    Soyez prudente et éclairée, vous pouvez bénéficiez d'aide au sein d'un syndicat
  • Jos

    Il est très difficile de prouver un harcèlement moral.
    J'ai obtenu de 2 de mes collègues une attestation faisant part des vociférations de mon supérieur à mon encontre. Une cliente avait heureusement entendu mon chef me menacer et m'a fait une attestation. Quelques clients aussi que s'il y avait dysfonctionnement au sein de l'entreprise, ce n'était certainement pas de mon fait. La partie adverse lors de la cession de départage a produit des attestations de l'attachée de direction qui disait que le jour où cette cliente avait entendu cette menace, elle n'avait pas quitté son poste à l'accueil donc elle aurait dû la voir, oui, c'était bien le 3 septembre mais pas de l'année 2008 mais de l'année 2007. Bref, c'est un faux témoignage sous pression certainement mais mon avocat ne l'a pas relevé.
    L'autre témoignage produit est celui du rédacteur en chef qui a intégré la maison mère.
    A part cela, mon avocat a bien fait voir qu'il y a eu une escalade dans le harcèlement.
    Toutefois il a oublié de s'appuyer sur les chiffres. En temps qu'attachée commerciale, j'avais à faire la 1ère année de la création de cette nouvelle entité : 40% de 150 000 € soit 60 000 € au prorata des mois travaillés.
    2ème année, 60 % de 170 000 € soit 102 000 € élargissement du secteur mais moins qu'il aurait du d'après l'avenant précédent. 3ème année
    80 % de 225 000 € au prorata des mois travaillés mais restriction drastique du portefeuille client et du territoire de prospection.
    C'est une autre forme de harcèlement.
    Après mon arrêt de travail du 5/01/08 au 22/08/08, dépression, puis opération des canaux carpiens, j'ai repris mon travail le 25 août, j'ai été forcée de prendre mes congés. Je reçois peu après une lettre rar pendant mes congés me convoquant pour sanctions disciplinaire en vue de mon licenciement pour le 9 septembre, jour de ma rentrée. Suite à cet entretien, je suis renvoyée chez moi, ce n'est pas une mise à pied, c'est juste une privation de travail.
    Le 21 octobre, je reçois une autre lettre rar me demandant de revenir au bureau, Là, je suis privée de la voiture de fonction, j'ai mes objectifs à plus de 70 % de progression, je dois faire des reportings inutiles ( 2 mails, une télécopie ). J'ai surtout mon territoire de prospection et mon portefeuille client réduit à peau de chagrin (un quartier et une trentaine de clients).
    Malgré ces agissements fondés, ma hiérarchie ayant les bras longs, j'ai pu m'en apercevoir : je suis restée pratiquement sans argent en juillet et août car pendant la subrogation employeur, il y a eu un indu, j'en ai pas vu la couleur. Je n'ai pu toucher mes indemnités journalières qu'en septembre. Devant ces difficultés financières, ma banque qui est aussi la banque de mon employeur a dénoncé la convention qui nous liait en octobre et a clôturé mon compte alors que j'avais contracté un crédit immobilier auprès d'eux. L'assurance maladie me demande de lui reverser le trop perçu que je n'ai pas reçu.
    Je sais que ma direction a des accointances avec une cellule maçonnique, j'ose espérer que mon avocat soit hors cette problématique et que surtout la justice puisse faire la lumière bien que la partie adverse a pris un malin plaisir à falsifier les dates : septembre au lieu de novembre 2006
    Attestation de 2008 alors que je n'étais pas au travail (congé forcé). Pourtant tous les aspects du harcèlement sont là :
    -Refus de communication : je demandais pour un client des emplacements à réserver. On ne me répondait pas à plusieurs reprises.
    -Consignes contratictoires: envoi de fiche erronée, proposition à un prospect d'un emplacement en une qui n'était plus à vendre. Envoi d'une autre fiche ;
    Fiches techniques support papier et internet remises mais à plus tard alors que j'attendais le feu vert de la direction pour conclure.
    -Privation de travail du 26 août au 22 octobre 2008
    - mise au placard tâches dépourvues de sens : sur 440 fiches faîtes, 5 pourraient amener un résultat.
    Critique incessante sur mon refus du lien de subordination et sur mon insuffisance professionnelle.
    Je suis dans cette fonction depuis plus de 10 ans. Entre 2006 et 2007, j'ai obtenu 47 % de progression avec 111 clients. La personne qui m'a remplaçée a été embauchée en CDI, est retombée à une quarantaine de clients.
    Brimades : "je vous interdis d'aller voir ces clients, rendez-moi le dossier, je vais vous en coller une (3 fois).Vous me prenez pour un con..."
    Ma direction connaissait parfaitement le personnage haut en couleur car quand il a pris ce poste suite à la retraite de l'ancien directeur, il y avait un film à gros budget publicitaire (King Kong). Libération avait titré sa une avec une photo d'un orang outang et le titre Putain Gong. Ce directeur ponctuait toutes ses phrases par ces vocables. Peu après, il a mis au placard son identité linguistique mais pas sa férocité. De septembre 2005 à décembre 2008 sur 11 personnes sous ses ordres :
    - 4 licenciements
    -3 démissions
    -1 transfert
    C'est assez significatif.
    De plus dans cette nouvelle entité
    Création 2006, photo
    Voeux 2008 photo, il n'y a que deux personnes qui sont là depuis le début
    - 2 licenciements
    - 4 démissions
    - 1 transfert.
    Je regrette que mon avocat ne se soit pas servi de tout cela en plus des éléments irréfutables qu'il a apportés car la partie adverse a comme arme le mensonge et des attestations complaisantes.
    Le résultat est navrant pour la pérennité de l'entreprise :
    2006 déficit d'environ 212 000 €
    2007 déficit d'environ 199 000 €
    2008 déficit de plus de 320 000 €. (je n'ai pratiquement pas travaillée 20 jours).
    Et la direction a osé me licencier pour insuffisance professionnelle.
    A cela, il faut ajouter que j'ai perdu de nombreux contrats en 2007 à cause de rédactionnels malheureux ou de mauvaises transmissions, environ 13000 €. La haine qu'un directeur peut vous porter peut non seulement vous briser (j'avais 56 ans en 2007) mais être néfaste à la progression de l'entreprise. Par ces agissements, il a mis en péril cette jeune entreprise. Je regrette aussi que les supérieurs hiérarchiques de la maison mère et de cette jeune entité n'aient pas voulu m'écouter.
    Je n'ai qu'un seul regret, j'aurais dû essayer de mettre fin à ces agissements plus tôt. Ma première lettre rar reçue était du 10 septembre 2007 pour être allée hors ma territorialité pour 2 clients promoteurs ; C'était un avertissement.
    Ces 2 clients là étaient mes clients depuis 2006. Il est vrai qu'en 2006, ils avaient conclu environ 5000 €, en 2007 20 000€. Quand on sait que le directeur prend dans son contrat de régie 25 % quand il fait venir de la maison mère les contrats. On comprend qu'il ait revendiqué ces contrats.
    Ma feuille d'attestation assedic est erronée aussi je n'ai qu'une indemnité assedic qui frôle le seuil de pauvreté. Ils m'ont marqué en heures travaillées payées alors que c'étaient des heures payées mais non travaillées. Je voulais que la direction revienne à l'année 2007, année où j'avais travaillé normalement si on peut dire. Mon avocat a oublié d'en faire part.
    Autant dire que je me suis fait voler en 2006 de plus de 1500 € de dépassement d'objectifs, en 2007, ma feuille de paie du mois de décembre ne comporte pas les 30 % d'abattement ; J'ai payé des charges sociales sur mon avantage en nature (voiture)
    A la soustraction Net imposable - avantage en nature = le net à payer... Erreur d'environ 200 € ; Bref en tout j'ai perdu 600 € environ.
    En 2008, c'est encore plus épique, perte de plus de 1800€.
    Tout ça, mon avocat ne l'a pas dit, il est vrai que le dossier était épineux. Je souhaite que le juge soit consciencieux et aime les chiffres.
    Je ne voudrais pas avoir d'échardes...
    Encore heureux que je sois solide, je dois ajouter que je suis veuve et que j'ai une fille étudiante. Je ne dors pas sereinement toute les nuits.
  • Didine

    Moi aussi j'en suis victime, pratiquement plus de travail, le déni total, pas d'information sur mes dossiers ou les évolutions en cours.
    Plusieurs collègues ont démissionnés suite aux conditions de travail (il nous monte les unes contre les autres). Du coup il faut toujours s'adapter aux nouveaux collègues qui sont en plus des chouchous et racontent tout.
    J'ai vu des collègues mis au placard puis licenciés pour des fautes non commises ou même licenciés ou pousser à la démission.
    Ils font tout pour obtenir ma démission mais c'est trop facile et je ne les laisserai pas me démolir comme j'ai pu voir à travers mes anciens collègues.
    Mon médecin est au courant et me trouve plus forte qu'il y a quelques années.
    Hélas la conjoncture actuelle ne m'offre pas de sortie mais j'aimerai tant une bouée de sauvetage car j'en peux plus de cette ambiance de suspicion et des dirigeants qui nous parlent comme des chiens et encore...
    Un salaire de misère, tout cela pour nous "briser" professionnellement, socialement et psychologiquement.
    Je ne sais plus quoi faire.
    J'aimerais tant me reconvertir vers le milieu social mais je ne sais comment faire pour suivre financièrement.
    Merci pour votre aide.
    Didine
  • Laurent

    Bonjour Nadine,
    Comme vous, j'ai vécu l'enfer du harcèlement, comme cadre supérieur dans une entreprise notoirement connue à Pau.
    C'est un accident dont j'ai été victime sur le lieu de travail qui a suscité mon "réveil" et m'a permis de quitter cette entreprise malsaine.
    J'ai refusé l'aumône que l'on me proposait pour quitter les lieux sans résistance, et j'ai assigné cet employeur devant la justice (le harcèlement moral est aujourd'hui considéré comme un délit lorsque ses conséquences sont l'atteinte physique ou psychique du salarié).
    J'exerce aujourd'hui comme psychanalyste et médiateur à Pau.
    Si vous souhaitez obtenir une juste réparation du préjudice moral que vous avez subi, je vous invite à me contacter sur "sosmediation@neuf.fr". Ou tél. : 06 25 80 62 87. Bon courage, à bientôt. Laurent
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