Ménages, courses, argent, loisirs… Vivre à deux implique de faire quelques concessions. Et vous comment vivez-vous au quotidien les petits tracas de la vie conjugale ? Etes-vous parvenue à trouver des compromis avec votre partenaire ? Témoignez !
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Exploitation d'une femme par son mari
Edith
, Villeneuve D'Ascq
le 22 janvier 2008
Quelles concessions avez-vous dû faire dans votre vie conjugale ?
Au début, j'ai abandonné tout ce que j'aimais pour lui être agréable : mes amies, mes activités sociales (chant, poterie, marche). Je me disais : ce n'est pas grave, nous nous aimons, autant passer le plus de temps possible ensemble. Puis, petit à petit, en fait, je me suis laissée, par soumission, pour éviter les conflits, complètement cloîtrer à la maison. J'appelais cela : ma cage dorée. Lui, par contre, rentrait de plus en plus tard, pour le "travail". J'ai appris plus tard qu'en fait, il était tous les soirs au café, au restaurant, en boîte, avec ses copains et il y dépensait l'argent du ménage. Ayant eu un père sobre et économe, venant d'une famille droite, je n'imaginais pas que l'on puisse mentir à la personne qu'on "aime". Je lui laissais faire les comptes et j'avais toute confiance. Pendant ce temps, j'ai fait trois enfants, lu tout Françoise Dolto, Bruno Bettelheim, des tas d'ouvrages sur les plantes, les poissons, la psychologie, la santé,... Bref, je continuais à m'instruire tout en éduquant mes enfants. Un jour, je suis arrivée exceptionnellement en "retard" car, après la sieste, je suis allée en ville en autobus avec poussette et enfants pour chercher une montre pour son anniversaire. Il n'a pas supporté de ne pas me trouver à la maison et m'a fait une telle scène sans me laisser expliquer que j'ai fini par lui glisser :"Ton cadeau d'anniversaire ! Hop ! Poubelle ! " Et je l'ai jeté au vide ordure. Là, il s'est précipité au sous-sol pour chercher dans les grandes poubelles de l'immeuble. Et moi, je riais sous cape car j'avais coincé la boîte en travers pour qu'elle ne puisse pas descendre dans le conduit. J'ai attendu qu'il soit à nouveau respectueux, qu'il s'excuse pour lui offrir. Cette histoire fut salutaire pour moi, car je me suis alors dit :"En voilà assez ! " Et je suis retournée m'inscrire dans une chorale et un groupe de gym. Au bout de sept ans enfermée dans ma maison, loin de ma famille, sans amis, je n'osais plus marcher en public, prendre la parole. Il a fallu que je réapprenne à vivre en société. S'il n'était pas là pour garder les enfants, je prenais une baby-sitter. Il ne voulait pas que je travaille, j'ai retrouvé un emploi sans lui demander son accord. En fait, à partir de cette histoire, je suis redevenue moi-même. La femme qu'il avait connue, entreprenante, pleine d'optimisme et d'idées. Je le mettais devant le fait accompli et il ne râlait pas plus qu'avant. Mais comme c'était un mauvais coucheur, tout en étant content d'avoir plus d'argent à la fin du mois, il me critiquait sans cesse et ne faisait rien à la maison, à part sortir les poubelles et gérer le budget pour que je ne regarde pas ses dépenses (en fait, nous étions toujours dans le rouge et nous avons payé pendant cette vie commune des sommes astronomiques d'agios, il a fait plusieurs emprunts en signant à ma place). Il disait régulièrement : "Tu as voulu des enfants, tu assumes. Tu as voulu retravailler, tu assumes." Alors, j'ai pris une femme de ménage 4 heures par semaine, et là, il s'est senti obligé de ne plus laisser traîner ses chaussettes sales et son linge sale n'importe où. Un jour, il a critiqué la façon dont je repassais son linge alors que je suis une perfectionniste. C'est lui- même qui avait une fois de plus dérangé la pile de chemises repassées ! (Eh oui, en plus, il exigeait que je plie ses chemises et bêtement, j'écoutais) Alors, j'ai fait un rapide calcul et je lui ai annoncé calmement : "Depuis 17 ans que nous sommes ensemble, j'ai repassé pour toi environ 3400 chemises ! Sans compter tout le reste. Et toi, que je sois malade, enceinte, en train d'allaiter la nuit, etc... tu ne m'as jamais repassé un chemisier ni quoi que ce soit. En plus, quoi que je fasses pour toi, tu n'es jamais content. A partir d'aujourd'hui, je ne repasse plus ton linge. Tu sais conduire ta voiture, tu sauras bien conduire le fer à repasser ! " Il ne me croyait pas comme à chacune des manifestations de mon évolution personnelle. Alors, il a mis toutes les chemises repassées, puis les chemisettes, puis les polos (en hiver ! ) Moi, je l'observais en m'amusant pendant qu'il bougonnait. Puis il s'est acheté de nouvelles chemises, puis il s'est mis à repasser enfin. Plus tard, quand les enfants ont grandi, comme je n'avais jamais cessé de m'instruire, j'ai repris mes études, j'ai réussi des concours et je suis maintenant professeur. J'ai quitté cet homme ingrat qui aurait pourtant pu tout obtenir de moi s'il avait été tout simplement un peu gentil. J'ai acheté ma maison et mes trois garçons m'ont suivie tout naturellement. Deux d'entre eux sont mariés et ingénieur et cadre, le dernier finit ses études. Je peux dire que je les ai élevés toute seule car quand leur père rentrait, ils étaient endormis. Il n'a jamais assisté à aucune réunion et quand je l'ai envoyé les chercher à l'école car j'avais un empêchement exceptionnel, il les a oubliés sur le trottoir. Donc je me suis arrangée avec mes voisines ou mes amies.Comment y êtes-vous parvenue ?
Tout naturellement, au début, car je croyais que quand on s'aimait, chacun faisait le maximum pour rendre l'autre heureux, j'ai mis des années à m'apercevoir que la règle du jeu n'était pas la bonne. Elle arrangeait l'un au détriment de l'autre.Qui a été le plus conciliant, vous ou votre conjoint ?
Vous avez compris, je crois, que c'était moi. Mais finalement, je crois que je suis plus heureuse que cet homme égoïste et coléreux.
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