Comprendre les manipulateurs pour les déjouer Proches : être présent sans insister

 

karin viard joue la femme de mathieu amalric, dans l'amour est un crime parfait,
Karin Viard joue la femme de Mathieu Amalric, dans l'Amour est un crime parfait, dans les salles le 15 janvier. © Gaumont Distribution

La situation des proches d'une victime de manipulation est particulièrement délicate. D'un côté, ils voient la personne s'enfoncer, devenir l'ombre d'elle-même, tout en sachant que c'est à cause de cette personne "difficile" dont elle vous décrit les exactions par le menu. De l'autre, elle défend farouchement son bourreau, lui trouvant toutes sortes d'excuses. Et plus les amis ou la famille essaient de lui faire entendre raison, plus elle s'énerve, quitte à leur en vouloir et à se fâcher avec ces proches qui ne lui veulent pourtant que du bien.

"C'est pourquoi il ne faut pas être trop brusque, estime Christel Petitcollin. Sinon, l'intéressé risque de couper tout contact, ne supportant plus d'entendre critiquer son manipulateur. Cela ne sert à rien d'essayer de lui faire entendre raison contre son gré, cela ne fonctionnera pas." Mieux vaut essayer d'aborder les problèmes de façon plus général. Exemple : "Trouves-tu normal qu'un homme fasse ceci à sa femme, qu'une mère exige cela de son enfant..." Peut-être la victime conviendra-t-elle alors que non, dans l'absolu, ce n'est pas normal.

Mots très durs

Parfois, le manipulateur a tant d'emprise que même cette technique ne fonctionnera pas. Tout ce que l'on peut faire alors, en tant que proche, est de continuer à être présent. C'est très important puisque, comme nous l'avons déjà souligné, les manipulateurs ont tendance à isoler leur proie et à faire le vide autour d'elle. "Maintenir la présence par un simple coup de fil peut aider, même si on ne se dit plus que des banalités, puisqu'aucun sujet ne peut être vraiment abordé. Mais appeler une fois par mois, pour prendre des nouvelles, dire qu'on est là et que l'on pourra toujours compter sur nous, c'est déjà beaucoup."

Plus tard, lorsque la personne a réalisé que l'autre n'est qu'un manipulateur, en phase de guérison, c'est l'attitude inverse qu'il convient d'adopter. "On peut alors employer des mots très durs, il ne faut surtout pas édulcorer, détaille la thérapeute. Il faut encourager la victime dans sa démarche de séparation et insister sur le fait que c'est l'autre qui a un problème, pas elle, et qu'elle n'y peut rien. Même le thérapeute doit user de cette technique presque violente."

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