Apprendre à détecter les menteurs Le sens caché des mots

"Les mots que nous choisissons pour nous exprimer dévoilent nos vrais sentiments. Quand nous essayons de donner le change, nous choisissons des mots, des expressions et une syntaxe dont nous pensons qu'ils in­citeront notre interlocuteur à croire à notre message. Pensez par exemple aux différentes manières possibles, verbales et non verbales, de dire oui. La façon dont nous choisissons de nous exprimer indique dans quelle mesure nous croyons ce que nous disons.

Il existe des différences subtiles entre l'apparence d'une vérité et l'apparence d'un mensonge maquillé pour paraître comme une vérité. Les mots dont nous nous servons pour transmettre un message reflètent nos vrais sentiments bien mieux que ce que vous pour­riez croire.

Quand la personne se sert de vos propres termes

Quand vous êtes préoccupé, vous réagissez d'une façon différente aux gestes conventionnels de courtoisie : ne l'avez-vous jamais remarqué ? Le matin, quand vous ar­rivez au travail, vous répondez "Bonjour" si l'on vous a dit "Bonjour", "Salut " si l'on vous a dit "Salut". Vous n'avez pas envie de faire l'effort d'y penser. Nous parlons ici d'un indice que donne une per­sonne qui, lorsqu'elle est mise en cause, n'a pas le temps de penser, si bien que, dans sa crainte, elle reprend les termes utilisés par son

"Garder à l'esprit que la personne coupable veut produire rapi­dement une réponse"

interlocuteur. Prise au dépour­vu, elle se sert des mots de l'autre pour répondre, mais de façon négative. Donner une forme négative à une affirmation positive est le moyen le plus rapide de s'ex­primer. Ainsi, par exemple, une femme en colère de­mande à son mari : "M'as-tu déjà trompée ?" Le mari menteur répond : "Non, je ne t'ai pas déjà trompée." Ici, le menteur met simplement le verbe à la forme né­gative et reprend l'adverbe déjà. Il faut surtout garder à l'esprit que la personne coupable veut produire rapi­dement une réponse. Elle a en effet le sentiment que plus sa réponse arrive avec retard, plus elle donnera à son interlocuteur l'impression qu'elle est coupable. Or, pour un coupable, chaque seconde qui s'écoule semble une éternité.

Plus la personne insiste et plus vous avez de raisons de vous inquiéter

Il a souvent été dit que les personnes auxquelles il est le plus facile de vendre quelque chose sont celles qui écrivent sur leur boîte à lettres PAS DE PUBLICITÉ. Ce sont des personnes qui ont tendance à se laisser embobiner et qui tentent ainsi de dissuader les démar­cheurs d'essayer.

Quelqu'un qui dit la vérité ne craint pas d'être mal compris. Il est toujours disposé à éclaircir son point de vue. Le menteur, lui, veut être sûr que vous com­prenez tout de suite ce qu'il vous raconte, si bien qu'il changera facilement de sujet pour éviter que vous ne lui posiez d'autres questions. Il compense son man­que d'arguments solides par l'utilisation de mots forts. Ainsi, par exemple, quand on lui demande s'il n'a ja­mais triché aux examens durant ses études de droit, Pierre répond : "Bien sûr que non, je n'ai jamais triché. "S'il avait triché et s'il voulait faire croire le contraire, il donnerait probablement une réponse plus définitive, du genre "Non, je ne tricherais jamais à un examen". Certes, quelqu'un qui n'a jamais triché peut aussi faire cette réponse, c'est pourquoi la réponse doit être appréciée dans le contexte de la conversation et des autres indices."

 

*Comment ne plus se faire avoir, David J. Lieberman, Editions Leduc.s - Chapitre 1 : "Les signes qui indiquent que l'on vous ment", p. 32, 33, 34

Sommaire