Apprendre à détecter les menteurs Des accusations trompreuses

"Nous allons maintenant découvrir ce qui se passe dans la tête d'un menteur et quels sont les éléments qui manquent généralement dans un récit qui n'est pas véridique.

Tout n'est que mensonge à ses yeux

La façon dont les gens voient le monde est souvent le reflet de la façon dont ils se voient eux-mêmes. Quand une personne pense que le monde n'est qu'un cloa­que où le mensonge et la tromperie sont généralisés, c'est qu'elle-même, probablement, ne sait que mentir et tromper. Méfiez-vous de ceux qui ne cessent de vous dire que le reste du monde est corrompu. Comme di­sent les enfants, "celui qui dit, c'est celui qui est".

De façon plus précise, si quelqu'un vous accuse sans preuve de mentir, demandez-vous d'où lui vient cette paranoïa. En psychologie, c'est ce que l'on appelle une projection. Le tricheur est le premier à accuser les autres de tricher. Si quelqu'un s'obstine à remettre en question vos motivations ou votre conduite, cela doit vous alerter. Combien de fois arrive-t-il qu'un jeune homme jaloux accuse sans arrêt sa petite amie de lui cacher des choses, jusqu'à ce qu'elle finisse par s'aper­cevoir qu'il est coupable de tout ce qu'il l'a déjà accu­sée de faire ?

"Si une personne vous demande sans arrêt si vous la croyez, soyez sur vos gardes."

De même, si une personne vous demande sans arrêt si vous la croyez, soyez sur vos gardes. De la même ma­nière que le paranoïaque a toujours l'impression que tout le monde peut voir à travers lui, une personne qui ment cherche toujours à se rassurer sur le fait que vous lui faites confiance. Si votre réponse ne lui donne pas d'indication réelle de ce que vous pensez, la personne malhonnête vous dira par exemple : "Tu ne me crois pas, hein ?"

Un principe fiable : les gens qui disent la vérité s'at­tendent généralement à ce qu'on les croie.

Tout a très bien marché !

Dans une histoire qui n'est pas vraie, il manque pres­que toujours un élément : ce qui ne s'est pas bien passé. Des faits fabriqués comportent rarement le moindre détail négatif. Le menteur se soucie de raconter une histoire bien ficelée, et pour l'essentiel, il pense de fa­çon unidimensionnelle. Il va donc généralement s'en tenir à des pensées immédiates, qui seront positives. La négation n'est pas une émotion immédiate. C'est un peu comme si je vous disais "Ne pensez pas à un éléphant " : vous ne pouvez pas ne pas y penser. Pour pouvoir traiter l'information, vous avez d'abord besoin de penser à un éléphant. Demandez à un ami de vous raconter ses dernières vacances. Il évoquera les aspects positifs comme les aspects négatifs : par exemple, les bons restaurants, mais aussi les problèmes d'avion. Ensuite, demandez à quelqu'un d'inventer un séjour qu'il n'a pas fait : vous remarquerez qu'en général, tous les éléments du récit sont positifs. Dans les voyages inventés, les avions partent et arrivent à l'heure et les bagages ne se perdent pas.

Cet indice a cependant un point faible : si la per­sonne invente une histoire pour expliquer les raisons de son retard ou de sa défection, il y aura évidemment des éléments négatifs. L'indice ne sera donc pas exploi­table."

 

*Comment ne plus se faire avoir, David J. Lieberman, Editions Leduc.s - Chapitre 1 : "Les signes qui indiquent que l'on vous ment", p. 45, 46, 49.

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