D'accord, vous avez tendance à monopoliser la conversation. Ou alors c'est tout le temps vous qui faites la vaisselle pendant qu'Arthur est vautré devant la télé. D'ailleurs, c'est toujours lui qui choisit le fameux programme télé mais, en même temps, ça vous est complètement égal... Etes-vous dans un rapport de forces pour autant ? Pas forcément...
Pour Caroline Kruse, thérapeute conjugale, une relation dominant/dominé est souvent plus marquée. "Elle s'organise autour d'une dépendance mutuelle. Evidente dans le cas du dominé sur qui s'exerce l'emprise de son partenaire, elle n'en est pas moins forte chez le dominant, qui dépend tout aussi fortement du pouvoir qu'il exerce sur l'autre. Si cet autre venait à échapper à son contrôle, c'est non seulement la relation qui serait menacée, mais lui-même." L'emprise est donc aussi forte d'un côté que de l'autre, même si, vu de l'extérieur, le dominant peut donner l'impression d'être plus libre. Etre dominant ne signifie pas aimer moins que l'autre, et inversement.
Ceci dit, les apparences sont parfois trompeuses. N'est pas toujours dominant ou dominé celui qu'on croit, explique Caroline Kruse : "Il peut y avoir une forme de prise de pouvoir dans le fait de se montrer toujours coopérant, jamais ouvertement révolté contre le partenaire qui vous assujettit. Se montrer toujours passif, n'être jamais moteur de rien, peut en effet susciter chez l'autres des inquiétudes sur la réalité du pouvoir qu'il exerce." D'ailleurs, ne dit-on pas que l'indifférence est pire que la haine ?