Pas de panique. Ce n'est pas parce que vous vous êtes fourvoyés dans un mode de relation qui ne vous convient plus que tout est bon à jeter à la poubelle. Vous ne vous êtes pas uniquement choisi parce que le côté dominant de l'un résonnait en l'autre et vice versa. Cela fait partie de votre relation, mais ça n'en est probablement pas le fondement. Il y a donc quelque chose à sauver.
Deux conditions sine qua non : prendre conscience de la situation et accepter d'essayer de changer. Cela vaut aussi bien pour le dominant que pour le dominé. "C'est souvent plus difficile pour le premier de se remettre en cause, souligne Caroline Kruse. Parce qu'il a souvent l'impression d'avoir raison, d'être dans son bon droit." Cela peut être le cas de la femme dont le mari a eu une relation extra conjugale par exemple. Elle peut justifier le fait qu'elle renforce encore sa poigne en disant "Oui mais il m'a trompée, c'est normal que je sois plus exigeante".
Le but ultime, c'est de comprendre ce qui s'est mal passé dans l'enfance pour avoir besoin de se situer dans un tel rapport d'interdépendance. Car que l'on soit dominant ou dominé, il s'agit là des deux faces d'un même problème. Chacun des deux représente une part de la même angoisse, généralement la peur de l'abandon. "Cela me semble préférable de régler ce problème plutôt que d'essayer de maintenir ce rapport dominant/dominé équilibré, qui est de toute façon loin d'être idéal", souligne Caroline Kruse. Il faut essayer de construire la relation sur d'autres bases. Le processus est peut-être plus long et plus douloureux, mais il est aussi très certainement plus durable.