Anne-Lise est une jeune retraitée épanouie et sûre d'elle. Mais avant d'en arriver là, elle a longtemps souffert d'une timidité maladive.
"Cela a commencé à l'adolescence, j'éprouvais une vraie terreur au lycée à l'idée de passer au tableau. Cela a continué à l'université, j'avais peu d'amis, je n'osais participer à rien, je ne sortais pas et je n'avais pas de petit copain. Je me rappelle, quand je sortais en ville, il m'arrivait de faire des détours pour éviter de passer devant une terrasse de café.
"Dans la vie, on reçoit tant de coups de pied aux fesses qu'on finit par s'endurcir"
Dans ma vie professionnelle, mes collègues me reprochaient de ne pas prendre la parole en réunion et je passais pour une idiote alors que j'aurais eu des choses intéressantes à dire. J'avais peur de rougir et j'aurais aimé disparaître sous la table.
Mon mariage a été un échec. Comme dit le titre du film, mon ex-mari en avait assez d'avoir "épousé une ombre".
Aujourd'hui, cette timidité n'est plus qu'un (très) mauvais souvenir et je ne souhaite pas à mon pire ennemi d'endurer ces années de terreur, le mot n'est pas trop fort, par rapport au monde qui m'entourait.
Actuellement, plus rien ne me pose problème : prendre la parole en public, m'adresser à une personne importante, aller dans un restaurant huppé... En résumé, faire toutes les choses normales de la vie qui me paraissaient totalement insurmontables quand j'étais jeune.
Malheureusement, j'ai maintenant 63 ans, je suis à la retraite. Mais j'espère quand même qu'il me reste quelques années pour profiter d'une vie sans cette horrible timidité."
Mathilde REGNAULT, Journal des Femmes