Pour bien vivre son célibat et, éventuellement, espérer en sortir, il faut commencer par accepter de se poser et de réfléchir à soi, essayer de comprendre ce qui a conduit dans cette voie.
Attention, il ne s'agit pas de se remettre en question en se disant "J'ai un sale caractère, c'est pour ça" ou "Je suis trop ceci ou pas assez comme cela". Ces remarques péremptoires et définitives sont autant de fausses raisons de se "résigner" et de se donner l'impression qu'on n'a pas le choix.
Or, le choix, on l'a toujours. Ce sur quoi il faut donc se questionner, c'est sur les raisons sous-jacentes qui nous poussent vers le célibat. "Les jeunes femmes qui viennent me voir sont généralement un peu perdues, explique Sophie Cadalen. Elles ne savent pas si elles doivent se plaindre, si leur envie d'être en couple vient ou non de la pression sociale. Elles doivent donc commencer par se demander ce qu'elles veulent vraiment."
Reste ensuite à comprendre pourquoi on reste bloquée à l'étape célibat. Il y a bien sûr autant de raisons que de célibataires, mais si l'on creuse un peu, on trouve des cheminements communs.
"Il n'y a pas de fatalité, même si on a répété le même schéma pendant des années"
Comprendre son célibat, c'est donc avant tout prendre conscience de toutes ces contradictions et arrêter de se dire "ce n'est pas de ma faute". "Il faut réaliser que la démarche n'est pas simple, s'approprier ses propres ambivalences. Les choses s'éclaircissent alors naturellement et cela va généralement beaucoup mieux", explique Sophie Cadalen.
Sur un plan plus pratique, pour faciliter cette démarche, Odile Lamourère a instauré pour ses patientes un "bilan de compétence sentimentale". Elle les aide à se questionner et à faire le point sur ce qui a marché, ou pas. "Je les aide ainsi à voir où elles font des erreurs puis je les suis pour essayer d'avancer vers le chemin qui leur convient. Il n'y a pas de fatalité : même si on a répété le même schéma pendant des années, il est toujours possible d'en sortir, même si cela prend du temps, de l'énergie et que cela nécessite, parfois, une thérapie plus poussée telle qu'une psychanalyse."