Trentenaire et célibataire : pourquoi (pas)? J'accepte de me questionner

Pour bien vivre son célibat et, éventuellement, espérer en sortir, il faut commencer par accepter de se poser et de réfléchir à soi, essayer de comprendre ce qui a conduit dans cette voie.

Attention, il ne s'agit pas de se remettre en question en se disant "J'ai un sale caractère, c'est pour ça" ou "Je suis trop ceci ou pas assez comme cela". Ces remarques péremptoires et définitives sont autant de fausses raisons de se "résigner" et de se donner l'impression qu'on n'a pas le choix.

Or, le choix, on l'a toujours. Ce sur quoi il faut donc se questionner, c'est sur les raisons sous-jacentes qui nous poussent vers le célibat. "Les jeunes femmes qui viennent me voir sont généralement un peu perdues, explique Sophie Cadalen. Elles ne savent pas si elles doivent se plaindre, si leur envie d'être en couple vient ou non de la pression sociale. Elles doivent donc commencer par se demander ce qu'elles veulent vraiment."

Reste ensuite à comprendre pourquoi on reste bloquée à l'étape célibat. Il y a bien sûr autant de raisons que de célibataires, mais si l'on creuse un peu, on trouve des cheminements communs.

Pas de ma faute ?

La raison la plus évidente et la plus simple à envisager : on peut avoir peur, tout simplement, de s'engager dans une relation. Cette peur est rarement consciente et on a l'impression de réellement vouloir s'engager. Mais le fait est qu'on n'y parvient jamais. On choisit des hommes qui ne conviennent pas, on jette son dévolu sur les maris des autres, on passe son temps à se faire quitter par des hommes qui ne souhaitent pas s'engager. Les raisons de ces peurs sont multiples : schéma parental désastreux, manque de confiance en soi, en les hommes...

 

"Il n'y a pas de fatalité, même si on a répété le même schéma pendant des années"

Comprendre son célibat, c'est donc avant tout prendre conscience de toutes ces contradictions et arrêter de se dire "ce n'est pas de ma faute". "Il faut réaliser que la démarche n'est pas simple, s'approprier ses propres ambivalences. Les choses s'éclaircissent alors naturellement et cela va généralement beaucoup mieux", explique Sophie Cadalen.

Sur un plan plus pratique, pour faciliter cette démarche, Odile Lamourère a instauré pour ses patientes un "bilan de compétence sentimentale". Elle les aide à se questionner et à faire le point sur ce qui a marché, ou pas. "Je les aide ainsi à voir où elles font des erreurs puis je les suis pour essayer d'avancer vers le chemin qui leur convient. Il n'y a pas de fatalité : même si on a répété le même schéma pendant des années, il est toujours possible d'en sortir, même si cela prend du temps, de l'énergie et que cela nécessite, parfois, une thérapie plus poussée telle qu'une psychanalyse."

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