Je m'aime telle que je suis ! Je dis au revoir à mon petit juge intérieur

vous vous sentez coupable à l'idée de ce que penserait votre maman si elle vous
Vous vous sentez coupable à l'idée de ce que penserait votre maman si elle vous voyait sortir attifée de la sorte ? © Hemera / Thinkstock

Les vestiges de cette éducation que nous avons reçue se traduisent, explique Pierre Pradervand, par la présence d'un petit juge intérieur, qui nous rappelle à l'ordre quand nous sortons du chemin qu'on a tracé pour nous. Ce petit juge qui sommeille en nous est, d'une certaine façon, notre pire ennemi. "Il est un peu la somme de toutes les autorités morales que nous avons connues dans notre enfance", développe le sociologue. Parents, instituteurs, professeur de catéchisme ou de sport, bref : toutes ces personnes qui nous ont façonnées et nous ont donné une éducation.
Avec tous les aspects positifs qu'il ne faut pas négliger, bien évidemment, mais aussi avec cette arrière-pensée très souvent présente...

 Exemple : "Mais que penserait maman si elle me voyait faire ça ?" (Pendant que vous invectivez le monsieur qui vous a piqué votre place dans le métro). Ou encore "Madame Sosson, mon institutrice de CP, serait déçue si elle m'avait vue en train de me vanter d'avoir décroché la mention très bien à mon Master." Autre version : "Mamie serait horrifiée si elle savait que j'ai envie de travailler comme saltimbanque, après les études que j'ai faites." Ou encore "Je ne devrais pas mettre cette mini-jupe qui ne plairait pas à maman : elle a toujours dit que mes jambes n'étaient pas assez jolies pour ça."

Vous êtes grande !

"Je ne devrais pas mettre cette mini-jupe qui ne plairait pas à maman"

En fait, ces pensées sont rarement aussi précises et ciblées. Vous n'êtes même probablement pas consciente que ce sont les autorités morales de votre enfance qui vous les dictent : vous avez intégré ces pensées comme vôtres, vous en avez fait votre mode de fonctionnement. Ce qui peut potentiellement brider votre élan vers vos vraies aspirations.
Pour commencer à s'aimer vraiment, il faut donc être capable de dire adieu à ce petit juge, rescapé de notre enfance. Attention, il ne s'agit pas de renier tout ce que l'on a appris, juste de faire la part des choses pour prendre nos décisions à nous, et non celles que nos parents auraient voulu nous voir prendre. "C'est ce que j'appelle devenir véritablement adulte, conclut Pierre Pradervand. Le processus est souvent très long et tout le monde n'y parvient pas, loin de là." Patience, réflexion et remise en question devraient vous aider à trouver le chemin qui est le vôtre. 

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