"Fish pedicure", une pratique risquée ?

La " fish pedicure ", une pratique en pleine expansion ne serait pas sans risque pour la santé, d'après l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses). Une réglementation plus rigoureuse s'impose.

"Fish pedicure", une pratique risquée ?
© Maridav - Fotolia.com

La "fish pedicure", aussi rencontrée sous les termes de "fish therapy" ou de "poissons docteurs", consiste à plonger ses pieds dans un bac d'eau contenant des poissons mangeurs de peaux mortes. Très répandue en Asie et au Moyen-Orient, cette pratique serait reconnue pour les effets de bien-être qu'elle procure (massages exfoliants) ainsi que pour ses vertus thérapeutiques (régulation du flux sanguin, traitement de l'eczéma...). Depuis près de 3 ans, des centres esthétiques et de bien-être pratiquant la "fish pedicure" se développent en France. Une expansion actuellement rattrapée par plusieurs agences régionales de santé (ARS) qui s'interrogent sur les éventuels risques sanitaires que cette pratique pourrait faire courir aux usagers. En effet, ces structures ne sont, ni des centres de soin reconnus, ni des piscines, et ne relèvent d'aucune réglementation sanitaire spécifique. Deux facteurs de risques sont ainsi à prendre en compte. D'une part, la qualité et l'hygiène de l'eau des bacs à usage collectif, parfois vecteurs d'une flore microbienne importante. D'autre part, les poissons utilisés (les Garra rufa) qui, selon leur provenance, peuvent être porteurs de micro-organismes, dont certains susceptibles d'être pathogènes pour l'homme. Si aucun cas d'infection n'a été détecté à ce jour, le risque de transmission ne demeure pour autant pas nul. Il existe d'ailleurs une population d'usagers particulièrement sensibles (diabétiques, immunodéprimés ou encore porteurs de lésions cutanées aux pieds) pour qui la "fish pedicure" semble déconseillée. L'Anses estime aujourd'hui "qu'il n'est pas possible de maintenir cette activité en l'état sans un changement profond des pratiques actuelles et un encadrement réglementaire spécifique". 

Source : avis de l'Anses, avril 2013.