Acné : quand l'entourage minimise, les ados trinquent Un entourage qui minimise

non, ça ne 'passera pas tout seul !'
Non, ça ne "passera pas tout seul !" © soupstock - Fotolia.com

"On ne va pas prendre rendez-vous pour ça", "ça guérira tout seul" ou encore "moi aussi j'en ai eu à ton âge"... Face à un entourage, essentiellement les parents, qui a parfois tendance à minimiser, l'adolescent acnéique peut parfois se sentir impuissant et isolé pour réagir. "On assiste à un combat complexe entre parents et enfants : les premiers relativisent, les seconds veulent à tout prix un traitement", analyse la dermatologue et psychanalyste Sylvie Consoli.

Les parents d'adolescents acnéiques peuvent parfois passer à côté d'une réelle souffrance engendrée par l'acné. Ainsi, par méconnaissance ou par crainte, par peur aussi de ne pas trouver les bons mots pour aborder un sujet qui touche à l'image de soi, ce sont des mois de prise en charge qui sont perdus.

Environ 40 % des personnes souffrant d'acné ne suivent pas de traitement. Ce chiffre est de 17 % pour les acnés sévères. Pourquoi se priver de soins quand on dispose d'une large gamme de traitements selon la sévérité de l'acné ? "Il y a d'abord des freins personnels qui font que l'on hésite parfois à consulter. Mais c'est surtout l'entourage qui a tendance à minimiser, observe le Pr Wolkenstein. A ceux qui ne consultent pas, il faut ajouter ceux qui prennent mal leur traitement, soit environ 40 % des patients !"

Pourtant, selon une récente enquête*, l'acné sévère peut être vécue comme un handicap. Dans le détail, 87 % des personnes atteintes d'acné sévère estiment que leurs boutons d'acné affectent leur vie quotidienne, leurs soirées, ou leurs relations avec leur ami(e). 95 % des patients acnéiques sévères considèrent par ailleurs qu'il s'agit d'un problème, vécu comme catastrophique dans près 70 % des cas. Autre chiffre préoccupant : 92 % des patients acnéiques sévères ont des sentiments d'angoisse ou des sentiments d'inquiétude permanente. Enfin, preuve que l'image de soi est affectée : 2/3 des patients acnéiques sévères évitent les vestiaires publics ou le port de maillot de bain.

Il est donc essentiel que les proches des acnéiques puissent déterminer si la maladie est vécue comme une souffrance et qu'ils puissent accompagner leur enfant dans sa démarche de prise en charge. A la fois pour le convaincre de consulter, mais aussi pour suivre le traitement. Et surtout pour faire en sorte qu'il ne se décourage pas par ses effets secondaires ou sa durée. 

* Chiffres et propos du Dr Consoli recueillis lors de la conférence de presse "L'acné sévère : une pathologie trop souvent sous-estimée par l'entourage", 3 juillet 2014.

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