Acné : quand l'entourage minimise, les ados trinquent De l'acné à la dépression

soyez attentifs aux plaintes de vos adolescents.
Soyez attentifs aux plaintes de vos adolescents. © pressmaster - Fotolia.com

A 19 ans, Anaïs souffre d'acné. Ce "fardeau" qu'elle traîne depuis ses 8 ans a un réel impact sur son quotidien. "Aujourd'hui, j'ai perdu toute confiance en moi, explique-t-elle. Depuis mon enfance j'entends des moqueries sur mon visage. Les gens, adultes, enfants, adolescents sont de cruelles personnes dès lors qu'une personne est différente... Ils vous méprisent et cela entraîne beaucoup de choses dans la vie d'une jeune adolescente qui est en quête de bien-être intérieur mais qui ne peut à cause du regard quotidien des gens. [...] Les angoisses sont constantes... Dès que je sors, je stresse..." 

L'acné fragilise. "Sur un adolescent fragile, un épisode dépressif peut s'installer, prévient le Dr Consoli, dermatologue et psychanalyste. Et tout le problème, c'est qu'il n'est pas facile à dépister. "Généralement ceux qui ne s'en plaignent pas sont d'ailleurs les plus sujets aux dépressions." Et pour cause : l'adolescent a du mal à dire qu'il a envie d'être beau et séduisant. "Il est primordial qu'il puisse s'occuper de lui et de son bien-être. Il faut aussi l'aider à s'exprimer. Proposer de prendre rendez-vous, l'accompagner, garder un lien. L'ado doit lui-même prendre en charge son acné de manière active."

Zoom sur l'acné des jeunes adultes. Contrairement à ce qu'on pense, l'acné ne touche pas uniquement les adolescents. De plus en plus de jeunes femmes adultes sont également concernées. Là aussi l'impact psychologique est indéniable, ainsi que l'explique le Dr Consoli : "les personnes le vivent mal, elles ont l'impression de régresser." Et quand on se retrouve à 30 ans avec des boutons autour de la bouche, c'est l'image de soi qui en prend un coup. Non seulement, c'est difficile à supporter socialement, mais les conséquences sur la vie amoureuse et sexuelle ne sont jamais très loin, explique-t-elle. Le Pr Wolkenstein fait le même constat et précise que la prise en charge est encore plus difficile pour les adultes, d'autant que l'isotrétinoïne est souvent moins efficace.  

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