Sans gluten : la tendance qui embarrasse les malades Que reproche-t-on au gluten ?

le gluten est mal bien digéré par l'organisme chez les personnes intolérantes.
Le gluten est mal bien digéré par l'organisme chez les personnes intolérantes. © Pictures news - Fotolia.com

Le terme de gluten recouvre un ensemble de protéines qui entrent dans la composition de la plupart des céréales (blé, orge, seigle, avoine...). Et s'il est très apprécié en cuisine, c'est parce que sa structure élastique contribue à rendre les pâtes souples et moelleuses. Le gluten, présente donc un réel intérêt gustatif. A l'inverse, il n'a aucune utilité nutritive. De nombreux aliments en contiennent, à commencer par tous ceux qui contiennent de la farine (le pain, les pizza, les gâteaux, etc.). Le gluten peut également jouer un rôle de liant et d'épaississant, c'est pourquoi les sauces, les potages industriels ou certains plats cuisinés peuvent en contenir. 

Mais problème : cette protéine peut être à l'origine d'une intolérance alimentaire. On parle alors d'intolérance au gluten, aussi appelée maladie coeliaque. "Chez les personnes intolérantes, le gluten provoque une réaction auto-immune anormale : les patients développent des anticorps qui s'attaquent aux villosités intestinales, détaille le Pr Cellier. Pour diagnostiquer une intolérance au gluten, il faut alors mettre en évidence ces anticorps spécifiques par un bilan biologiqueUne fois que ceux-ci ont été révélés positifs, une biopsie intestinale est pratiquée. En cas de maladie coeliaque, elle montre une atrophie des villosités intestinales", précise encore le gastro-entérologue.

En somme, la paroi intestinale, abîmée, ne peut plus laisser passer correctement les nutriments essentiels issus de l'alimentation, comme le fer, le calcium ou les vitamines. A terme, cela entraîne des carences, plus ou moins importantes et parfois aussi une fatigue.

Moins de 20 % des patients sont diagnostiqués. La maladie coeliaque est une vraie pathologie avec des symptômes lourds. Elle peut même conduire à une déminéralisation osseuse, et parfois à terme, en l'absence de prise en charge, à un risque accru d'autres maladies auto-immunes ou de cancer. Une personne sur 100 est intolérante au gluten en France mais selon les estimations, seulement 10 à 20 % d'entre elles seraient réellement diagnostiquées. La première raison, c'est que ces symptômes ne sont pas évidents à déceler. "L'intolérance au gluten se caractérise par des manifestations digestives au rang desquelles on observe des diarrhées, des douleurs abdominales, des ballonnements et des manifestations extra-digestives telles qu'un amaigrissement, des carences (dues aux malabsorptions), de l'anémie ou encore de l'ostéoporose", décrit Béatrice Benavent-Marco, nutritionniste. "Parfois, aussi, on observe peu ou pas de symptômes du tout, d'où les difficultés pour diagnostiquer la maladie", précise le Pr Cellier, gastro-entérologue (HEGP, Paris). Deuxième raison qui explique que les malades ne sont pas suffisamment dépistés, c'est que la maladie coeliaque était jusqu'à encore très récemment, considérée comme une pathologie rare. "Aujourd'hui, la maladie coeliaque est plus fréquente et surtout elle ne concerne plus seulement les enfants, souligne Christophe Cellier. Les adultes sont désormais plus touchés que les enfants, y compris après 60 ans." Enfin, toute la difficulté est qu'il n'existe pas de dépistage de masse et que les médecins eux-mêmes sont encore peu formés, la maladie étant relativement récente, précise-t-il encore.

 

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