Lait : bon ou mauvais pour la santé ? Thierry Souccar, journaliste scientifique : un verre, ça va, trois verres, bonjour les dégâts !

 

thierry souccar, auteur de 'lait, mensonges et propagande'.
Thierry Souccar, auteur de "Lait, mensonges et propagande". © L'Internaute Magazine

Editeur, auteur du livre "Lait, mensonges et propagande" et responsable du site web Lanutrition.fr, Thierry Souccar est biochimiste de formation et memebre de l'American College of Nutrition. Il s'élève contre l'industrie laitière et le PNNS. S'il estime qu'il est tout à fait possible de consommer un ou deux produits laitiers par jour, il pense que la recommandation de 3 à 4 laitages quotidiens est non seulement inutile mais même potentiellement dangereuse.

Pourquoi dites-vous que les recommandations du PNNS ne sont pas adaptées ?

Parce que les études le prouvent ! Non seulement les produits laitiers ne réduisent pas le risque de fracture, mais ils n'aident pas non plus à réduire l'ostéoporose. L'industrie laitière s'appuie sur quelques études plus ou moins contestables pour présenter ses arguments alors que si on fouille un peu, on réalise vite qu'il y a beaucoup plus d'études qui vont à l'encontre des produits laitiers.

Est-ce à dire que nous ne devrions pas en consommer ?

Je n'ai pas dit ça non plus. A mon sens, il n'y a pas de danger à consommer un ou deux produits laitiers par jour. Mais 3 à 4, c'est potentiellement dangereux à long terme et on s'expose à un risque de crise sanitaire dans quelques années, tout comme on a réalisé un peu tard que nous consommions trop de sel ou de sucre.

Pourquoi si peu de gens tirent la sonnette d'alarme ?

Heureusement, il y en a de plus en plus. Mais je dirais que, d'abord, les journalistes ne vont pas suffisamment à la source de l'information : beaucoup de scientifiques savent, aujourd'hui, que les produits laitiers peuvent être néfastes, mais on vient rarement les voir.

Par ailleurs, l'industrie laitière, aidée par les pouvoirs publics, a énormément communiqué sur l'importance des produits laitiers, pour des raisons évidentes de chiffre d'affaires à assurer.
En outre, les études payées par les industriels du lait rapportent 4 à 8 fois plus de résultats favorables au sponsor que les mêmes études payées sur fonds publics...

Si les nutritionnistes tiennent eux aussi ce discours c'est, d'une part, parce que certains ont des liens avec l'industrie laitière et, d'autre part, parce que d'autres, de bonne foi, se sont tout simplement faits berner par le discours des autorités sanitaires, ce qui peut se comprendre.  

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