Lait : bon ou mauvais pour la santé ? Le lait aide à renforcer les défenses immunitaires et diminue le risque de cancer du côlon

du lait pour résister aux rhumes de l'hiver ?
Du lait pour résister aux rhumes de l'hiver ? © Marzanna Syncerz - Fotolia.com

Un autre bienfait du lait souvent évoqué : il éloigne les maladies et permet de mieux digérer. D'où un ventre plat et qui cesse de gargouiller à tout bout de champ. En fait, ce sont surtout les yaourts et les fromages qui possèderaient ces propriétés. D'ailleurs, lorsqu'ils sont apparus en France au début du XXe siècle, ils ont d'abord été commercialisés en pharmacie. C'est dire si, déjà à l'époque, on leur prêtait des vertus santé.

Pour mériter l'appellation de yaourt, ces derniers doivent effectivement contenir deux types de bonnes bactéries, ou probiotiques : steptococus thermophilus et lactobacillus acidophilus. Elles doivent être présentes dans une proportion de 10 millions par gramme, soit environ 1 milliard de probiotiques, petits organismes vivants, par yaourt. Cela se sait moins, mais la croûte des fromages contient elle aussi de grandes quantités de probiotiques.

Lorsqu'elles sont absorbées en quantité suffisante, ces bonnes bactéries vont aller "coloniser" l'intestin, c'est-à-dire qu'elles vont y proliférer. Or, il n'y a la place que pour une quantité limitée de bactéries dans le système digestif : plus il y en a de bonnes, moins il y a de place pour les mauvaises. Logique. La flore intestinale se trouve donc équilibrée. Le transit est théoriquement meilleur.

Contre le cancer du côlon

Par ailleurs, on a remarqué que ces probiotiques avaient aussi un effet positif sur le système immunitaire, qu'ils aideraient à renforcer. C'est d'ailleurs une des raisons pour lesquelles on retrouve certains d'entre eux dans les gélules de compléments alimentaires à prendre en hiver. De même, certains fabricants de produits lactés en on fait un argument commercial, recommandant d'absorber plusieurs de ces petits yaourts enrichis en probiotiques pour ne pas tomber malade. On ne sait toutefois par encore expliquer comment ces bactéries viennent renforcer nos défenses. Mais il est vrai que 70 % de nos cellules immunitaires se trouvent au niveau du système digestif. Le rapport de cause à effet, s'il n'est pas démontré, semble donc en tout cas logique.

Le lait contient également des activateurs de croissance, comme l'IGF (n'oublions pas qu'il s'agit au départ d'un aliment destiné aux petits veaux...). Il semblerait qu'ils aident à un meilleur renouvellement de la paroi intestinale.

D'autre part, en 2005, une méta-analyse (c'est-à-dire une étude basée sur une compilation d'études) a révélé que le fait de consommer du calcium en grande quantité (plus de 1300 mg par jour) réduisait le risque de cancer du côlon de 22 % (par rapport aux personnes qui consomment moins de 500 mg par jour). Une consommation de 280 ml de lait au moins réduirait ce risque de cancer de 15 %. "On pense que le calcium non absorbé contenu dans le lait (environ 70 %) agit un peu à la manière des fibres, explique le Dr Marie-Claude Bertière, nutritionniste, directrice du département santé du Cniel. Il emprisonne une partie des lipides de l'alimentation, ce qui les empêche de former des acides biliaires, que l'on croit nocifs pour les parois de la muqueuse." Aucune certitude pour l'instant, car aucun essai n'a pu prouver ce rapport de cause à effet : seules les données épidémiologique ont permis de constater ce lien.

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