Faut-il avoir peur de l'aspartame ? En France et en Europe, une revue des nouvelles études

"La santé du consommateur n'est-elle pas censée primer sur celle de l'industrie ?"

Dans un premier temps, les deux dernières études en date, italienne et danoise, n'ont pas vraiment semblé perturber les autorités sanitaires européennes. L'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) et l'Agence nationale de sécurité sanitaires de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) ont toutes deux étudié les résultats et les protocoles, avant de conclure que rien n'était suffisamment probant pour remettre en cause l'autorisation de mise sur le marché de l'aspartame. Elles semblaient notamment remettre en cause les procédures utilisées par l'institut italien qu'elles jugeaient insuffisamment fiables.

Et finalement, quelques semaines plus tard : retournement de situation. Tout bien réfléchi, EFSA et Anses reviennent sur leurs positions. Elles annoncent la mise en place d'un groupe de travail, "chargé d'évaluer les bénéfices et les risques nutritionnels des édulcorants intenses et la nécessité éventuelle d'élaborer des recommandations pour les populations sensibles, parmi lesquelles les femmes enceintes" !

 

Principe de précaution

L'EFSA maintient toutefois que les nouvelles publications "n'apportent pas de bases scientifiques suffisantes pour une réévaluation de l'aspartame au plan toxicologique" mais souhaite donc "élargir son travail".

 

Il s'agit d'une avancée notable puisque c'est la première fois depuis la mise sur le marché de l'aspartame qu'une agence de sécurité sanitaire semble presque prête à revoir sa position.

Toutefois, la logique du raisonnement échappe aux défenseurs des consommateurs : si on a un doute quant à l'innocuité de l'aspartame, pourquoi ne le retire-t-on pas du marché, au moins jusqu'à ce qu'on ait pu prouver qu'il est inoffensif ? La sécurité du consommateur n'est-elle pas censée primer sur celle de l'industrie ?

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