Faut-il avoir peur de l'aspartame ? Documentaires, livres : on en parle depuis longtemps

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La journaliste Marie-Monique Robin épingle l'aspartame dans son dernier opus, "Notre poison quotidien". © Editions La découverte / Arte Editions

L'aspartame est commercialisé aux Etats-Unis depuis près de 30 ans. Les récriminations à son égard sont presque aussi vieilles. Mais les choses semblent s'être accélérées depuis plusieurs années, notamment depuis que plusieurs journalistes s'en sont mêlés.

 Aux Etats-Unis, c'est l'infirmière Betty Martini qui s'est lancée dans des recherches il y a 20 ans, suite à la mort d'un proche, qu'elle estimait être liée à l'aspartame. Elle a alors créé l'association Mission possible et n'a cessé, depuis, de batailler pour communiquer sur les dangers de l'aspartame. C'est notamment elle, invoquant la loi sur la liberté d'information, qui a pu se procurer des informations confidentielles de la FDA, telles que la liste des 92 symptômes rapportés par les consommateurs.

 De nombreux scientifiques, dont certains ont d'ailleurs travaillé pour la FDA en leur temps, ont tenté de dénoncer le manque de fiabilité des études et la potentielle dangerosité du produit. C'est notamment le cas du chercheur John Olney, qui a tenté d'alerter les autorités à plusieurs reprises. Soulignons également les travaux de la commission Metzenbaum, au sénat américain, en 1987, qui a eu le mérite de révéler toutes les incohérences et les oublis de la démarche de la FDA. C'est d'ailleurs une ex-employée de la FDA, Jacqueline Verrett, qui y a fait l'une des déclarations les plus percutantes, dénonçant notamment le manque de professionnalisme des études de Searle : "Il est impensable q'un toxicologue digne de ce nom, après avoir effectué une évaluation complète et objective de ces données, ne conclue pas qu'il est impossible d'interpréter ces études et qu'il faut les refaire."

 En 2007, Cori Brackett, une journaliste américaine, sort un documentaire qui a depuis fait le tour du monde, "Sweet misery, a poisoned world". Atteinte depuis 2002 de sclérose en plaques, elle décide de mener une investigation du côté de l'aspartame, pensant que la substance a peut-être joué un rôle dans l'apparition de sa maladie, comme dans celle de certains de ses proches. Au fil de son enquête, elle découvre notamment comment l'édulcorant a pu être approuvé par la FDA et agrémente son documentaire de nombreux témoignages de malades qui estiment avoir été empoisonnés par l'aspartame.

 En France, la journaliste Marie-Monique Robin, célèbre pour avoir dénoncé les pratiques de la firme Monsanto, principale productrice d'OGM, fait d'une pierre deux coups. Début 2011, elle sort un nouveau documentaire, "Notre poison quotidien", couplé avec un livre du même nom. Elle y dénonce de nombreuses pratiques industrielles qu'elle dit dangereuses pour notre santé, et s'intéresse notamment à l'aspartame. La journaliste s'étonne notamment de la façon dont l'aspartame a obtenu son autorisation de mise sur le marché, ainsi que du manque d'écoute à laquelle se trouvent confrontés les scientifiques qui essaient d'alerter sur les dangers potentiels de cette substance.

 Corinne Gouget a également publié un ouvrage sur les additifs alimentaires, régulièrement remis à jour et qui s'est déjà vendu à plus de 100 000 exemplaires. Elle est par ailleurs un membre actif de Mission possible en France et enchaîne les conférences dans le but de mettre en garde le public sur les dangers de l'aspartame ainsi que sur sa présence insoupçonnée dans nombre d'aliments du quotidien. En 2008, la journaliste Sylvie Simon avait également publié un ouvrage, "Aspartame", reprenant les principales accusations à l'encontre de cet additif.

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