Peut-on boire l'eau du robinet ? Un système de contrôle bien rôdé

C'est un rapport de l'Académie de médecine de novembre 2006 qui l'affirme : l'eau est la denrée alimentaire la plus surveillée en France. Quelque 310 000 prélèvements sont effectués chaque année sur tout le territoire.

De nombreux paramètres sont surveillés pour s'assurer que l'eau du robinet est "potable" c'est-à-dire utilisable pour l'alimentation, sans danger, immédiat ou à long terme, pour la santé. Parmi les éléments analysés on retrouve :

 Le pH, c'est-à-dire le degré d'acidité de l'eau.

 La température (elle ne doit pas excéder 25°C).

 La quantité de chlore.

 La présence éventuelle de bactéries type E-coli ou entérocoques. "Ces deux espèces de bactéries ont la qualité de germes précurseurs, explique le Centre d'information sur l'eau (Cieau). Leur présence signale un risque de contamination biologique."

 La quantité de nitrates. La présence de cette molécule est très surveillée, notamment dans les régions agricoles. En effet, beaucoup des engrais utilisés en agriculture, qu'ils soient naturels (lisier de porc par exemple) ou non, contiennent des nitrates. En pénétrant dans la terre, ils sont susceptibles d'aller contaminer les nappes phréatiques, d'où provient l'eau du robinet. Les effets des nitrates sur la santé évoqués par le Pr Servan Schreiber sont avérés.

 La quantité de pesticides. Là aussi, une attention particulière est portée par les autorités sanitaires, d'autant que l'effet nocif des pesticides pour la santé n'est plus à prouver. Cancers, facteur de risque de la maladie de Parkinson... Une fois encore, les zones rurales sont plus touchées que les villes. Les normes en vigueur en France sont jusqu'à 20 fois inférieures à celles suggérées par l'Organisation mondiale de la santé. D'une manière générale "les normes ont été fixées par les spécialistes de santé publique selon un principe de précaution. Le critère directif de ce principe de précaution est de considérer, et donc de limiter, le risque potentiel de l'absorption d'une substance sur la durée de toute une vie (environ 70 ans)", peut-on lire sur le site du Cieau.

 Arsenic, plomb, cyanure, mercure, nickel, chrome... Bien d'autres substances sont également recherchées lors des contrôles.

Résultats publics

Les résultats des analyses pratiquées doivent être mis à la disposition des administrés de la commune concernée.

 Ils doivent être affichés en mairie.

 Ils doivent pouvoir être consultés sur simple demande.

 Depuis peu, un site internet permet de consulter les derniers résultats d'analyse de l'eau dans sa commune. Il suffit de se connecter sur www.eaupotable.sante.gouv.fr et de cliquer sur sa région. Tous les résultats et la date du dernier contrôle sont donc désormais disponibles en quelques clics. Le dispositif étant tout neuf, il se peut que certaines informations soient encore manquantes, mais tout sera complété d'ici la fin de l'année.

A noter que les exploitants distributeurs d'eau réalisent eux aussi, de leur côté, de nombreux contrôles de la qualité de leur eau.

En cas de problème...

Bien sûr, une procédure très précise a été établie pour réagir au mieux en cas de problème. Le préfet, le maire et l'exploitant distributeur d'eau ont chacun un rôle à jouer.

Si un contrôle démontre que les limites ne sont pas respectées, la personne responsable de la distribution d'eau doit avertir le maire et le préfet. En parallèle, elle doit mener une enquête pour déterminer l'origine de cette pollution et transmettre ses constatations et ses conclusions au maire et au préfet.

Si le préfet estime qu'il y a un risque pour la santé, il demande au distributeur de mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour remédier au problème. "Dans certains cas extrêmes, la réponse peut aller jusqu'à l'interruption de la distribution, avec bouclage du réseau et interdiction de boire l'eau jusqu'à nouvel ordre", détaille le Cieau.

Ce type d'intervention est heureusement extrêmement rare. Dans l'immense majorité des cas, les dépassements constatés ne portent pas à conséquence, d'autant que les normes fixées sont plus basses que le véritable seuil d'alerte. Cependant, les pouvoirs publics ont le devoir d'alerter les consommateurs puisque certains dépassements peuvent avoir des conséquences directes, sur les femmes enceintes et les nourrissons.

Si la pollution est chronique, c'est au maire de la commune concernée de mettre en place un programme d'amélioration de la qualité de l'eau.

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