Maigrir sans régime By pass, gastroplastie : quand le surpoids a des effets sur la santé

Un anneau posé autour de l'estomac et hop les kilos fondent... Voilà une solution radicale qui pourrait tenter tous les déçus des régimes. En réalité, n'a pas recourt à la chirurgie qui veut. Elle n'est envisagée que chez les personnes qui souffrent d'obésité (dont l'indice de masse corporelle (IMC) est supérieur à 40 kg/m2) ou celles pour lesquelles l'IMC est supérieur à 35 kg/m2 et qui ont en plus des complications associées (diabète, hypertension, maladie cardiovasculaire, etc.).

Il faut donc bien distinguer les personnes qui sont en léger surpoids et qui ont une mauvaise image de leur corps et celles qui ont un vrai problème médical lié à leur poids. Ces personnes sont handicapées quotidiennement par leurs kilos : difficultés pour se déplacer, essoufflement au moindre effort, troubles du sommeil, diabète, etc. et leur état nécessite de consulter des spécialistes de l'obésité pour savoir si un recours à la chirurgie est nécessaire.

 En pratique : si l'hospitalisation est généralement courte (4 à 5 jours d'hospitalisation), la décision d'intervention en amont doit être mûrement réfléchie. "Pour cela, la personne obèse doit être obligatoirement suivie pendant un an par une équipe médicale composée d'un médecin nutritionniste, d'un diététicien et d'un psychologue. La décision finale se prendra avec le chirurgien et l'anesthésiste. Des réunions de patients sont même organisées dans certains services pour que les personnes déjà opérées puissent partager leurs expériences avec les futurs opérés. Par ailleurs, il existe certaines contre-indications à l'intervention, notamment les troubles psychiatriques non stabilisés, les troubles du comportement alimentaire (boulimie), l'alcoolisme et les toxicomanies, les maladies hormonales et bien entendu un suivi préalable insuffisant", explique le Dr Sébastien Czernicow, médecin nutritionniste.

Il existe principalement deux méthodes de chirurgie. 

 La gastroplastie tout d'abord consiste à réduire le volume de l'estomac à l'aide d'un anneau gastrique dont le diamètre peut être ajusté. Ainsi, le volume de l'estomac au-dessus de l'anneau est d'environ 15-20 ml (il ne représente plus que 15 à 20% de son volume initial). 

 Une seconde méthode, le "by pass", consiste à réaliser un "court-circuit" digestif entre le haut de l'estomac et l'intestin grêle. Dans ces conditions, les aliments passent directement du haut de l'estomac à l'intestin. Il en résulte une diminution de la faim, une augmentation de la satiété et un certain degré de malabsorption des aliments. Attention : aucune des méthodes n'est miraculeuse et elles doivent s'accompagner de changements dans les habitudes de vie, en particulier d'activité physique.

Les habitudes alimentaires seront en effet profondément transformées. Il faudra manger en petites quantités, très lentement et mastiquer longuement. Adieu les repas copieux donc. "Après une gastroplastie, il arrive que les patients aient des intolérances aux aliments solides et des complications au niveau de l'estomac et de l'œsophage. Les courts-circuits gastriques peuvent entraîner principalement des diarrhées et un "dumping syndrome" c'est-à-dire un malaise lors de l'absorption trop rapide d'aliments. C'est la raison pour laquelle un suivi médical régulier et à long terme est impératif", ajoute le Dr Czernicow.

Certains patients perdent plus de poids que d'autres

Les pertes de poids à dix ans sont en moyenne de 25 % après un by pass et de 15 % après gastroplastie par anneau. Attention, ce sont des pourcentages moyens de perte de poids : certains patients peuvent perdre plus de poids et d'autres moins. Une certaine reprise de poids peut aussi survenir après quelques années. Le point encourageant c'est que l'effet bénéfique est démontré sur un certain nombre de complications, notamment le diabète, l'hypertension ou le syndrome d'apnée du sommeil. Par ailleurs, la qualité de vie est généralement améliorée.

 

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