Faut-il se méfier des boissons énergisantes ? Retour sur la polémique Red Bull

 

Juillet 2008. Après avoir résisté pendant plusieurs années, la France laisse finalement entrer sur son territoire les canettes de boisson énergisante, déjà commercialisées dans près de 150 pays. Mais ce n'est pas de gaieté de cœur et la ministre de la Santé Roselyne Bachelot ne cesse de répéter qu'elle s'inquiète des conséquences d'une absorption importante de ce produit pour l'organisme.

Plusieurs cas répertoriés à travers le monde lui permettent d'étayer ses propos. Un peu partout dans le monde, des troubles ont été rapportés chez des personnes ayant bu du Red Bull dans les heures précédent l'incident. Les symptômes décrits sont multiples : agitation, hyperactivité, augmentation du rythme cardiaque, incohérence dans le raisonnement, comportement inadéquat, agressivité... Plusieurs morts de par le monde sont même suspectées d'être liées à la consommation de Red Bull, le plus souvent associée à de la vodka. Chaque fois, des personnes jeunes, dans la vingtaine ou la trentaine, en bonne santé, sont décédées brutalement, sans autre signe qu'un arrêt cardiaque soudain. La boisson énergisante est donc fortement soupçonnée d'avoir joué un rôle dans ces décès prématurés, mais rien n'a pu être prouvé, ni dans un sens ni dans l'autre.

Pendant 10 ans, la France a résisté et a interdit que le Red Bull ne franchisse ses frontières, invoquant le principe de précaution. Mais voilà : les autorités sanitaires européennes ont rendu un avis favorable quant à la consommation de la boisson d'origine autrichienne en Europe. En refusant de s'y conformer, la France entrait donc dans l'illégalité et s'exposait alors à payer à l'Union européenne des sommes faramineuses en guise de réprimande.

 

Une demi-canette par jour

En avril 2008, Red Bull a commencé par commercialiser une version édulcorée qui ne contenait pas de taurine, la substance la plus controversée de ce cocktail. Finalement en juillet, la compagnie a obtenu l'autorisation de vendre la version originale de ses canettes dans tout l'Hexagone.

 

Le ministère de la Santé continue toutefois de mettre en garde les consommateurs et recommande de ne pas absorber plus d'une demi-canette par jour. Le fabricant, lui, indique qu'il ne faut pas excéder deux canettes quotidiennes.

Une surveillance nationale a été mise en place, coordonnée par l'Institut national de veille sanitaire, qui fera des points réguliers. Le premier est paru fin mai et n'a conclu à aucun effet indésirable aigu notable.

 

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