Dites adieu à l'ulcère gastroduodénal !

On a longtemps cru qu'il était entièrement psychosomatique. En réalité, dans 90 % des cas, l'ulcère est provoqué par une bactérie. Aujourd'hui, on peut donc guérir de son ulcère et éviter qu'il récidive. Mode d'emploi.

Brûlures et crampes d'estomac vous ont incité à consulter. Après une fibroscopie, le verdict est tombé : ulcère gastroduodénal, c'est-à-dire que la paroi de votre estomac ou de votre duodénum (au début de l'intestin grêle) est endommagée. Tout de suite, des images peu agréables s'imposent à vous :douleurs insupportable, renvois de sang, perforation de l'estomac'... Il y a quelques années, l'ulcère se soldait effectivement souvent par des complications assez graves. Ce n'est quasiment plus jamais le cas.

 

  Depuis qu'on a identifié la bactérie en cause dans 90 % des ulcères gastroduodénaux, la fameuse Helicobacter Pylori (HP), on prescrit les médicaments adéquats pour l'éradiquer : des antibiotiques. Il s'agit généralement d'une association de deux familles d'antibiotiques, la pénicilline et les macrolides, à prendre pendant une semaine. Dans le même temps, le médecin vous prescrira également des anti-sécrétoires, qui bloquent la fabrication par l'estomac d'acide chlorhydrique, afin de laisser à la muqueuse le temps de se régénérer. Ces anti-sécrétoires sont généralement à prendre pendant une à deux semaines. Des traitements existent aussi lorsque la bactérie n'est pas en cause : les anti-sécrétoires sont généralement recommandés pendant deux à quatre semaines, là aussi pour laisser la muqueuse au repos.

 

  Dans les cas récalcitrants ou graves, la chirurgie peut intervenir, notamment en cas d'hémorragie : on ôte la partie malade de l'estomac, c'est une gastrectomie. La chirurgie doit être réalisée en urgence dans le cas d'une hémorragie importante ou d'une perforation de l'estomac par exemple, qui risque d'entraîner une péritonite.

 

  Guéri ? Il s'agit désormais d'adopter un mode de vie plus sain, qui vous permettra de ne pas replonger. Pas si difficile, ni contraignant : suivez le guide.
 

- Le stress ne peut peut-être pas provoquer à lui tout seul un ulcère, mais il est souvent un facteur déclenchant. Mieux vaut donc fuir les situations stressantes, au travail comme à la maison. Plus facile à dire qu'à faire ? Certes, mais avec un peu d'imagination, vous trouverez comment rendre votre quotidien un peu plus doux. Yoga, relaxation, sport... N'hésitez pas à tester diverses méthodes pour trouver la vôtre.

- Plus terre à terre : le tabagisme est incontestablement un facteur de risque. En outre, une fois que l'ulcère est installé, il ralentit la cicatrisation. Ce serait donc une bonne idée de vous résoudre à écraser votre dernière cigarette.

- Exit également l'aspirine et les anti-inflammatoires ! Ils sont agressifs pour l'estomac et donc rigoureusement proscrits dans le cas d'un ulcère, même soigné.

- Le café et le thé, consommés en grande quantité, ne sont pas souhaitables non plus. Haro également sur l'alcool.

- En revanche, pas de contre-indications formelles en termes de nourriture, contrairement à ce que l'on a longtemps cru. Non, les produits laitiers ne sont pas forcément doux pour l'estomac et les épices peuvent être consommés, avec modération bien entendu. L'essentiel est de maintenir trois repas équilibrés et bien répartis tout au long de la journée.

Jusqu'à récemment, on estimait qu'environ 10 % de la population française serait victime d'un ulcère au cours de sa vie, ulcère qui devenait souvent chronique. Grâce aux récentes découvertes des chercheurs et aux nouvelles thérapies ainsi proposées, les autorités sanitaires espèrent faire de l'ulcère une maladie bénigne et facilement curable.