Adapter son alimentation après une gastroplastie

Lorsque tout a échoué pour combattre l'obésité, la pose d'un anneau gastrique intervient en ultime recours.Par contre, il faut réapprendre à s'alimenter avec ce noeud autour de l'estomac et surtout ne pas négliger les rendez-vous avec chirurgien et diététicienne.

L'obésité est une maladie grave responsable chaque année de 55 000 morts en France, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité. On parle d'obésité lorsque l'indice de masse corporelle ( IMC) , qui se calcule en divisant la masse corporelle, exprimée en kilogrammes, par le carré de la taille (exprimée en mètre) est supérieur à 30. Au-delà d'un IMC de 40, l'obésité est dite grave et le traitement de choix dans ce cas reste la chirurgie gastrique.

Dans les autres cas d'obésité, c'est lorsque les régimes, la psychothérapie, le sport et toutes les autres méthodes d'amaigrissement n'ont pas fonctionné mais aussi et surtout lorsque des complications médicales (diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, etc.) associées à l'obésité sont trop importantes, que la pose d'un anneau gastrique, ou gastroplastie, s'impose.

 

Une fois l'angoisse et l'appréhension de l'opération dépassées, il s'agit de s'adapter à sa nouvelle vie avec un nœud autour de l'estomac. Tout d'abord, il faut savoir que ça n'est au plus tôt qu'un mois après sa pose que l'anneau est gonflé. La pose d'un anneau gastrique entraîne un arrêt de travail de 2 à 4 semaines et ne s'accompagne que de quelques légères douleurs post-opératoires. A noter que les fils résorbables tombent d'eux-mêmes en 2 ou 3 semaines. Ne pas oublier de bien surveiller les cicatrices et plaies qui doivent être désinfectées régulièrement. Ainsi, durant les 15 premiers jours (plus si nécessaires), le patient ne se nourrit qu'avec des aliments mous et mixés. Privilégiez donc soupes, purée et liquides en tous genres. Attention, mieux vaut éviter les aliments riches en graisse, en sucre et en fibres.  Au bout d'un mois, c'est le chirurgien qui décide, ou pas, le premier gonflage de l'anneau.

Revoir son mode d'alimentation

Comment cela se passe-t-il ? Le chirurgien effectue lui-même le gonflage en salle de radiologie. Il s'agit d'une simple petite piqûre à travers la peau pour atteindre la membrane du boîtier d'injection de l'anneau.

Une fois l'anneau gonflé, il est fondamental de revoir régulièrement le chirurgien afin d'ajuster le gonflage et de le surveiller, par l'intermédiaire des radios. Ensuite, le travail d'amaigrissement n'est pas du seul fait de l'anneau. S'il permet effectivement de réduire les quantités d'aliments ingérés, c'est aussi et surtout grâce au régime qui l'accompagne que la perte de poids pourra se faire. Le régime dernier est encadré et réévalué régulièrement par la diététicienne.

Le mode d'alimentation est presque aussi primordial que le régime en lui-même. En effet, il faut veiller à :

  Bien mastiquer les aliments avant de les avaler.

  Prendre le temps de manger.

  Avaler des petites bouchées.

  Arrêter de manger dès la sensation de satiété.

  Eviter de boire pendant les repas, même si cela est vivement conseillé entre les repas.

 

Respecter les rendez-vous fixés

Régime et anneau doivent se compléter par l'adoption d'une hygiène de vie irréprochable dans laquelle le sport doit prendre une place bien particulière. Par exemple, prendre les escaliers au lieu de l'ascenseur, descendre une station de métro avant pour prendre le temps de marcher, etc.

Par ailleurs, il faut noter qu'il existe un certain nombre de complications à plus long terme qui se traduisent le plus souvent par des douleurs abdominales et des vomissements. Dans ces cas-là, il ne faut pas hésiter et contacter votre chirurgien dans les plus brefs délais. Parmi les complications possibles, la dilatation chronique de l'anneau est de loin la plus fréquente. Elle survient généralement lorsque l'alimentation n'est pas adaptée (notamment à cause d'aliments insuffisamment mastiqués) mais aussi lorsque l'anneau est trop serré.

La solution consiste généralement à desserrer l'anneau, quitte à le resserrer plus tard. C'est pourquoi il est vital de respecter les rendez-vous fixés, même si tout va pour le mieux. Seule la radiographie saura déceler une quelconque anomalie de la position de l'anneau. Enfin, un soutien psychologique peut être utile car il permettra une meilleure acceptation des contraintes de l'anneau et donc une utilisation plus efficiente.

 

Une fois l'amaigrissement obtenu (généralement la moitié du surpoids, cela varie entre 40 kilos et 80 kilos) et les deux premières années passées, une consultation annuelle avec radiographie de l'estomac reste nécessaire.